Black Tight Killers

Des danseuses-ninja en collants contre des vilains yakuza... que viva les sixties !!!

Daisuke Hondo (Kobayashi), un photographe de guerre, revient du Viêt-Nam. Dans l’avion qui le conduit au Japon, il fait la connaissance d’une hôtesse de l’air, Yoriko (Chieko Matsubara), qu’il s’empresse d’inviter à dîner pour le soir même. Alors que les deux tourtereaux sont tranquillement installés à leur table, Yoriko dit à Daisuke qu’un homme les a suivis ; notre héros part donc à sa recherche, et, le temps qu’il revienne à sa table, la pauvre jeune femme à été enlevée. Il sort du restaurant pour découvrir Yoriko aux prises avec un homme ; alors qu’il s’apprête à lui porter secours, des femmes masquées vêtues de collants noirs tuent le ravisseur et s’en prennent à Daisuke... elles parviennent à s’enfuir après l’avoir aveuglé avec des chewing-gums de ninja ( !)...

Ahhhh !... ça c’est le bonheur ! Les Yakuza Eiga (films de Yakuza) de la Nikkatsu ont, il faut bien le dire, un charme que peu de films possèdent ; une musique qui mêle allègrement jazz et chansons jap/retros (mais oui, vous savez, ces chansons chantées par des nippons couillus qui roulent les "r" ! [1]), des couleurs magnifiques, des stars en pagaille, du scope en veux-tu en voilà, bref, que de bonnes choses... Premier film de Yasuharu Hasebe (Minagoroshi no Kenju, Ryuketsu no Koso, Sex Hunter,...), qui commença sa carrière en tant qu’assistant réalisateur - notamment de son mentor l’immense Seijun Suzuki -, Black Tight Killers renferme tout ce qui a fait la gloire de la Nikkatsu dans les années soixantes.

Après un prologue se déroulant au Viêt-Nam, arrive le générique : un véritable déferlement de couleurs qui nous montre des femmes ninja en train de danser ; ce n’est qu’un aperçu de ce qui nous attend durant cette petite heure-et-demie que dure le film. Les bagarres sont chorégraphiées et mises en musique comme de véritables danses, comme le fera de manière encore plus poussée Kinji Fukasaku dans le génial Kuro Tokage (Le Lézard Noir /1968). Très ancré dans son époque, Black Tight Killers comporte une bonne dose d’humour et son lot de gadgets chef-d’oeuvrissimes (les 45 tours qui servent de shuriken, le bazooka très "roots" des ninja, les chewing-gums aveuglants, le "mètre épée", et j’en passe !). Sympathique aussi cette auto-censure qui ne peut que faire sourire, telle cette séquence où une jeune femme mourante qui se retrouve sans habits, met ses mains sur ses seins afin qu’on ne les voit pas...

Porté à bout de bras par Akira Kobayashi, la star Nikkatsu numéro deux durant la "Diamond Line" (période allant de 1959 à 1962), derrière l’indétrônable Yujiro Ishihara [2], Black Tight Killers est un show à la gloire de son acteur principal ; "Mr.Dynamite" a en effet participé à bon nombre de succès du studio, de Gitâ wo Motta Wataridori (Wandering Guitarist /1959) au violent Boryoku Dan : Nori Komi (Yakuza Marching in /1971), en passant par l’excellent Kanto Mushuku de Seijun Suzuki (Kanto the Wanderer /1963) ; cet artiste engagé par la Nikkatsu alors qu’il n’a que dix-sept ans, suivra une carrière de chanteur après avoir quitté sa "seconde maison". Il ne tourne plus depuis 1993...

Alors finalement, que vaut Black Tight Killers ? Moins barré et nihiliste qu’un Suzuki, il n’en demeure pas moins un excellent Yakuza Eiga, et il n’a pas à rougir de la comparaison avec ceux dont il s’inspire. Du beau "boulot" dont les fans du genre se délecteront avec un immense plaisir...

Kuro | 30.10.2001 | Japon

DVD | Image Entertainment - American Cinematheque | NTSC | Zone 1 | Format : 2:50 (recadré en 2:35) - 16/9 | Images : Même si la pellicule est tachée, on peut dire bravo à Image qui nous offre un pressage anamorphique sans un seul défaut de compression et aux couleurs sublimes ! | Son : Mono, r.a.s. Sous-titres anglais incrustés sur la pellicule. | Suppléments : Le trailer du film et une interview de Yasuharu Hasebe (env. 20’).

[1] Ce style musical s’appelle le Enka.

[2] Né en 1934, Yujiro Ishihara fut la star incontestée de la Nikkatsu pendant plus d’une décennie. Ses films les plus remarquables sont Taiyô no Kietsu - d’après un livre écrit par son frère, Shintaro Ishihara, écrivain et politicien célèbre - (1956), Arashi wo Yobu Otoko (1958), Shimizu no Abarenbo (1959) et Tekkaba no Kaze (1960). Plus tard, dans les années soixante-dix, on pourra le voir dans des séries TV, dont Taiyô ni Hoero avec Yusaku Matsuda. Il meurt en 1987 d’un cancer du foie.

aka Ore Ni Sawaru To Abunaize | Japon | 1966 | Un film de Yasuharu Hasebe | Avec Akira Kobayashi, Chieko Matsubara, Mieko Nishio, Tomoko Hamakawa, Kozue Kamo, Akemi Kita, Keisuke Noro, Shutaro Tamamura, Hiroko Saito, Akiko Sagawa
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