Confessions

Yuko Moriguchi annonce à ses élèves de collège surpris, qu’elle va les quitter dans un mois. Mais elle les surprend plus encore lorsqu’elle leur révèle d’une voix toujours aussi posée et régulière que sa fille de quatre ans a été assassinée par deux des membres de sa classe. Elle a donc décidé de leur offrir à tous un cadeau vraiment empoisonné. Deux des cartons de lait qu’ils consommaient au début de son speech ont été enrichis de sang contaminé par le virus du sida, maladie dont est mort son mari. Yuko a ainsi enclenché une machine infernale.

Mais la véritable machine infernale est la société japonaise, surtout pour les femmes, semble nous dire le réalisateur. Mis à part sous la forme de traces, aucun père n’est présent à l’écran. Plus qu’un film sur la violence juvénile, Confessions traite du sort réservé aux femmes au sein de la société japonaise. Déjà dans Kamikaze Girls et Les mémoires de Matsuko, Tetsuya Nakashima avait mis les femmes au centre de son travail. Dans son dernier long-métrage, il s’intéresse plus particulièrement aux conséquences que les contraintes sociales pesant sur elles peuvent avoir sur leurs enfants. Des deux adolescents au centre du film, l’un est abandonné par sa mère biologique et tente de se faire remarquer. Le second est considéré comme un petit dieu par la sienne. Non ; même mise devant l’évidence, sa mère jugera impossible que son bambin ait pu faire le moindre mal. Quand elle comprendra son erreur, il sera trop tard.

Malgré ce que les prémices auraient pu laisser craindre, le réalisateur ne tombe pas dans le piège de la surenchère macabre. Entendez-moi, ce film n’est pas à conseiller à tous les publics, mais il n’y a pas de massacre généralisé. Sa vengeance sera finalement plus emberlificotée que prévu, et donc pas des plus crédibles. Mais elle a le mérite d’être plus subtile que l’on aurait pu le croire. Yuko Moriguchi se sert des faiblesses de ses élèves, qui expliquent également pourquoi ils ont commis un tel acte. Surtout que le motif évoqué pour accomplir sa vengeance - mineurs, les coupables n’auraient pas été punis - faisait craindre des relents nauséabonds.

Je suis sorti de la vision de ce film avec les neurones surchargés par la prolifération de trucs de réalisation : ralentis, pluie filmée en gros plan, photo ultra-léchée... Là où ils participaient à la création d’un univers dans Kamikaze Girls, ils sont ici bien encombrants. Je ne suis pourtant pas de ceux qui honnissent le formalisme et ne jurent que par la chronique réaliste. Mais dans le cas de Confessions, le trop est l’ennemi du bien.

Dans le même ordre d’idée, la multiplication des points de vue contribue à alourdir l’ensemble. Les principaux protagonistes du film racontent leurs confessions, ajoutant des détails cruciaux à des scènes dont nous avons déjà été le témoin, et parfois à plusieurs reprises…

D’où mes interrogations face aux critiques dithyrambiques auxquelles le film à eu droit.

Confessions a été diffusé dans le cadre de la 17 édition de L’Étrange festival (2011).

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