Born to Fight

“I believe I can fight, I believe I can touch the sky...”

Deaw, jeune flic, et son coéquipier sont sur le point d’arrêter le Colonel Yang, redoutable trafiquant de drogue, quand ce dernier parvient à prendre la fuite. Malheureusement, lors de la course poursuite qui s’ensuit, le coéquipier de Deaw perd la vie. Afin d’oublier ce drame, Deaw décide d’accompagner sa jeune sœur, une championne de Taekwondo, ainsi que d’autres athlètes lors d’une mission caritative dans un petit village de Thaïlande. Mais alors que la fête bat son plein, des terroristes surgissent et prennent en otage tous les habitants du village. Leur objectif est simple : obtenir la libération du Colonel Yang. Lâchés par le gouvernement impuissant, Deaw et les autres athlètes ne peuvent maintenant compter que sur eux-mêmes afin de libérer le village du joug des terroristes...

Après Ong Bak l’année dernière, qui avait fortement impressionné le public et reçu le premier prix de la section « Action Asia », le festival du film asiatique de Deauville accueillait pour sa 7ème édition Born to Fight, nouvelle production made in Thaïlande dont le titre évocateur et les quelques images de la bande annonce entraperçues laissaient présager d’un nouveau choc cinématographique pour les amateurs d’action.

A la vision du film, force est de constater qu’il n’en est rien. Souffrant de nombreux défauts - scénario prétexte et convenu (mais ça on s’en serait douté), nationalisme exacerbé, réalisation sans envergure, musique techno omniprésente, énorme baisse de rythme aux 2/3 du métrage -, Born to Fight se révèle en définitif moins percutant que Ong Bak. Il faudrait cependant être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que Panna Rittikrai (par ailleurs scénariste et chorégraphe de Ong Bak) et son équipe se sont tout de même encore une fois surpassés pour nous en mettre plein la vue.

Délaissant (je vous rassure, en partie seulement) les coups de coude dans les gencives et autres gâteries du même genre, Panna Rittikrai a préféré centrer une grande partie du métrage sur des cascades hallucinantes, effectuées par des fous dangereux particulièrement inconscients. Autant dire que le résultat est des plus impressionnants. A commencer par la scène d’ouverture : un affrontement sur le toit d’un camion en marche, au cours duquel les combattants éjectés percutent en plein vol des voitures arrivant à contre sens, s’écrasent durement au sol, et manquent de peu de périr écrasés sous les roues du poids lourd.

Ce n’est toutefois qu’un avant goût au regard des affolantes quarante dernières minutes du film, véritable cocktail d’action ininterrompu et concept complètement barré. Ainsi les héros de Born to Fight ne sont plus des pratiquants de Muay Thai et autres arts martiaux, mais de véritables athlètes de haut niveau qui vont devoir affronter les terroristes grâce à leurs disciplines respectives. Une idée plutôt « casse-gueule », en particulier quand ces athlètes se révèlent footballeur, rugbyman, gymnaste, ou joueur de Sepak Takraw (du volley se jouant avec les pieds), pour un résultat à l’écran des plus délirants. On y voit ainsi le rugbyman charger ses adversaires comme à la mêlée, les gymnastes se servirent des décors comme des agrès pour éviter les coups ou en distribuer, le joueur de Sepak Takraw jongler avec une grenade avant de la renvoyer à son assaillant, ou encore le footballeur dégommer d’un magnifique shoot un soldat planqué en haut d’un mirador.

Assurément Panna Rittikrai ne connaît aucune limite pour dynamiter les codes du genre, et n’hésite pas à en rajouter dans la surenchère, à l’image de cette scène incroyable où au son de l’hymne thaïlandais, les villageois en captivité chargent les terroristes surarmés, ou de cette gamine et de cet unijambiste ( !!!) adeptes du Muay Thai.

Au final Born to Fight n’est certes pas un film inoubliable mais le spectacle à l’écran est tellement ENORME, qu’il serait bête de s’en priver.

Ca c’est bien vrai que c’est énorme !!! Mais alors pourquoi énorme et surtout pourquoi c’est à s’en dégoûter ?

