China Strike Force

Y’a pas, dans le terrain du blockbuster d’action bourré de défauts mais vraiment sympa, les hong-kongais sont vraiment très forts... Gen-X Cops et sa suite (que je dois être le seul à trouver supérieure) Gen-Y Cops, Purple Storm et bien sûr tous les derniers Jackie Chan HK, autant de films qui n’en sont pas vraiment (euh, bon d’accord, Purple Storm mérite mieux) mais qui ont au moins le mérite d’en mettre vraiment plein les mirettes...

Stanley Tong est loin d’être étranger à la formule. N’est-ce pas à son très "eighties" Rumble in the Bronx que l’on doit le succès américain de Jackie Chan ? D’ailleurs, le tandem Aaron Kwok/Stanley Tong semble tenter d’assurer une certaine relève au Jackie annuel des fêtes chinoises du nouvel an avec ce China Strike Force qui va jusqu’à reprendre le principe des cascades ratées (aïe, le pauvre motocycliste...) en guise de générique de fin. L’histoire ? Je dirais presque qu’on s’en moque complètement, mais bon, je vais faire l’effort de résumer quand même...

China Strike Force parle, à sa façon, de l’intégration des américains à Hong-Kong. C’est vrai ça, on n’arrête pas de parler de tous ces acteurs de l’ex-colonie qui s’exportent aux US, mais dans l’autre sens, qu’en est-il exactement ? Et bien ce n’est pas dur, les américains, représentés par Coolio et Mark Dacascos, tentent d’introduire la Chine au négoce de la plus grande liquidité de notre époque - à savoir la drogue. Vont s’opposer à eux Darren et Alex (respectivement, Aaron Kwok et Lee-Hom Wang) deux jeunes recrues de la police chinoise spécialisées dans les interventions musclées, et Norika (Norika Fujiwara), membre japonais d’Interpol "undercover"...

Bon allez, autant le dire tout de suite, le seul intérêt du film réside dans ses (nombreuses) scènes d’action, plutôt grandioses. Ca commence par un entraînement anti-terroriste bourrin à souhait pour enchaîner sur une course poursuite hallucinante, à pied, en moto, en Lamborghini et en formule 3000. Après, il y a comme qui dirait un gros vide, avec une demi-heure de développement de persos inutile, prévisible et souvent ridicule, le tout soutenu par une bande-son pathétique. Et puis il y a la fin, que je ne décrirais pas pour préserver la surprise, mais qui constitue une des scènes d’action les plus originales que j’aie vu depuis longtemps, même à Hong-Kong.

En gros, China Strike Force est un film excessif, dans tous ses aspects, bons et mauvais, alors je vais me livrer ici aux "China Strike Force Awards", ca parlera plus qu’une analyse inutile de la réalisation...

Palme des meilleurs combats : celle-ci revient indéniablement à Aaron Kwok, qui prouve vraiment qu’il est devenu THE Action Star (désolé Jean-Claude) du moment : beau, athlétique, chanteur à succès... le jeune homme cartonne grave, il faut bien l’avouer. Il est suivi de près par Norika Fujiwara qui enchaîne quelque coups surprenants et, bien sûr par Mark Dacascos, mais là c’est sans surprises. Un point quand même pour Coolio qui bouge mieux qu’il ne débite ses dialogues. Ce qui nous amène à la...

Palme du plus mauvais acteur, du plus mauvais gags récurrent et des pires blagues racistes : Coolio (qui incarne ici un personnage portant son nom, bravo les scénaristes !) met tout le monde KO sur ce coup là. Aussi expressif qu’un baril de lessive défoncé, vulgaire à souhait, il insulte à tour de bras les français, les chinois, les espagnols, les portugais... tout le monde y passe, et Taxi 2 est bien battu ! Quant à son "I could really get used to this shit" récurrent, ça se passe de commentaires. Quelque part, ça calme et ça force le respect en même temps...

Palme de la garde-robe la plus funky et du décolleté constant et inopportun : Norika Fujiwara, sans prétendants (il faut dire aussi qu’il n’y a que deux rôles féminins dans le film). Ca va de la robe transparente à l’emballage de bonbons fendu jusqu’au nombril, en passant par la tenue intégrale en pvc noir et la jupe ras-la-moule. Et en plus elle est charmante ! Merci à elle.

Palme du bad-guy le plus méchant : Mark et Coolio se tirent un peu la bourre, dans ce domaine-là. Marc se paye une femme et son enfant (dans des conditions bien glauques) en plein générique, et Coolio descend deux hommes désarmés à bout portant, histoire de pouvoir faire la morale à Aaron Kwok.

Quelque chose à ajouter ? Je ne crois pas. China Strike Force, grâce à tous ces talents cumulés, est un film bien con et bien bueno, et puis c’est tout !

Akatomy | 21.07.2001 | Hong Kong

Le film est disponible en VCD et en DVD. Ce dernier est édité par Deltamac, qui ont fait un travail un peu supérieur à celui fourni sur Martial Angels... enfin, au moins au niveau du son : là on a carrément droit au DTS et au 5.1 (très bien foutu), aussi bien en cantonnais qu’en mandarin.
L’image passe, comme le film, de très bon au scandaleux. Encore une fois, incroyable sur un film aussi récent !!! Les sous-titres anglais sont plutôt aberrants (même quand les acteurs parlent anglais, ils n’ont rien à voir).
Il y a des suppléments, mais vu que le DVD ne marche pas très bien sur la grande majorité des platines, je n’ai pas pu y accéder ! No comment sur la qualité globale du produit...

Accessoirement, le film sortira, normalement, sur les (grands) écrans français au mois d’août !

Hong Kong | 2000 | Un film de Stanley Tong | Avec Aaron Kwok, Norika Fujiwara, Coolio, Mark Dacascos, Lee-Hom Wang, Ruby Lin, Paul Chiang
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