Bad Blood

Ça court dans tous les sens au début de Bad Blood : de faux employés d’un knock off de FedEx, RedEx, tentent d’échapper à l’étau des forces de police chinoises à grand renfort de coups de tatanes. Malheureusement, le boss de l’équipe se fait serrer à la dernière minute, et les autorités confisquent le précieux butin : des plaques destinées à l’impression de faux billets. On pourrait croire que la trame du film tournerait alors au sauvetage du dénommé Andy Lok et à la récupération des biens de son organisation mafieuse, Tung Leung Shun, mais ce ne sera pas le cas puisque Lok se fait exécuter, en public et dans un stade, d’une balle dans la nuque. Toute l’équipe de malfrats ainsi que les héritiers du défunt, se retrouvent alors à attendre le verdict d’un héritage qui conditionne, de façon exclusive bien entendue, l’avenir de chacun. Comme eux, à partir de là, on poireaute. Le mot d’ordre des scénaristes de Bad Blood étant le suivant : quand on aura quelque chose à vous raconter, on vous fera signe.

Cela fait cinq ans désormais, que l’industrie HK s’emploie à tenter de renouveler, sans succès, le miracle SPL. La vision de Bad Blood vient toutefois rappeler combien l’équilibre atteint par Wilson Yip était fragile, simpliste et complexe à la fois. Bad Blood lui, a choisi de n’être que simpliste, construisant sa trame au gré de ses envies et de rebondissements absurdes, délaissant tout prétexte au profit d’une nonchalance narrative déconcertante. Ainsi, alors que The Sword With No Name - lauréat de la compétition Action Asia de la douzième édition du Festival du film asiatique de Deauville, avec qui il se disputait la faveur d’un jury au goût discutable - s’emploie à évincer les scènes d’actions de sa narration dramatique et politique, Bad Blood lui, les recherche à tout prix. Au point d’enfourcher une moto et de parcourir les rues à la recherche d’un quidam à coucher d’un simple coup de pied, pour le plaisir.

Et du plaisir c’est certain, il y en a à la vision de Bad Blood. Dans le bonheur de retrouver Xiong Xin-Xin, dans le look de notre charmante héroïne machiavélique (Bernice Liu, reine du dégradé capillaire auto-exécuté), dans la brutalité d’une combattante muette qui incarne le deus ex machina de l’ensemble, dans la mise en scène abrutie d’une trahison meurtrière au cours d’une partie de badminton. Il y en a un peu moins par contre, dans le syndicalisme insultant d’un Simon Yam trop occupé à manger des cacahuètes pour constater qu’il porte un imperméable jaune terrifiant, ou même pour tenir debout pendant son unique combat. Et il n’y en a plus du tout quand on nous sert Lam Suet en simple figurant, sans jouir un quart de seconde de son immense talent autocritique.

Ce qui est évident au moins, c’est que, pour prendre le titre en défaut, on ne se fait pas de mauvais sang en regardant Bad Blood. Pas de trame donc pas de suspense donc rien à redouter. On peut douter par contre, de la xénophobie latente d’un intermède transformant une belle héritière en championne du monde de kung fu, présentant les non-asiatiques comme des demeurés. Ce qui n’empêche aucunement de naviguer d’une baston à l’autre, morts de rire, et d’assister ébahis à l’exécution merveilleuse d’une très vieille femme qui, pendant tout le film, passait pour un légume en fauteuil roulant, avant de se faire la malle en 4*4. Tout ceci vous paraît sans queue ni tête ? C’est normal, puisque, dans sa succession linéaire d’incohérences volontaires, Bad Blood incarne un cinéma complètement gratuit. Mais puisqu’à cheval donné on ne regarde pas les dents, difficile de ne pas admettre que c’est le sourire aux lèvres que l’on ressort de cet échec, cuisant, affligeant et enthousiasmant dans des proportions équivalentes.

Présenté en compétition dans la sélection Action Asia au cours de la 12ème édition du Festival du film asiatique de Deauville, où il n’a remporté rien d’autre que notre affection pathétique, Bad Blood est disponible en DVD sous-titré anglais dans toutes les boucheries chevalines HK.
Addendum : Bad Blood est désormais disponible en DVD et Blu-ray en France chez Elephant Films (sortie le 5 novembre).

aka Mit moon - 滅門 | Hong Kong | 2010 | Un film de Dennis Law Sau-Yiu | Avec Bernice Liu Bik-Yi, Simon Yam Tat-Wah, Andy On Chi-Kit, Jiang Lu-Xia, Eddie Cheung Siu-Fai, Pinky Cheung Man-Chi, Lam Suet, Chris Lai Lok-Yi, Chan Wai-Man, Ken Lo Wai-Kwong, Xiong Xin-Xin
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