Il faut concevoir une chose et surtout comprendre l’intérêt de ce genre de cinéma. Il est bien évidemment clair que l’intérêt cinématographique de Born to Fight est très limité. Insuffisance du scénario, mollesse de jeu de la part des acteurs, montage à peine moins cut que le meilleur des Michael Bay (encore à définir même si Bad Boys 2 récupère quelques suffrages dans la rédaction), incohérence des situations de manière générale, violence gratuite et inconscience des cascades... font de ce film un scandale filmé avec des moyens considérables. Pourtant Born to Fight éveille quelque chose, quelque part... en nous. Besoin de voir des dingos se livrer à des saltos en plein ciel, avec retombée sur l’arête d’un camion qui fait bien mal et ce malgré une répétition convenable à en juger par le générique de fin. Besoin flagrant de voir un handicapé humilié devenir un jongleur fou. Besoin de voir une enfant déjà orpheline de sa mère, être témoin de l’exécution sommaire de son père. Besoin, besoin, besoin... besoin !!

Manque de violence visuelle et ce malgré les médias mis à notre disposition de nos jours. Manque de femmes et enfants en pleurs et ce malgré les catastrophes naturelles qui nous entourent. Manque d’explosions en tous genres et d’incendie de bidonvilles déjà bien délabrés. Manque d’un Joseph Zito, quelque part aussi sans doute. Manque de patriotisme démesuré et perte d’identité nationale. Manque, manque, manque... manque !! Manques mêlés aux besoins et besoins mêlés aux manques. Dégoût et voyeurisme. L’homme le plus normal en est naturellement constitué. Quand au cinéphile c’est pour lui quasiment une nécessité. Pointer du doigt l’obscurité qui étouffe l’âme du pervers cinéphile est l’apanage de certains réalisateurs compréhensifs.

En fait, Born to Fight est à Ong Bak ce que Cannibal Ferox fut à Cannibal Holocaust. Je m’explique. Le film de Deodato était une étrange et surtout dérangeante avancée cinématographique dans le monde du bis/horreur. Devant un tel succès et de telles rentrées d’argent, bon nombre de productions visqueuses virent le jour. Mais il faudra attendre Umberto Lenzi et son féroce cannibalisme pour que le terme de surenchère visuelle prenne son sens plein. Les producteurs d’Ong Bak ont bien senti la demande du public pour ce type de prouesses violentes et de cascades inconscientes. Aussi, bien vite Born to Fight arrive sur nos écrans et rajoute une épaisse couche de vilaines chutes, de projections contre des troncs d’arbre et au travers de palissades en flamme, de fracassage de crâne, de coups de tatanes bien placés au niveau des vertèbres... Plus gluant, plus taré, plus violent, plus, plus, plus. Born to Fight c’est plus qu’Ong Bak et aussi inintéressant.

Réalisé (je le répète) par le chorégraphe d’Ong Bak et interprété (je le répète aussi) par de véritables athlètes locaux, Born to Fight est à se dégoûter mais est aussi à savourer, ce qui est en soi assez énOOrme !!

Présenté au cours de la 7ème édition du Festival du film asiatique de Deauville, Born to Fight devrait sortir prochainement en salles en France et est disponible en DVD thaïlandais, sans sous-titres.

2004 | Thaïlande | Un film de Panna Rittikrai | Avec Dan Chupppong, Nopol Gomarachun, Suntisuk Phromsiri, Piyapong Piw-on, Somrak Kumsing, Nantawat Wongwanichsil, Rattanaporn Khemtong, Kesarin Ekatawatkul, Amorntep Waewsaeng, Suebsak Phunsueb, Sasisa Jindamanee
Désir meurtrier
Mon deuxième frère
The Tenants Downstairs
Headshot
Désirs volés
The Bodyguard
Psychic School Wars
Ishii Katsuhito
Red to Kill
Kiken wo Kau Otoko
Tetsuaki Matsue
Christmas in August
No Manners
Marriage is a Crazy Thing
La Pègre
119
119
Bandhobi
Jade Goddess of Mercy
Hostel
Le Fossé
Love Undercover 2 : Love Mission
Violent Cop
God’s Puzzle
Filatures
From The Queen To The Chief Executive
Amber Heard
Sex is no laughing matter
Partho Sen Gupta
Beautiful Dreamer
The Choice of Hercules