Bloody Night A Go Go

Schizo a Go Go...

Sept jeunes gens décident de passer la nuit dans un centre commercial de la capitale nippone, la veille de l’ouverture d’une attraction d’été : la maison de l’horreur... Avides de sensations fortes, le sentiment d’être seuls dans cet endroit semble les exciter tout particulièrement ; il faut dire que ce centre commercial a la réputation d’être hanté par le fantôme d’une jeune garçon nommé Kenji... Alors que l’un des jeunes couples pénètre dans la maison hantée, il tombe nez à nez avec une personne portant un étrange déguisement ; armé d’un hachoir, l’ignoble individu masqué découpe violemment les deux tourtereaux... Tandis que les cinq autres cherchent le couple, ils apprennent que l’une d’entre eux, la jeune Nanako, utilise un drôle de masque chinois dans le cadre d’une thérapie de choc, censée l’aider à évacuer un traumatisme qu’elle garde en elle depuis sa plus tendre enfance...

Ce qui est bien avec l’industrie cinématographique au Japon, c’est qu’il y a de la place "pour tout le monde" ; du marché parallèle destiné au parc vidéo appelé V-Cinema, au porno le plus borderline, sans parler d’un cinéma indépendant (qui comporte œuvres expérimentales, documentaires ou films de fictions) diffusé dans des circuits très fermés. Il paraît inévitable que ce nombre impressionnant de productions en tous genres laisse la porte ouverte à tout et n’importe quoi, du pire au meilleur...

Tourné en DV pour une poignée de Yens, Bloody Night A Go Go, film relativement court réalisé par Kengo Kaji en 2004, se situe à mi-chemin entre l’hommage et la parodie de slashers américains période 80’s. Orson Welles, remballe Le Procès et va réviser ton Kafka ; des jeunes en rut enfermés aux côtés d’un dingue se trimbalant avec un hachoir, et hop ! C’est parfois si simple le cinéma... Bloody Night A Go Go n’est pas un film évident à traiter ; on sent le réalisateur tellement à fond dans son truc, qu’il est difficile de lui jeter la pierre lors de certaines scènes, plutôt convenues, voire bancales. Il faut dire que Kaji semble particulièrement apprécier le mélange des genres, et ballade son spectateur entre burlesque non-sensique, film d’horreur pur et dur et... clip de rap !

Alors voilà, le principal "problème" de Bloody Night A Go Go se situe au niveau de sa structure ; alors qu’il se termine, a priori, de manière on ne peut plus nihiliste et cynique, la caméra de Kaji décide soudainement de s’attarder (c’est le mot !) sur un groupe de B-boys nippons [1], dans un parking en pleine nuit... ça rap, puis ça papote, ça papote... papote... longtemps... Ce quasi-final -une autre "surprise" soporifique intervient à la toute fin du film- pour le moins déconcertant annihile d’une certaine manière, l’effet escompté de cette sympathique première -véritable ?- fin que nous avait concocté Kaji, dommage ! Enfin "dommage", disons que l’intention du réalisateur apparaît plutôt claire ; faire plaisir à ses potes de King Panther ! Bah oui, et en même temps on ne va blâmer ni Kaji, ni nos amis rappeurs... Lorsque l’on a l’opportunité de faire ce que l’on veut, on en profite ! Après, est-ce justifié ? sûrement pas... le film devient alors très ennuyeux, et le spectateur -moins chanceux que le téléspectateur, qui lui possède l’arme ultime : la télécommande !- se retrouve d’une certaine manière pris en otage pendant les vingt loooongues dernières minutes de Bloody Night A Go Go.

Mais tout n’est pas si sombre ; ci et là se trouvent quand même quelques idées de "trucidages" très sympas, comme le prouvent ces quelques exemples de petites recettes à l’attention de tout bon dingo-meurtrier patenté :
- une fille nue se retrouve face à vous ? Mettez lui une ampoule dans la bouche, écartez lui les jambes, un peu de courant électrique dans le vagin et hop, le tour est joué, en plus ça amusera les enfants à Noël !
- une jeune femme crie un peu trop fort ? Rt bien déversez lui l’intégralité d’un extincteur (grande taille) dans la bouche, jusqu’à ce que sa tête éclate !
- un grand gaillard se la pète un peu trop ? Hop ! Un sac plastique sur la tête, glissez un tuyau d’aspirateur, allumez le dit aspirateur et voilà que le bonhomme suffoque en moins de deux !

... c’est bien l’bonheur quand même, on se croirait presque revenu à la grande époque des Cat III !

Avec son casting principalement composé de jeunes gens qui viennent de séries TV/vidéos types Ultra Seven, Ultraman Neos ou encore PlayGirl, on ne peut pas dire que Bloody Night A Go Go verse dans le troisième âge ; à noter d’ailleurs la présence de l’infiniment charmante Megumi Morisaki (893 Taxi) affublée ici d’une perruque blonde, dans un rôle insolite et "rigolo" à mille lieues (sic !) de celui qu’elle interprètera la même année dans le magnifique Charon de Gen Takahashi...

... à l’arrivée Bloody Night A Go Go est très inégal, voire même "un peu beaucoup" naze si on le considère dans son "intégralité". Mais finalement, tant que ce type de production verra le jour, la bonne santé du cinéma perdurera ; et puis, ça restera toujours infiniment plus sincère dans le fond que les éternelles repompes éhontées, sans âmes ni consistance, que les grands studios nous balancent été après été non ?...

Kuro | 7.09.2005 | Japon

DVD (Japon) | Benten Entertainment | NTSC | Zone 2 | Format : 1:1:33 - 4/3 | Images : Un excellent pressage. | Son : Très bonne stéréo. | Suppléments : Trailer du film, galerie de photos, et cinq trailers de productions Benten.

Ce DVD ne contient pas le moindre sous-titres.

[1King Panther, également au générique d’une autre production Benten, Concrete.

aka Buraddi Naito a Gôgô | Japon | 2004 | Un film de Kengo Kaji | Avec Ryohei, Jyun Takatsuki, Mika Mifune, Yaung Tianfu, Megumi Morisaki, Maria Kitazawa
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