Blood Brothers

Fung, Kang et son jeune frère Hu décident de profiter de l’essor du Shanghai des années 20 pour sortir de leur médiocrité. Leur but : atteindre les hautes sphères du paradis, du Club Paradis à dire vrai, la boite la plus branchée du moment. Tandis que Kang s’y fait embaucher sans mal comme serveur, Fung lui se contente de son humilité et préfère rêvasser devant son pousse-pousse et fantasmer sur son amie d’enfance Shu Zhen tout en contemplant la star du Paradis, la belle Lulu.

Très vite, Kang convainc Fung de rejoindre le giron de Boss Hong, parrain incontesté et propriétaire du club. Mais voila : de petites missions en services divers, Fung ne se résout pas à vouer sa vie au crime, à la grande différence de Kang qui est prêt à tout pour le pouvoir et pour ne plus connaître la misère. Alors que tout les unissait avant dans leur jeunesse, leurs désirs et chemins se séparant, ils deviennent des frères ennemis, des frères de sang.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’avait pas grand-chose à attendre de cette nouvelle production du duo John Woo/ Terence Chang, déjà lourdement mis à mal avec des œuvres particulièrement cocasses : Broken Arrow, MI2 et Bulletproof Monk (ce dernier étant à l’origine d’une crise de larmes de Chow Yun Fat). Pour sûr, Blood Brothers est un premier film et constitue pour le coup une somme de clichés d’une banalité consternante, d’un manque flagrant de savoir faire dans la mise en scène des gunfights et surtout, surtout d’un scénario maintes et maintes fois vus.

L’histoire d’amis devenant ennemis jurés est une idée aussi vieille que celle des Frères Lumières, mais le pire c’est la manière de la mettre en images d’Alexi Tan. Inexcusable réalisateur, Tan est pourtant auréolé d’une solide réputation de metteur en scène de courts-métrages (17-17 et Double Blade), mais son passage aux commandes d’un long frôle l’insupportable. Car aux soucis du banal scénario viennent s’ajouter une multitude d’erreurs de jeunesse (alors qu’il réalise depuis 8 ans). Les chorégraphies de Philip Kwok tentent désespérément de se rapprocher d’un balai d’opéra avec des jetés de gabardines au moindre revolver dégainé et ne trouvent pas leur place dans un montage haché par des gros plans sans intérêt. Une unité de décor, celui du Club Paradise et son entrée, constitue le budget principal du film à tel point que l’impression devient une certitude : tout se passe dans ce même endroit. Et le nombre de fois où tous les acteurs se retrouvent nez à nez sur les marches du night club est astronomique. Et voir le lustre de la salle unique et principale se faire arracher du plafond par des coups de feu reste anecdotique et loin d’être surprenant.

Quant aux références dont s’enorgueillit Alexi Tan, elles sont invisibles, tant le tout est un mélange insipide de plusieurs films, tels Cotton Club et Shanghai Grand (la série surtout). Comprenez d’ailleurs que ses influences sont largement éclipsées puisque Tan préfère voir en son œuvre un hommage aux westerns spaghettis ( à la sauce tomate périmée !!!) et aux premiers Woo. La preuve flagrante, une fois encore, qu’un fan de genres doit savoir se libérer de ses souvenirs d’adolescence ou bien changer de métier.

Mais alors que reste-t-il à nous mettre sous la dent ? L’éclairage, qui dans un sens est le seul artifice de mise en scène, qui met en valeur un tant soit peu les acteurs en grand besoin d’affection cinématographique. Michel Taburiaux tire une bonne épingle et les costumes à la feutrine absolue partent au pressing entre chaque prises.

Blood Brothers, de par ses acteurs non utilisés (Chang Chen en premier lieu, Shu Qi redevenue transparente pour 1h35), ses duels ratés, son faible scénario et tout simplement le manque évident de maîtrise du sujet, représente la figure de proue d’un renouveau référentiel d’un cinéma d’action depuis longtemps disparu et regretté. C’est à se demander qui est responsable de ce très beau plan d’ouverture d’un Daniel Wu pleurnichant sous la neige.

Blood Brothers passe à 2 doigts du nanar, mais demeure un fantastique coup d’épée, pardon coup de feu dans l’eau. Heureusement qu’il restait de l’argent à la production pour nous gratifier d’un joli dossier de presse.
Messieurs, jouez-nous une autre chanson et vite !!

Blood Brothers a été présenté dans la sélection Panorama de la dixième édition du Festival du film asiatique de Deauville (2008).

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