Alien Vs. Predator

Whoever wins... We lose.

Je sais que je l’ai déjà dit, mais je le répète encore : je ne comprends pas les gens. Je ne comprends pas leur pessimisme, leur manque d’enthousiasme, leur propension à se blaser de tout par anticipation. Pas plus que je ne comprends l’accueil réservé à Resident Evil, je ne peux donc comprendre la déferlante critique qui s’est abattue sur l’abonné Anderson, à l’occasion de la sortie de son Alien Vs. Predator. Orgueil de hardcore gamer, trop habitué à se faire peur et à maîtriser l’espace et le temps d’une scène d’action ? Pêché de puriste, qui aurait aimé voir en Anderson une filiation avec Scott, Cameron ou Fincher, et pour certains même Jeunet, ou encore MacTiernan et Hopkins ? Ou alors simplement aversion déraisonnable pour la détente, pour la découverte d’un univers réapproprié, mis en forme avec astuce, un certain talent visuel et une histoire pas si lambda que ça... Toujours est-il que moi, cette vision de AVP, je la cautionne, je la défends, et plus que tout je l’apprécie. Et pourtant j’ai joué aux jeux et je les adorés. J’ai grandi avec le chef-d’œuvre militaro-horrifique de Cameron. J’ai fantasmé sur les premiers comics du crossover publiés par Dark Horse. Allez comprendre.

L’un des satellites du fortuné Charles Bishop Weyland fait une étrange découverte : une source de chaleur fait son apparition sur une île de l’antarctique, déserte depuis que son port baleinier s’est mystérieusement vidé de ses habitants une nuit de 1904. L’analyse des rayonnements révèle une structure iconoclaste, sorte de pyramide présentant des caractéristiques aussi bien egyptiennes qu’aztèques... se pourrait-il que l’on tienne là le trésor architectural de la première civilisation humaine ? Weyland tient à en avoir le cœur net ; c’est pourquoi il constitue une équipe de spécialistes en tous genres, allant de l’archéologue au guide de montagne, pour se rendre sur place et explorer la structure, enfouie plusieurs centaines de mètres sous la glace. Une fois sur place néanmoins, l’équipe constate qu’elle n’est pas la première sur les lieux : un énorme tunnel a été foré en l’espace de vingt-quatre heures pour rejoindre la pyramide. Il ne s’agit cependant pas de chercheurs « concurrents » : véritable piège mécanique, la pyramide s’est réveillée pour servir de lieu d’initiation à une poignée de Predators, qui doivent affronter des Aliens pour devenir des guerriers dignes de ce nom. Et si les humains sont nécessaires en ce lieu, c’est pour servir d’hôtes aux extraterrestres au sang ravageur. La belle Alexa Woods va se retrouver aux premières loges de cette chasse qui pourrait bien mener l’humanité à sa perte...

Ce qui est certain, c’est que AVP ne s’embarasse pas vraiment d’une exposition digne de ce nom : il semble acquis que tous les spectateurs potentiels connaissent parfaitement les séries Alien et Predator, et que présenter les deux entités extraterrestre est donc inutile. C’est à mon avis le seul véritable reproche que l’on peut faire au film de Paul W.S. Anderson : de ne pas décider de s’affirmer en tant que film « stand alone », mais uniquement en extension référentielle. L’ensemble y aurait gagné en teneur, permis d’aboutir sur un film qui soit plus qu’une œuvre d’action. Néanmoins ce n’est pas non plus une erreur en soit ; l’histoire est présentée du point de vue des humains, et leur absence de compréhension du phénomène qui les entoure facilite l’avancée rapide de la narration ; de même qu’elle rend plus crédible le choix étonnant de donner aux Predators une femme pour alliée. Une idée bienvenue pour ne pas réduire AVP à un « simple » affrontement entre les deux espèces extraterrestres. De même que cette approche, certes très Cube, de la pyramide qui se reconfigure toutes les dix minutes, pas follement originale en elle-même, mais utilisée à bon escient. Plutôt que de jouer sur la claustrophobie, Anderson joue ainsi d’autant plus sur la vitesse de l’action.

Même si l’on peut donc regretter que le film ne soit pas un peu plus étoffé et plus long, reste que cet AVP est très réussi. Il satisfait à mon sens l’attente du public en mettant plus que correctement en images les passages obligés de la rencontre de deux univers fantastiques (ah, ce vol au ralenti du "face hugger" vers la mignonne petite frenchie du film), et offre quelques séquences superbes, de sa création, comme cette première attaque des Predators au moment où la pyramide se met en mouvement, ou le flashback apocalyptique censé expliquer la disparition d’une civilisation. Avec en prime son final ouvert très eighties, AVP est donc une réussite, un véritable spin-off des mythologies Alien et Predator qui, s’il suit une voie clairement différente de ses nombreux prédécesseurs, n’en constitue pas pour autant une trahison.

Akatomy | 4.05.2005 | Hors-Asie

AVP est disponible en DVD zone 2 français, édition simple ou double, et son pressage anamorphique est tout simplement superbe !

aka AVP | USA | 2004 | Un film de Paul W.S. Anderson | Avec Sanaa Lathan, Raoul Bova, Lance Henriksen, Ewen Bremmer, Colin Salmon, Tommy Flanagan, Joseph Rye, Agathe De La Boulaye, Carsten Norgaard, Sam Troughton
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