Bandhobi

L’effrontée.

Bandhobi a pris l’ascendant lors de la dernière édition du Festival des 3 Continents, décrochant la Montgolfière d’Or récompensant le meilleur film de la compétition. Buddy movie d’un genre particulier, le film correspond au cinéma que le festival cherche à promouvoir ; ayant fusionné les compétitions fiction et documentaire en 2007.

Bandhobi suit un schéma classique : la rencontre de deux êtres dont les chemins n’auraient jamais dû se croiser. Min-suh est une lycéenne un peu rebelle, qui fait des boulots manuels pour se payer des cours de soutien scolaire d’anglais. Karim est un émigré bangladais cherchant à récupérer l’année de salaire que son ancien patron ne lui a pas payé après avoir fait faillite. Un repas pris en commun après avoir été emmenés tous les les deux au poste de police pour des affaires différentes, l’aide de Min-suh pour localiser la maison du patron véreux... Au fil de leurs rencontres, une amitié va se créer entre nos deux héros.

J’aime beaucoup le personnage de la lycéenne. Malgré son sérieux côté peste - elle est plus facile à apprécier en personnage de fiction qu’en chair et en os - elle personnifie le côté "méridional" des Coréens. En ce sens qu’ils laissent parler leurs émotions, ce qui donne une vitalité très caractéristique à leurs films. Sous les dehors boudeurs de Min-suh se cache une rage prête à jaillir. Elle ne s’en laisse conter par personne, n’hésitant pas à chercher noises même aux adultes. L’actrice Baek Jin-hee porte le film sur ses épaules grâce à son naturel.

A l’opposé, Karim conserve son flegme pratiquement en toute circonstance en public. Je regrette cet aspect trop lisse. Dans la situation précaire dans laquelle il se trouve et vu la manière dont les Coréens le considèrent, j’ai du mal à comprendre ses interventions alors qu’il n’a que des coups à prendre. Le réalisateur a trop idéalisé un personnage rarement rencontré dans le cinéma asiatique. Si les occidentaux sont régulièrement présents, principalement dans les seconds rôles, la présence de personnage à la peau foncée est rarissime. Alors dans un premier rôle n’en parlons même pas.

Karim donne une leçon d’humanité aux coréens qui ne font pourtant pas mystère de leur dédain à son égard. Ils n’ont même pas besoin de l’exprimer verbalement. La scène du métro où il est assis à côté de Min-suh, les passagers les dévisageant avec réprobation, vaut mieux qu’un long discours. C’est d’ailleurs l’une des forces du film de n’être jamais démonstratif. J’aurais aimé connaître la réaction des spectateurs coréens au miroir peu flatteur tendu par le réalisateur.

Mais au lieu de stigmatiser, Shin Dong-Il a donné la priorité au positif en plaçant au centre de son film la naissance de l’amitié entre Min-suh et Karim. Elle lui apporte la chaleur humaine absente de ses relations avec les Coréens. Il l’aide dans sa transition vers l’âge adulte.

Bandhobi est un film qui se place sous le signe de l’échange, symbolisé par les nombreux repas ponctuant le film. Ces scènes sont un passage obligé des films coréens traitant des relations humaines. Le film se clôt d’ailleurs sur l’une d’elles, au cours de laquelle l’héroïne rend symboliquement hommage à Karim et à ce qu’il lui a apporté.

Bandhobi a été présenté en compétition lors de la 31ème édition du Festival des 3 Continents (Nantes), où il a reçu la Montgolfière d’Or.

aka 반두비 | Corée du Sud | 2009 | Un film de Shin Dong-il | Avec Bael Jin-hee, Alam Mahbub Pollob, Lee Il-hwa, Park Hyuk-kwon
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