Bodigâdo Kiba

Chiba en roi de la promo Kiba tout le monde !

Kiba, sixième dan d’une école de Karate décriée par la violence de ses entraînements, décide de créer sa boîte de protection rapprochée afin de gagner sa vie. Son premier client est une étrange et belle jeune femme recherchée par la mafia...

Oh là là !!! Quel festival Chiba mes amis !... La onzième édition de l’Etrange Festival décide donc de rendre un hommage au grand Shinichi Chiba, plus connu en nos contrées occidentales sous le joli sobriquet de Sonny Chiba. Après avoir chanté avec sa compagne Cher dès le milieu des 60’s, cartonnant avec le tube interplanétaire I Got You Babe, Sonny décide fin 1974 de se lancer dans une carrière solo... Oups !!! pardon !... Shinichi Chiba débute donc sa carrière cinématographique en 1961 à vingt-deux ans - il joue déjà à la télévision dès la fin des années cinquante. Au début des années soixante-dix, il devient la star japonaise des films d’arts martiaux, notamment grâce à un rôle, celui de Kiba, un garde du corps aux méthodes infaillibles...

Kiba est fort. Kiba est beau. Kiba est grand. Kiba est Chiba ! Bodigâdo Kiba s’ouvre sur une prise d’otage hyper réaliste (...) dans un avion qui fait penser à un hall d’Hôtel... bref, ce n’est qu’un détail... parmi tant d’autres ! Hôtesses apeurées qui marchent pour se mettre bien en face de la caméra alors qu’elles sont tenue en joug par un vilain terroriste, des gens qui crient partout, la caméra qui fait n’importe nawak, non vraiment, on a peur ! Tous les passagers ont les mains sur la tête... tous ? Non. L’un d’entre eux continue tranquillement de lire son journal... mais qui est-il, cet inconscient qui ne se rend pas compte qu’il risque fort de périr en agissant ainsi ?!!! Tak tak boum boum !!! en deux temps trois mouvements (et quelques zooms psychédéliques !), notre homme casse des têtes, des bras et des jambes, fait des roulades en faux ralenti, et met hors d’état de nuire les méchants terroristes ! Ellipse. L’homme donne une conférence de presse. Face à lui, les journalistes se déchaînent : "vous avez fait ça par nationalisme ?... par altruisme ?..."... l’homme de rétorquer : "non ! simplement par publicité !". Kiba se sert des médias pour faire son auto-promo, et vendre ainsi ses services de grade du corps... et pour les sceptiques, Kiba prépare une petite surprise... Il demande qu’on lui amène une bouteille de Coca Cola, et la décapsule à main nue en en tranchant le goulot. Le parterre de journaliste est médusé, quant au spectateur, scotché devant un arrêt sur image que lui impose la magnifique réalisation du sieur Takamori (réalisateur de trente films entre 1964 et 1989), il comprends très vite qu’il se prépare à assister aux quatre-vingt-dix plus grandes minutes de l’histoire du cinéma nippon contemporain...

D’un point de vue technique tout d’abord, Bodigâdo Kiba a tout du film culte, tant sa mise en scène utilise des procédés quelque peu hors-normes... Rarement ai-je vu autant de zooms dans un seul film ! Des zooms mais aussi des mouvements de caméras qui laissent deviner que le cadreur devait être Parkinsonien. Bon ok, j’exagère certainement un peu, mais il faut bien avouer que ce Bodigâdo Kiba semble avoir été filmé par une équipe de psychopathes échappés d’un asile ! C’est pas grave, c’est rigolo, et le résultat est plutôt... stylisé ! Takamori semble afficher un amour immodéré pour les ellipses. Soit, c’est un procédé narratif intéressant qui peut donner de très belles choses... oui mais ! Oui mais bon là, les ellipses sont là pour combler un vide scénaristique éhonté, et permettent de sortir les protagonistes du film de certaines situations délicates - à ce sujet, voir la séquence du stade où Kiba et sa cliente sont entourés de mafieux armés qui les tiennent en joug. Ellipse. Kiba et la jeune femme sont sortis du stade et courent... provoquant ainsi l’hilarité de la salle !

Comment ça j’abuse (comme dirait Emile Bola [1]) ?!...

...quant au jeu des acteurs du film... hmmm... Disons que Chiba est nickel, puisqu’il y fait ni plus ni moins que ce qu’il est censé faire. A ses côtés, la charmante Mari Atsumi - dont c’est l’avant-dernier film -, qui a pris un peu d’embonpoint depuis Gamera tai uchu kaijû Bairasu (1968) et Goyôkiba (1972) - surtout au niveau du cou ! (NdKuro : ...mais je suis abominable !) -, qui sur-joue... Quant aux autres, pour la plupart des vilains, ils parlent très forts et sont violents (à noter que l’un des trois frères psychopathes semble tout droit sorti de Hokuto no Ken meets Village People !). On peut toute fois noter les présences du grand Hideo Murota, ou du moins connu - mais excellent ! - Rikiya Yasuoka...

Bodigâdo Kiba est à prendre pour ce qu’il est, à savoir un film de Genre stylé, qu’il est nécessaire de prendre au quinzième degré ! Kiba est un personnage qui se fout éperdument des autres, et ne conçoit son métier que comme un moyen "facile" de gagner de l’argent, peu importe ce qu’il doit faire (il est même implicitement mêlé dans un trafic de drogue)... aucune morale ! Mais en même temps, c’est bon... alors je ne sais pas trop quoi vous dire finalement... disons que Bodigâdo Kiba est un petit chef-d’œuvre du bis, un film dont les - nombreux ! - défauts confèrent un aspect ultra-sympathique !

PS : un remake pour le marché du V-Cinema fut réalisé en 1993 par Takashi Miike.

Kuro | 3.09.2003 | Japon

Diffusé dans le cadre de l’hommage à Sonny Chiba de la onzième édition de l’Etrange Festival, Bodigâdo Kiba est disponible en DVD Zone 1 NTSC dans des packs "value" consacrés à Sonny Chiba.

Site Officiel de Shinichi "Sonny" Chiba: http://www.jjchiba.com/

[1Private joke avec moi-même !

aka Bodigaado Kiba - Bodyguard Kiba - The Bodyguard - Le Garde du Corps - The Bodyguard - Karate Kiba - Viva Chiba the Bodyguard | Japon | 1973 | Un film de Tatsuichi Takamori (Ryûichi Takamori) | D’après un manga de Ikki Kajiwara & Ken Nakagusuku | Avec Shinichi "Sonny" Chiba, Mari Atsumi, Tsunehiko Watase, Ryohei Uchida, Hideo Murota, Yayoi Watanabe, Rikiya Yasuoka, Rinichi Yamamoto, Saburô Date
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