A Bittersweet Life

Il est des films que l’on va voir sans même en connaître le sujet ; ce fut le cas pour moi avec A Bittersweet Life et bon dieu, la surprise n’en fut que meilleure. Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne connaissais rien du film, j’étais vierge de tout a priori, positif ou négatif. En gros, l’état d’esprit parfait pour découvrir une œuvre. Certes ce film ne révolutionnera pas le cinéma. Sa structure est évidemment affreusement classique, mais c’est dans son traitement que le réalisateur surprend. Après m’être fait chier comme un rat mort pendant la vision du soit-disant grand film qu’est 2 Sœurs, j’avoue ne pas m’être attendu à une telle distribution de mandales dans la gueule de la part de Kim Jee-Woon.

Cela faisait des lustres que je n’avais pas vu un film aussi sec et violent, et pourtant en même temps relativement drôle. Si vous voulez un résumé rapide de l’histoire relisez celui du Revenge de Tony Scott, l’histoire est sensiblement la même. La différence est qu’ici le héros est vraiment charismatique et attachant. Chose que Costner (aussi bon acteur soit-il par moments) n’arrivait pas à faire dans Revenge. Lee Byung-Hun réussit à créer un personnage à la fois fragile et excessivement dangereux face à la situation dans laquelle il se retrouve. Son personnage est un homme de main, tombant amoureux de la maîtresse de son patron. Jusque là rien de bien nouveau dans l’univers du cinéma, j’entends déjà les râleurs qui sortent leurs arguments. Rangez-les et asseyez-vous dessus ; quant aux autres laissez-les râler pour rien. Ce qui fait toute la différence est ce savant mélange entre comédie dramatique, film à la Guy Ritchie et grands moments de violence à la John Woo. Et c’est justement ce côté second degré que réussit à imprimer l’acteur principal, qui sauve le film d’un classicisme néfaste.

Ceux qui avaient adoré 2 Sœurs et son rythme lancinant (euh je veux dire soporifique) en auront pour leur argent ici car le realisateur a dû se shooter à la caféine du matin au soir. Classe et ingénieuse, la camera ne se fait jamais trop violente et insupportable lors des scènes d’actions. Bien au contraire l’ingéniosité que Kim Jee-Woon déploie ici a de quoi laisser pantois. Est-ce vraiment le même réalisateur que celui de 2 Sœurs ? J’ai encore des doutes par moments... Aussi géniale la mise en scène soit-elle cependant, ces dites scènes pourront poser problème à certains. En effet l’un des points faibles de ce film pour peu qu’on le prenne au sérieux plus que de raison, est cette alternance violence/ moments légers (très légers). Le jeu du pile ou face est déconcertant et pourra en larguer plus d’un en route. Mentions spéciales pour ma part à la scène du trafiquant d’armes ainsi qu’à la course au remontage de pistolet.

Truffé de morceaux de bravoure et de morceaux de drôlerie fine et qui ne colle pas aux chaussures, A Bittersweet Life est une sorte d’OVNI qui relève un peu le niveau d’une production coréenne mainstream en perte de vitesse ces derniers mois. Alors si voir le remake coréen de Revenge (j’insiste car c’est quand même criant) vous tente, ce film est définitivement celui qu’il vous faut. Tout est là : un héros charismatique, de la tension, de l’humour et des gunfights de folie. Honnêtement, que demande le peuple ? Ce film souffre peut-être du vieil adage « du style au lieu de la substance », mais justement le style est là et bon dieu quelle classe !!!

Présenté lors de la dernière édition du festival Paris Cinéma, A Bittersweet Life devrait sortir prochaînement sur les écrans français, et sera par ailleurs bientôt disponible en DVD coréen dans une édition qui fera mal à votre portefeuille...

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