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Hors-Asie

Casino Royale

USA | 2006 | Un film de Martin Campbell | Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini, Caterina Murino, Simon Abkarian, Isaach de Bankolé, Jesper Christensen









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Nouvellement promu double zéro, James Bond est confronté au tout puissant financier d’une organisation terroriste...

Soyons francs. Les personnes qui me connaissent savent que ma critique d’un James Bond ne peut être objective. Je suis un passionné et, n’en déplaise à Akatomy, très certainement un vrai fan. Ce « disclaimer » posé, tu auras compris, lecteur, qu’il ne t’est d’aucune aide de savoir le pied que j’ai pris devant ce film, génial. Essayons donc de trouver un angle d’attaque différent, qui puisse satisfaire ta curiosité.

Est-il encore possible d’être surpris par un Bond ? Si le succès public ne s’est jamais démenti, force est de constater que la série s’est, au fil du temps, complut dans une routine confortable. Les ingrédients étaient là dans les bonnes proportions, la formule était respectée mais les films, bien que plaisants (le bondien en moi s’efforce de garder la tête froide), manquaient d’une touche de fantaisie, cette petite déviation qui transforme une bonne recette en classique. Martin Campbell, Daniel Craig et toute la troupe 007 ont réussi leur coup ! Même un vieux fan comme moi en est resté baba : le film nous rappelle tout simplement ce qu’était, et doit être, Bond au cinéma.

C’est dit. Casino Royale est le meilleur James Bond depuis Bons Baisers de Russie en 1963. La principale raison en est, ironiquement, son manque d’originalité. Le film est en effet étonnamment fidèle au livre éponyme de Ian Fleming, pourtant daté de 1952. On y retrouve ainsi, par la force des choses, l’agent secret des débuts, d’un extérieur plus dur et sauvage mais également plus torturé et fragile à l’intérieur. Daniel Craig va même plus loin que Sean Connery dans son interprétation, froid et calculateur (ça nous manquait) mais au final si humain : James Bond existe, on l’avait oublié. Oh bien sûr, il ne vit pas dans le même monde que nous, il parcourt toujours les plus beaux endroits du globe, conduit des voitures sublimes et attire les plus belles femmes. Mais il devient réel, grâce à un acteur magistral qui n’a besoin que de quelques minutes d’écran pour balayer nos doutes (James Bond est blond ?) et asseoir avec aplomb, pour longtemps j’espère, son personnage.

Le reste du casting est lui aussi à la hauteur, avec une mention spéciale pour une Eva Green radieuse et, contrairement aux « Girls » précédentes, subtile. Une réelle alchimie semble exister entre les deux acteurs, donnant à leur histoire d’amour un naturel habituellement absent. La qualité des dialogues entre les personnages et le scénario de manière générale, plus ancré dans la réalité, contribuent aussi à la force du film. Merci Mr. Fleming ! Il n’est pas question ici de sauver le monde, nul besoin de gadgets sophistiqués, « back to the roots » ! Un retour aux sources parfaitement orchestré puisque le film s’inscrit dans une continuité déjà connue du spectateur (à la Star Wars), prétexte aux situations amusantes et aux parodies (mais qu’est-ce qu’une parodie de parodie ?). C’est la vraie réussite du film. Basé sur une histoire « originale » du créateur de James Bond mais moins profondément ancré dans l’univers cinématographique 007, le film répond à la fois aux attentes des afficionados (des films, mais surtout des livres), d’un nouveau public et, tour de force suprême, de celles des désenchantés et nostalgiques de la période Connery. Ce va-et-vient entre époques est particulièrement visible dans l’alternance astucieuse du noir-et-blanc (ou équivalent, fort contraste - peu de lumière) et de la couleur. Bond et son regard de félin sont le véritable fil conducteur, dans le sombre comme dans la lumière, d’une histoire à la fois surannée (le duel aux cartes, la scène de torture, la confrontation entre espions) et contemporaine.

Il est indéniable que Sony et EON ont trouvé l’homme de la situation en la personne de Daniel Craig, et visiblement l’équipe Bond a encore des idées. Il reste à espérer que tout ce petit monde saura trouver son chemin sans l’aide bienveillante de Ian Fleming dont l’influence sera vraisemblablement absente du prochain opus. « James Bond will return », mais en attendant, profitons de ce Casino « royal » qui, je vous le dis objectivement, mérite une deuxième vision !

~ Aka6T, 23.11.2006
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Casino Royale est sorti sur les écrans français le 22 novembre 2006.

Aka6T
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