Dance with the Wind

Faire un film sur la danse sans, de nos jours, tomber dans une extravagance à la Baz Luhrmann devient de plus en plus ardu. En effet, beaucoup de réalisateurs oublient que la simplicité peut être une bonne alliée. Résultat des courses, ils nous noient sous un déluge de couleurs et de mouvements de caméras qui filerait la gerbe à un cadavre. Parfois le public adore ce genre de maltraitance, parfois il régurgite violemment ce qu’on lui offre en pâture. Dance with the Wind n’est pas, heureusement, le genre de produit que l’on vomit à la fin de l’ingestion. Loin de là.

Prendre comme personnage principal un loser a toujours un avantage dans un film. Quoi qu’il arrive il ne peut pas aller plus bas, et seule la progression se profile à l’horizon pour lui. Ouverture d’esprit et découverte de soi sont même plutôt les mots qui viennent à l’esprit quand on pense au parcours du héros de Dance with the Wind. Il est vrai que le quotidien de ce dernier n’a rien de glorieux : une vie de merde, un job de merde et une femme qui passe son temps à l’insulter car il ne fait rien en rentrant. Vient alors pour lui la révélation du film, sa rencontre avec une ancienne connaissance devenue ni plus ni moins qu’un gigolo, séduisant les femmes grâce à la danse. Révélation christique pour le personnage principal, la danse peut devenir sa porte de sortie face à l’ennui profond de son existence. Certes à partir de ce moment on peut se dire que ce pitch de départ est assez con, et que bien vite nous allons tomber dans les grosses vagues de sirop qu’un mélo peut draîner avec lui. Eh bien pas du tout.

L’une des raisons majeures est déjà la caractérisation du personnage. Le réalisateur, Park Jeong-woo, ne cherche pas du tout à le rendre angélique. La danse a donné à ce personnage ce bonheur qui lui manquait dans la vie, mais pour cela il s’est lui-même perverti en route. Il est devenu ce qu’il se jurait de ne jamais être : un gigolo. Ce qui le différencie des autres est que, par le biais de la danse, il pense donner aux femmes un bonheur identique a celui qu’il prend en dansant. L’argent est un bonus qu’il prend malgré tout mais il n’est jamais le moteur de ses actions. Au travers de ses différentes conquêtes et de ce qu’il offre à ces femmes, ce n’est que grâce à la danse que le héros se découvre lui-même et se positionne comme une sorte d’altruiste dansant. La dénomination a de quoi surprendre mais ce portrait est ici dressé avec une telle finesse, que l’on ne peut que tomber sous le charme.

Même la pseudo histoire d’amour entre la femme flic à la poursuite du héros-gigolo et ce dernier prend une tournure non conventionnelle. Il l’aide à se découvrir elle-même au travers de la danse. Il donne une chance aux autres de comprendre ce que la danse peut amener dans leur vie. Loin d’être un mélo où l’on sombre dans le pathos, Dance with the Wind est plein de petits moments débordants d’humour. La quête du héros pour découvrir de nouveaux professeurs de danse en est sans doute le meilleur exemple. Inventif et sensible, ce film a tout pour faire tomber quiconque sous son charme. Loin de l’exhubérance d’un Baz Luhrmann, les numéros de danse, nombreux dans le film, sont mis en scène avec une élégance peu commune. Véritable petit moment de bonheur, Dance with the Wind est le genre de bonne surprise à côté desquelles on passe trop souvent.

Marcus Burnett | 29.08.2005 | Corée du Sud

Dance with the Wind est disponible en DVD coréen, sous-titré en anglais, chez Woo Sung / Cinema Service.

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