Dangerous Duty

C’est fou les films sur lesquels on peut mettre la main quand on explore le fond d’une vidéothèque. Quantité de Cat III inavouables, d’achats motivés uniquement par la présence de tel ou telle acteur ou actrice au générique, sans même connaître l’importance ou la validité de sa participation à un film. Dangerous Duty est de ceux là. Petit film quasiment inconnu datant de 1996, sa sélection tient à son appartenance à la filmographie goûtue de Diana Pang Dan (le très malade The Imp), autrement plus connue sous le surnom de Mystical Breasts. Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris pourquoi on ne l’appelle pas tout simplement Mystical Figure - car elle le vaut bien ! -, mais ceci est certainement un autre problème. Encore que... serais-je en train de réduire un film à son plus simple aspect, visuel et racoleur ?

Dangerous Duty narre les péripéties de trois flics qui se retrouvent asignés à une mission particulièrement dangereuse (nous y revenons de suite, pas de panique). A l’origine les trois flics sont deux, et constituent la terreur de leur section : la PWU (Protection Witness Unit ?) qui, comme son nom l’indique (ou pas, d’ailleurs), est spécialisée dans la protection de témoins à charge. Une unité encore jeune, lancée par la police HK pour encourager les gens à dénoncer les criminels qui font pression sur eux, et qui fait même de la pub à la télévision ! Nos deux loulous se voient rejoints par un troisième maverick, qui va les assister dans leur nouvelle assignation : protéger la secrétaire d’un traffiquant de cigarettes, prête à rejoindre le programme de la PWU. Seulement voilà : cette secrétaire n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit d’une véritable chipie (voilà que je deviens poli), incarnée par Pang Dan. Comme si le caractère de la jeune femme n’était pas une assez grande menace en soi pour les trois garants de sa sécurité, l’ancien patron et truand envoie à leurs trousses un certain Léon - euh pardon Elvis Tsui Kam-Kong -, tueur silencieux aux méthodes imparables...

Pris au premier degré, il ne serait pas hâtif de classer Dangerous Duty dans la catégorie des gros vilains navets. Seulement voilà : il est absolument impossible de prendre Dangerous Duty au premier degré, ni même au second ! Car aussi bien les scénaristes que Pang Dan veillent au grain pour transcender la platitude apparente de l’ensemble...
Au risque de garder le meilleur pour la fin, laissons pour l’instant Pang Dan de côté, et jetons un coup d’oeil au film dans sa globalité. La trame en elle-même est minable, particulièrement mal rythmée, et d’autant plus ennuyeuse que l’ensemble s’est affranchi de l’étape de post-production et ne peut compter pour ainsi dire sur l’appui d’aucun bruitage, et pas beaucoup plus de musique. Les trois acteurs principaux sont de belles endives (la coupe de cheveux du héros - Max Mok - tient de la quintessence endivesque), et leur jeu est tout aussi végétal. Heureusement, pour redorer le blason de la gente masculine, il y a Tsui Kam-Kong - qui apparaît au bout de quelque temps déguisé en Léon, plante verte à l’appui. Celle-ci est cependant rapidement évincée, et Tsui peut sortir la plus belle invention du film : son "tracker". Un petit appareil merveilleux qui lui permet de localiser ses mouchards électroniques, à l’aide d’un système de repérage que n’auraient pas renier Magellan et Colomb, puisque les quatre points cardinaux sont figés sur le boitier, autour de l’écran de contrôle !

Quel est l’intérêt de Dangerous Duty alors, si ce n’est ses défauts exacerbés ? Et bien Mystical Breasts, justement ! Dés sa première apparition (au moins cinq minutes à l’écran pour croiser et décroiser les jambes, mettre en valeur ses diverses formes et se la jouer provocatrice), Pang Dan se taille la part du lion à l’écran avec une volonté d’autodérision qui fait chaud au coeur. Certes, l’essentiel est bien là puisque la demoiselle joue violemment de sa plastique (quoiqu’en restant comme toujours très pudique), mais avec une telle exagération que la véritable orientation potache du film devient évidente. Vous ne me croyez pas ? Vous changerez certainement d’avis en voyant Pang Dan lécher son assiette ; ou encore danser non pas pour ses camarades d’infortune mais pour la caméra dans une scène interminable, le tout enlevé par une musique insupportable !

Dangerous Duty ne vole donc pas très haut et constitue sur papier un projet relativement dispensable. La prestation de Pang Dan donne cependant à l’ensemble un caractère parodique du meilleur effet, et l’achat très subjectif de ce VCD de dixième zone se voit donc parfaitement légitimé. D’autant que, la plupart du temps, la réalisation du film est presque correcte ! Les Breasts de Pang Dan auraient-ils vraiment quelque chose de Mystical ? Une rétrospective plus poussée de l’ensemble de son "oeuvre" s’impose pour confirmer ou infirmer cette théorie je l’avoue, quelque peu rocambolesque... mais toutes les excuses sont bonnes pour se faire plaisir, non ?

Akatomy | 31.01.2003 | Hong Kong

Disponible en VCD HK chez Mei Ah. La copie est correcte mais les sous-titres sont souvent illisibles car partiellement transparents... mais si c’est de la lecture que vous recherchez, je connais plein de bons bouquins !

Hong Kong | 1996 | Un film de Tong Wai Shing | Avec Max Mok Siu-Chung, Diana Pang Dan, Peter Yung Kam-Cheung, Elvis Tsui Kam-Kong
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