Apocalypse Child

Sea, sex and surf, mais pas seulement.

Dans la ville de Baler, un des hauts de lieux du surf aux Philippines, Ford se la coule douce en donnant des cours de surf, auréolé de son titre de champion local. Il a une liaison avec une étudiante venue voir sa grand-mère mourante quand revient son ami d’enfance, Rich, fils du potentat local. Le décès de ce dernier le propulse député du coin au retour de ses études de droit aux États-Unis. Il est accompagné de sa promise, Serena, à qui il propose de prendre des cours de surf avec Ford. Son nom lui vient du réalisateur Francis Ford Coppola, qui a tourné des scènes d’Apocalypse Now dans cette région. Le réalisateur aurait couché avec sa mère, Chona, alors âgée de 14 ans, laissant derrière lui un enfant, mais aussi une planche de surf. Planche qui, affirme la légende locale, serait à l’origine de la pratique de ce sport à Baler.

Apocalypse Child de Mario Cornejo tire son originalité et sa réussite du mélange des tons. Le réalisateur philippin nous introduit dans cette ville de bord de mer, où l’environnement incite à la nonchalance. Elle est personnifiée par le pivot du film, Ford, qui travaille en tant que moniteur de surf et qui une fois achevé son travail se consacre à d’autres plaisirs, terrestres ceux-là.

Mais sous cette ambiance cool, à laquelle le surf, sans doute plus que tout autre mode de vie, est associé, se dissimulent des drames intimes. Ils vont petit à petit émerger avec le retour de Rich, qui a été un frère pour Ford. Son arrivée le rend mal à l’aise et constitue le premier signe que le serpent est déjà au paradis. Rich suit les traces de son père, traces qui dans son enfance étaient celles de sa ceinture. Quant à sa charmante fiancée, son visage lisse semblant ne jamais avoir connu la moindre contrariété, dissimule une blessure personnelle.

Les figures parentales sont absentes d’Apocalypse Child et à ce titre occupent une place encore plus importante. A l’exception de la mère de Ford, mais elle n’entre pas dans cette catégorie. Bien qu’elle soit la plus âgée de tous, elle se comporte comme un pote de son fils, comme elle se plait à le souligner. Le film pourrait tout aussi bien s’appeler Apocalypse Children : tous les personnages renvoient à des pères et des mères, qui ont échoué dans leur rôle de parent.

Le film navigue entre cette tension entre les personnages et un environnement qui pousse à la légèreté de vivre. Elle éclate parfois dans des affrontements, comme une grosse bulle d’air perçant la surface de l’eau.

Après la réalisation indonésienne, Siti, Apocalypse Child fournit un autre exemple d’un cinéma d’un pays insulaire où le réalisateur est créatif dans la manière dont il filme la mer et l’utilise dans sa mise en scène. Cette dernière est d’ailleurs particulièrement soignée.

Kizushii | 12.03.2018 | Philippines

Apocalypse Child est disponible en version collector dans un combo Blu-ray/DVD chez Spectrum Films.
Remerciements à l’éditeur.

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