Bastard Medicine in Paris Town

Steve et Dave sont deux bons copains ; l’un tagueur invétéré, l’autre obsédé tendance demeuré, acharné sur sa poupée gonflable avec son sexe noir. Ce qui est important, parce que le jeune homme est blanc ; mais comme l’explique Courtney, amie des garçons qui se trimballe avec son soutien gorge humain, l’éloquent Terence, Dave est né sans sexe et le morceau de boudin noir qui lui fait office de chibre, est le seul que son corps n’ait pas rejeté lorsque ses parents ont entrepris de lui greffer de quoi s’épanouir sexuellement... Désireux de se faire un peu de fraîche, les deux potes se rendent dans une clinique expérimentale, où deux charmantes jeunes filles, tendance infirmières lesbiennes, leur font avaler un cacheton à même de développer la masse musculaire sans effort. Pas de bol, l’effet secondaire est assez puissant chez les deux garçons, transformés illico en meurtriers sanguinaires. Il faut que cela cesse ! Avec le gros calibre qu’elle cache sous son lit, Courtney est bien décidée à mettre fin aux exactions de ses amis...

« Il n’y a pas de quoi être fier, mais je le suis quand même. »

Il est à peu près certain que cette citation du réalisateur, présente sur la plaquette de Bastard Medecine in Paris Town, fait partie des raisons qui m’ont poussé à contacter les très respectables responsables de l’association Sin’Art, qui se consacrent depuis plus de 10 ans à l’amour des cinémas de genre, aussi bien au travers de leurs fanzines que de leurs productions absolument underground. Ce que je peux vous dire, c’est que, à la vision de ce film de potes a priori anodin, on a autant envie de conforter son affirmation que de la contredire...

Ben oui, parce que Bastard Medecine in Paris Town, c’est un peu le film qu’on a tous, décérébrés fans d’horreur, d’ultra-violence et de metal, tenté de faire avec nos potes quand on était plus jeunes. On tournait quelques images sans avoir rien écrit, tirait des plans sur la comète à base d’abats et autres effets sanguinolents, on tentait de convaincre nos copines de se noyer dans tout ça... On parlait beaucoup en fait, rêvait tout autant, mais le fait est que l’on ne terminait jamais rien. Jordan lui, avec un peu plus de discipline, appliquée avec force second degré puisque l’objet est dédié à Paris Hilton, est allé jusqu’au bout de son projet. Son objectif est simple voire simpliste, mais honnête, avec ses jeux de mots pourris, son héroïne rigide, ses tueurs neuneus à la voix modifiée... et l’ensemble quoiqu’on en dise, et pour peu qu’on ne jure pas que par le Cours Florent, tient la route d’un point de vue cinématographique. Le montage est varié et dynamique, le cadrage tout aussi travaillé, et ce court-métrage entre amis bénéficie même de sa propre bande son, avec du bon hardcore français, limite screamo, composé pour illustrer l’ensemble. Il n’y a pas de temps morts, les effets gore sont drôles, et une certaine chambre d’hôtel, en guise d’hôpital, a du imposer pas mal de nettoyage à l’équipe réduite (mais dévouée, à la vision du making of) du projet.

Et puis ce qui se dégage de ce film de jeunesse, d’ordinaire cantonné aux suppléments d’un DVD quand son auteur est passé du coté professionnel de la force, c’est un véritable amour, bon enfant, du cinéma de genre. Quand on regarde de près le croquage de boudin en guise de pénis, on pense aux home videos d’un certain Jörg Buttregeit, qui se faisait lui aussi manger la knacki (l’allemand est plus modeste), avec encore moins de moyens et certainement mois d’ambition (toutes proportions gardées), avant de se lancer dans la nécrophilie avec le succès qu’on lui connaît. Jordan, je pense que ta carrière est toute tracée ! Qui sait, Courtney sera peut-être ta Monika M ?

Akatomy | 10.11.2009 | Hors-Asie

Merci à André Quintaine et Sin’Art de m’avoir envoyé le DVD de Bastard Medecine in Paris Town, garni de quarante minutes de suppléments en plus des vingt minutes du film, que vous pouvez commander sur le site officiel de l’association !

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