Black Mask VS Gambling Mastermind

Un pseudo Black Mask tue à grand peine un homme au milieu de la rue. Ca dure au moins trente secondes (au ralenti qui plus est), et après... plus rien qui justifie le titre de ce Black Mask VS Gambling Mastermind - pendant un long moment tout au moins. En effet, le héros de cette production numérique sans le sou est un adolescent grassouillet du nom de Sing, prétendu Saint of Gamblers local. A moins que ce soit son meilleur ami Koh qui, suite au décès de sa grand-mère, refuse de reprendre les cartes en mains et s’enfuit...
Je profite de la phrase précédente pour faire une petite remarque : les cinq premières minutes de Black Mask VS Gambling Mastermind sont parfaitement incompréhensibles. Décousues, visiblement lourdes d’un sens insaisissable, elles me portent à croire que ce film serait la suite cachée d’un certain Teenage Gambler du même réalisateur...

Mais peu importe finalement. Il se trouve que le King of Gamblers du territoire nord-américain n’a plus d’adversaire à sa taille, et décide de revenir à Hong Kong accompagné de son fidèle homme de main Cold Blood, afin de défier la seule personne qui l’ait battu autrefois (et a donc certainement provoqué son exil, mais ce n’est qu’une supposition). Sauf que ledit adversaire s’est fait humilier par Sing et Koh et a depuis disparu ; aussi notre King se met-il en tête de retrouver Koh pour lui imposer une partie de cartes. Pour ce faire, il lui faudrait déjà mettre la main sur Sing... Ce dernier, soi-disant orphelin, s’est réfugié chez Karen et sa charmante meilleure amie. Karen, hôtesse dans une boîte de nuit, dont le fils est décédé trois ans auparavant, et dont Ian - le petit copain de sa colotaire que Karen est persuadée d’avoir déjà vu - est visiblement amoureux... Mais où Black Mask VS Gambling Mastermind veut-il donc bien en venir, avec toutes ces intrigues parallèles ? Et que viendrait faire Black Mask au milieu de tout ça ?

La vidéo numérique, ça a vraiment du bon. Prenez - au hasard bien entendu - le cas de la production cinématographique hongkongaise... Très ralentie depuis plusieurs années, celle-ci peinait à retrouver le souffle, qui faisait d’elle un havre foisonnant d’oeuvres de tous budgets il n’y a encore pas si longtemps. Et voilà que les spectateurs admettent enfin de vivre avec leur temps, et tolèrent les films tournés en numérique. Principalement réservée, pour notre grand plaisir, à la relance des ébas dépaysants du softcore - n’est-ce pas mesdemoiselles Sophie Ngan et Grace Lam ? - voilà que la vidéo numérique s’impose sur un nombre croissant de film hongkongais, rendant aux réalisateurs une liberté qu’on leur avait quelque peu ôtée. Evidemment il faut être bon public pour en profiter... mais comme dirait Kuro, c’est l’une des clefs de l’amour du cinéma HK, non ?

Car ce Black Mask VS Gambling Mastermind en dépit de mon résumé moqueur, n’est vraiment pas désagréable à suivre. Passée la mise en place déroutante des personnages - et si tant est que le spectateur accepte d’avoir Sing pour héros - c’est même un film plutôt bien foutu, quoiqu’un tantinet mensonger... Sans vous révéler le fin mot de l’histoire, Black Mask a effectivement un rôle dans le film, cependant très restreint. De plus, il n’affronte pas vraiment le Gambling Mastermind, puisque c’est à Koh que revient cet honneur - au cours des cinq dernières minutes du film !
Entre la première apparition du justicier masqué et ce dernier affrontement télépathique, Lee Ping Kwong nous offre une gentil drame familial doublé d’un petit film d’action/"gambling", avec notamment quelques scènes de combats impliquant les interprêtes de Ian et Cold Blood - le second étant par ailleurs à peine plus expressif qu’un baril de lessive. Le soin apporté à ces séquences, pas toujours bien montées mais tout de même très respectables, témoigne de la bonne volonté à l’oeuvre sur ce projet modeste. Hong Kong oblige, il y a bien quelques maladresses éthiques, comme ce passage où Sing s’habille comme le défunt fils de Karen et lui dit "Bonjour je suis ton fils mort depuis trois ans, j’aimerais que tu t’occupes de toi désormais - je pourrais ainsi enfin me reposer en paix". Dans le domaine des bonnes intentions, on a déjà vu moins morbide et douteux, mais bon...

Black Mask VS Gambling Mastermind est donc un film certes mineur, mais dont le seul véritable défaut est de vouloir tromper son public avec un titre "exceptionnel". Pour le reste ma foi, ça dépasse de très loin les exigences de la plupart de nos fictions télévisuelles, et on ne s’ennuie pas un seul instant... Par conséquent, histoire de reprendre une conclusion fréquente sur SdA : c’est déjà pas si mal !

PS : J’ai failli oublier ! Chose étonnante, la musique du film est signé Brad Fiedel... ben oui, puisque les producteurs ont pillé sans vergogne la quasi-totalité de la BO de Terminator 2 !!! Vive les droits d’auteur !

Akatomy | 17.05.2003 | Hong Kong

Black Mask VS Gambling Mastermind est disponible en VCD et DVD HK chez Universe.

aka Black Mask Versus Gambling Mastermind | Hong Kong - 2002 | Un film de Lee Ping Kwong | Avec Xiaolong, Bessie Chan, Chow Chow, Leung Cheuk Moon, Lam Wai
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