Beyond the Valley of the Dolls

Dolly Read, Cynthia Myers, Marci Mc Broom. Trois actrices sublimes, généreuses, faites de sourires et de courbes extrêmes, icônes légèrement revues façon pudique pour les studios, de la "bosomania".

Erica Gavin, Charles Napier, Duncan McLeod, Haji et j’en passe : une flopée de noms que l’on oublie parfois, de visages que l’on n’oublie jamais.

Roger "Two Thumbs Up !" Ebert ; saviez-vous qu’il avait aussi, dans sa vie, signé les scénarios de deux ou trois films - dont celui-ci ?

Stu Phillips : un nom mythique de la musique télévisuelle, des Monkees à Knight Rider en passant par Buck Rogers, The Fall Guy et j’en passe, qui signe ici une série de chansons exceptionnelles, emblématiques d’une époque et en même temps presque caricaturales, aptes à survivre aux excès des seventies. [1]

Des sourires démesurés, des corps vénérés, des femmes girondes, des dieux du stade et autres éphèbes de toutes les couleurs, tailles, âges et sexes - et même entre les deux ! -, une nature aussi généreuse que les femmes qu’elle accepte toujours d’embrasser le temps d’un accouplement souriant, d’une promenade en couettes et robe à carreaux...

Une morale étonnante, explicite, redondante et pourtant tellement nécessaire, old school et pourtant d’actualité, qui témoigne d’une seule chose, essentielle et qui fait défaut à tant de gens de nos jours...

C’est l’amour des belles choses, des formes, de la richesse et de la diversité humaine, qui a toujours fait du cinéma de Russ Meyer une ode à la vie, pas si niaise puisque largement provocatrice et dénudée, tellement honnête... Beyond the Valley of the Dolls, premier des deux seuls films du réalisateur produits au sein d’un studio (ici, la Fox), bien que moins charnellement explicite que sa série des Vixens et autres Lorna et Up !, n’échappe pas à ces caractéristiques uniques, altruistes, immortelles.

Un film de Russ Meyer, c’est la vie.

Reprenons.

Kelly, Casey et Petronella, les trois membres du groupe de rock féminin The Kelly Affair, en ont assez de jouer pour les bals étudiants de fin d’année. Kelly convainc donc leur manager Harris - accessoirement son amant - de partir tous ensemble à Los Angeles pour tenter de faire décoller leur carrière. Sur place, Kelly retrouve sa tante Susan Lake qu’elle n’a jamais connue mais qui, pour d’obscures raisons familiales, souhaite partager un héritage d’un million de dollars avec elle. Par la même occasion, Susan emmène sa nièce et ses amies dans une soirée chez Ronnie ’Z-Man’ Barzell, producteur aussi excentrique qu’incontournable de la Cité des Anges. Une prestation devant un gratin "who’s who" fait de gourous, actrices pornos et acteurs beaux gosses à l’affût de fortunes vieillissantes, suffit à faire de nos rock-stars au féminin une révélation... Rebaptisées The Carrie Nations, les trois envoûtantes créatures sont propulsées en tête des ventes de disques et tombent dans tous les pièges du show-business : alcool, drogue, trahison, coucherie et faux amis...

Beyond the Valley of the Dolls est certainement l’un des films les plus complets de Russ Meyer. Qui oserait dire à sa vision grandiloquente, que le réalisateur n’était pas en avance sur son temps ? A la fois comédie musicale, film d’horreur qui se paye le luxe de quelques plans gores, trip gigantesque, farce douteuse (les blagues sur les handicapés), drame en costume, ode à l’accouplement irréfléchi,... BVD contient tous les éléments nécessaires à la naissance d’un genre entre l’hommage et la parodie douce-amère : le rockumentary seventies - et ce avant même que cette décennie ait eu lieu ! La musique y est exceptionnelle, le montage ultra-rapide, étourdissant de Russ Meyer l’accompagne à merveille (la présentation de L.A, les superpositions des chansons avec l’évolution du personnage de Harris).

Les acteurs sont tous fous, prêts à tout pour faire du film une caricature acerbe, sans pitié, d’une vie uniquement motivée par l’image. Ainsi John Lazar, redoutable interprète de Z-Man aka Superwoman incarne-t-il le véritable tour de force du film, celui par lequel toutes ses facettes improbables (pourtant annoncées dés le générique, a priori incompréhensible puisque montage de scènes de la fin de l’histoire !) peuvent s’enchaîner logiquement. Mais il y a aussi Michael Blodgett aka Lance Rocke, détestable blondinet conquérant ou encore le susceptible champion poids-lourd black, dont la séquence d’énervement en voiture restera un monument de colère excessive et inattendue... et puis surtout, toutes les femmes du film. D’Edy Williams à Dolly Read, toutes sont extrèmes, caricaturales, sculpturales... avec une mention spéciale pour Cynthia Myers, magnifique, innocente, provocante... Plus ouvertement féministe que Meyer, tu meurs - et qui s’en plaindrait ?

Que dire de plus ? Beyond the Valley of the Dolls est certainement l’un des meilleurs films de Russ Meyer, l’un des plus osés, des plus beaux (aux côtés de Up ! bien entendu). Je l’ai déjà dit et je le répète : un film de Russ Meyer, c’est la vie. Celui-ci l’embrasse toute entière, dans toute sa splendeur, perverse, dangereuse et éventuellement salvatrice et juste. Tout y est et il n’y a rien à jeter. Merci mille fois à l’Etrange Festival de nous avoir offert ce chef-d’œuvre, en scope, dans toute sa gloire immortelle !!!

Un DVD se dessine semblerait-il à l’horizon...

[1Lire à ce sujet l’interview de Stu Phillips par Fred Ambroisine sur DVDRama.

aka La vallée des plaisirs | USA | 1970 | Un film de Russ Meyer | Avec Dolly Read, Cynthia Myers, Marcia McBroom, John Lazar, Michael Blodgett, David Gurian, Edy Williams, Erica Gavin, Phyllis Davis, Harrison Page, Duncan McLeod, James Inglehart, Charles Napier
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