Black Stone

Pendant son service militaire - passage obligé pour tout jeune Coréen - Shon Shun est victime de violences de la part de l’encadrement, et de discrimination de la part des autres appelés. Il a comme défaut à leurs yeux de ne pas être un « pur » coréen. Ses parents immigrés sont employés dans un atelier de découpe de volailles dans un quartier populaire de Séoul, mais ils ne sont pas payés. Shon Shun se venge de son tortionnaire, déserte et revient chez lui pour découvrir que ses parents ont disparu. Le jeune homme voyage jusqu’au village du pays d’Asie du sud d’où est originaire son père, où il découvre un paysage ravagé par une marée noire.

Le réalisateur coréen Gyeong-Tae Roh nous entraîne dans un voyage bien sombre dans les recoins de la société coréenne. Elle est décrite comme un corps malade, non seulement physiquement mais aussi dans son esprit. Chez les militaires de même que le médecin, qui devrait pourtant être une personne plus éclairée, Shon Shun est victime des préjugés de ses concitoyens en raison de l’origine de ses parents. Sa mère, une coréenne née en Chine, s’est mariée avec un homme originaire d’un pays du sud-est asiatique, les Philippines probablement. Leur origine fait d’eux des proies faciles et silencieuses pour un patron sans scrupule, qui ne les paye pas et les accuse même de lui faire perdre de l’argent. La violence de la société est aussi économique.

Si certains thèmes abordés dans le film sont plus spécifiquement coréens [1] et auront moins de résonance pour le spectateur français, d’autres comme le racisme et la pollution, sont universels.

Gyeong-Tae Roh met en parallèle cette pollution des esprits et celle de la planète - sujet central du film occupant le devant de la scène dans la dernière partie - via le principal protagoniste. Black Stone bascule alors d’un réalisme sordide vers un monde fantasmagorique, où émane parfois de la nature, toute polluée soit elle, une étrange beauté. A l’instar de ce couché de soleil sur fond de marée noire. Il montre ainsi sa grandeur malgré les actions néfastes des hommes.

L’homme sera sauvé s’il sait retrouver le contact avec la terre, semble dire le metteur en scène, et s’il retourne à ses racines, littéralement dans les deux cas pour Shon Shun.

Aussi noir que soit son film, le cinéaste a ainsi l’intelligence de terminer ou plutôt d’ouvrir son film sur un message d’espoir. Il ne s’enferme pas, au contraire de trop nombreux films d’auteur asiatiques, dans une vision purement négative.

Kizushii | 6.02.2017 | Corée du Sud

Black Stone est disponible en DVD grâce à l’éditeur Outplay, que je remercie.

[1Un supplément très intéressant d’une vingtaine de minutes accompagne le film, dans lequel un spécialiste de la Corée, Pascal Dayez-Burgon, décortique les thèmes abordés en les remettant dans le contexte coréen.

aka 블랙스톤 | Corée du Sud | 2015 | Un film de Gyeong-Tae Roh | Avec Won Tae-Hee, Hyun-joo Baek, Hae Sung Lee, Suk Goo Shon
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