Bachelor Party in the Bungalow of the Damned

Chuck est sur le point de passer l’anneau au doigt de sa belle Michelle ; rien d’étonnant par conséquent à ce que son pote Sammy lui organise un petit enterrement de vie de garçon. Persuadé de partir pour un weekend sur le green, Chuck se retrouve avec Sammy, en compagnie des demeurés Paulie et Fish, dans le bungalow de l’oncle d’un invité surprise. Gordon, puceau coincé, raillé depuis toujours par les compères de beuverie, n’est même pas leur ami mais qu’importe ; sa supposée affection homosexuelle pour Chuck leur ouvre à tous les portes d’un week end de débauche, fortement teinté de houblon. Ne manquent plus que les filles, qui ne tardent pas à arriver ; trois strippeuses vêtues de cuir et foncièrement lubriques, qui ont tôt fait de dépecer Paulie et Fish pendant l’amour. Car les belles sont en réalité des vampires ; bien que leur apparence suggère plutôt une parenté consanguine avec les démons de Lamberto Bava.

Pas que j’ai particulièrement envie de parler de moi, mais il faut que vous sachiez que je dors peu. Du coup, il m’arrive souvent de petit matin, de me lancer dans le visionnage d’un film, en attendant de réveiller femme et enfants pour attaquer la journée. Mimétistes forcenés, mes gars aiment toutefois se lever tôt eux aussi ; et je me retrouve régulièrement à interrompre mes séances en cours de route, dont acte pour Bachelor Party in the Bungalow of the Damned, qui ne dure pourtant que 75 petites minutes. Lorsque j’ai éjecté l’objet du délit de mon lecteur de DVD, histoire de préserver l’illusion d’innocence chez mes enfants, je me demandais toutefois si j’allais avoir le courage de l’y remettre en fin de journée, tant sa première partie m’avait semblé pénible, cheap, mal réalisée et éclairée avec le cul, inintéressant dans sa trop consciente vulgarité monocorde. Ma démarche bas de gamme – explicitée dans ses pages au détour d’un certain Zombie Wars – avait-elle enfin incarné sa propre punition ?

Ça dépend de votre appréhension d’une scène dans laquelle Zoe Hunter, charmante et enrobée succube, se retrouve aux prises avec Sammy, très fâché que son pote ait été transformé en démon cannibale, dans l’intimité nocturne d’un jacuzzi extérieur. Vêtue de sa tenue d’Eve, Zoe tente de séduire le redneck guttural de ses atouts mais rien n’y fait ; Sammy déclarant même préférer une vasectomie à son intimité généreuse. C’est oublier qu’il avait lui-même déclaré être trop sensible aux fessiers – an ass man, comme on dit ; et Zoe de lui tourner le dos et de le mener, hypnotisé, par le bout des fesses – celles de la demoiselle, qui n’auraient pas déplues à Russ Meyer – jusque son entrejambes, pour mieux jouir avant de le dévorer. Sauf que Zoe se fait aspirer les intestins par le mécanisme de filtrage du jacuzzi [1], lesquels organes elle utilise comme lasso pour couvrir le visage de Sammy d’excréments, avant de trépasser sous les assauts de Michelle, venue à l’improviste annoncer à son homme infidèle qu’ils avaient gagné au loto (? !?).

Allez savoir pourquoi – un certain abrutissement professionnel de fin de journée, peut-être, à moins que ce soit le fait d’une déviance trop évidente – mais renouer avec le métrage de Brian Thomson sur ces délicates intentions m’a permis de redorer le blason d’une galette que j’étais en passe de délaisser. Tout comme la suite du métrage, twist inattendu tant l’ensemble paraissait au départ peu construit, qui voit le délaissé Gordon s’affirmer master vampire, avide de venger les humiliations qui ont façonné son interminable puberté. La vulgarité reste de mise – c’est tout de même un tisonnier sortant de l’anus que Gordon s’éteint, dans les gerbes sanguinolentes de ses ultimes vents rectaux – mais, bizarrement, le dixième degré y est nettement plus perceptible. Lorsque défile ensuite le générique et que l’on se rend compte que Thomson est conscient de ses compétences restreintes (en dépit d’avoir tout fait tout seul, de la réalisation au montage en passant par la musique, les effets très spéciaux, le générique et j’en passe), on devient moins exigeant vis à vis de Bachelor Party in the Bungalow of the Damned, film fauché – et j’insiste, horriblement mal éclairé et cadré, au point d’en être illisible – influencé par les dialogues de Kevin Smith et autres bricolages cradingues de la première vie de Peter Jackson. Alors soit, il y a très peu du talent de l’un ou de l’autre chez ce metteur en scène branlotin, et vous pouvez allègrement économiser les trois quids qu’il m’a coûtés. Je resterai pour ma part sur la bienveillance d’une rupture opportune, à même de redynamiser le métrage et de me laisser apprécier Zoe Hunter à sa juste valeur, poitrine et intestins à l’air. Sans oublier cette remarquable mention en fin de générique, déplacée mais qui m’a plus fait rire que toutes les blagues pipi-caca-bite du film réunies : « Habeas Corpus 1679 – 2001. Fuck you W ».

Akatomy | 30.05.2010 | Hors-Asie

Bachelor Party in the Bungalow of the Damned est notamment disponible en DVD zone 2 UK.

[1] Hommage à la nouvelle Guts de Chuck Palahniuk, que vous pouvez lire ou relire sur son site officiel.

USA | 2008 | Un film de Brian Thomson | Avec Joseph Riker, Joe Testa, Gelu Dan Rusu, Sean Parker, Gregg Aaron Greenberg, Zoe Hunter, Monique Dupree, Kaitlyn Gutkes, Lloyd Kaufman
Never Let Me Go
He Lives by Night
Kazuhiro Soda : Campaign 2
Campaign 2
Hana to Hebi 3
Pandémie
Gojira tai Megaro
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Duel to the Death
The Restless
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L’Effrayant Docteur Hijikata
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[REC] 2
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Christmas on July 24th Avenue
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