119

Un Backdraft made in Japan ?! Naoto Takenaka est bien plus surprenant que ça, et évite magistralement le "pompier"...

La - trop - paisible vie d’une petite brigade de pompiers dans un village où il ne se passe jamais rien est bouleversée par l’arrivée d’une jeune femme venue rendre visite à sa tante...

Certes, pour un "film de pompiers", genre finalement assez peu représenté dans les salles obscures, le résumé de 119 ne paraît pas très excitant ! Peut-être tout simplement parce que sous couvert d’un film sur ce corps de métier, Takenaka choisit justement de nous narrer les non-exploits d’une poignée d’hommes dont le quotidien se résume en un mot : l’attente. Attendre qu’il se passe quelque chose dans leur morne vie, dans un village sans histoire... A mille lieues du hero movie rempli de sur-hommes bravant les flammes dans de magnifiques ralentis faisant se pâmer les jeunes filles en fleur devant leur écran, 119 est en quelque sorte l’antithèse de ce type d’évocation...

Hop là aparté ! Une fois de plus, Sancho fait dans la chronologie inversée ; après tout pourquoi pas me direz-vous ?! Il est donc tout à fait logique que la critique du second film réalisé par Naoto Takenaka arrive après celle de son troisième, lui-même chroniqué après son quatrième [1]...

...la matière de prédilection de Takenaka semble être la même à chaque fois ; les relations inter-humaines. Et s’il est bien un sujet inépuisable, c’est celui-ci ! D’aucuns diront que 119 suit un schéma scénaristique classique... au premier abord, peut-être, oui... mais en y regardant de plus près, on se rend très vite compte, une fois le générique de fin entamé, qu’il s’agit plus d’une tranche de vie que d’une histoire à part entière, dans le sens cinématographique du terme. Et c’est très certainement là que le film de Takenaka gagne en crédibilité, sans parler du capital sympathie qu’il requiert auprès du spectateur heureux de suivre les non-aventures de ses pseudo-héros... Des ratés ? Non ! Des hommes en proie à leurs peurs, mais aussi à leurs envies, leurs rêves... parfois simples, comme de pouvoir conduire le camion antédiluvien et faire retentir sa sirène. Des rêves d’enfants pour des hommes qui n’ont pas vu leur vie défiler...

Et si son film ne suit pas la trame d’action classique, son déroulement contient malgré tout un élément "déclencheur" en la personne d’une jeune femme. Cette vie paisible, pour ne pas dire morne, va être chamboulée pendant quelques jours, soit l’espace d’un instant pour une vie, par l’arrivée de cette beauté naturelle... Si dans un premier temps, nos pompiers tournent tous autour d’elle comme des coqs, c’est au fur et à mesure au fond d’eux-mêmes qu’ils vont entamer un voyage... un voyage vers l’origine, d’où ressurgiront des peurs, des souvenirs, des désirs... Ishii, - l’un des personnages princiaux - tombé fou amoureux de la jeune femme, retombe en enfance ; lui qui a des allures d’homme fort, devient faible face à elle et cache ses sentiments de manière puérile et désarmante...

A l’accoutumée, les films réalisés par des acteurs ont souvent une distribution sans faille... 119 ne faillit donc pas à la règle ! Aux côtés de Takenaka, on retrouve le physique Hidekazu Akai, ex-boxeur mis sous les projecteurs par le génial Junji Sakamoto (Tokarev, Kao) dans le culte Dotsuitarunen (1989) ou encore dans Oute (1991). Egalement au casting, des pompiers aussi fameux que Shinya Tsukamoto, Tadanobu Asano, Kanji Tsuda (Sonatine, Mohouhan), mais également Ryo Iwamatsu le compère de toujours, et des soldats du feu aussi inattendus que Hiroyuki Sanada (Ring, Onmyouji... enfin Ayato dans San Ku Kai quoi !), les réalisateurs Jôji Matsuoka (Kira Kira Hikaru, Toire no Hanako San) et Masaki Suo (Shiko Funjatta, Shall We Dance ?), ou encore le producteur/réalisateur Kazuyoshi Okuyama... Quant au rayon de soleil du film, "il" est incarné par la charmante Kyoka Suzuki (39 - Keihô Dai Sanjûkyu Jô, Satorare), qui emplit le film d’une beauté simple et envoûtante...

Une fois de plus, Naoto Takenaka prouve qu’il est possible de faire un cinéma simple dont ne subsiste que l’essentiel... 119 est loin d’être parfait, mais il est "vrai", sans artifice, et de cette simplicité découle tout naturellement un sentiment aussi pur que la beauté d’un instant éphémère...

Kuro | 18.02.2003 | Japon

LaserDisc (Image Factory) et VHS au Japon... mais le film sur ces deux supports est aujourd’hui épuisé !

VCD (HK) | Ocean Shores | Un VCD anachronique buggé à mort qui nous offre une copie hideuse plus ou moins au format (légèrement recadrée), agrémentée de sous-titres (anglais et chinois) abominables brûlés sur la pelloche...
Ocean Shores est un éditeur qui peut être fier de sa présentation très "bombe le torse et agite ton drapeau", en revanche, leur usine de pressage semble se situer quelque part entre deux fesses, pour rester poli !

Un LaserDisc (Ocean Shores) fût disponible il y a quelques années de cela...

[1Cf. articles Tôkyô Biyori et Rendan.

aka Quiet Days of Firemen - Ichi Ichi Kyû | Japon | 1994 | Un film de Naoto Takenaka | Avec Hidekazu Akai, Kyoka Suzuki, Naoto Takenaka, Shinya Tsukamoto, Yôichi Nukumizu, Kanji Tsuda, Tadanobu Asano, Ryo Iwamatsu, Nene Ôtsuka, Yoshiko Kuga, Hiroko Isayama, Fujio Suga, Hirotaro Honda, Hiroyuki Sanada, Jôji Matsuoka, Kazuyoshi Okuyama, Masayuki Suo
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