Depuis qu’Otar est parti

Cannes 2003 par Lester D. Shapp - Le vainqueur de la Semaine Internationale de la Critique

Attention SPOILERS !

Encore un premier film (évidemment, puisque le principe de la Semaine de la Critique est de ne sélectionner que des premiers films) de qualité. Julie Bertuccelli, assistante réalisatrice de Otar Iosseliani (tiens, tiens, comme c’est bizarre, ce titre), nous raconte l’histoire de trois générations de femmes de la même famille (grand-mère, mère et fille) en Géorgie. Le film tourne autour d’Otar, fils, frère et oncle respectif des trois femmes, parti vivre en France et qui donne, en français, des nouvelles par lettre ou par téléphone. Jusqu’au jour où elles restent sans nouvelles depuis plusieurs semaines...

Un jour où la grand-mère est partie, elles reçoivent la visite d’un ami d’Otar, qui habite, comme lui, à Paris. Il leur apprend la mort d’Otar, qui, bien qu’il ait apparemment fait des études de médecine, travaillait, en toute illégalité, sur un chantier, et qui est tombé d’un échafaudage. Les deux femmes décident qu’il faut protéger la grand-mère, et Ada, la petite-fille, se met à écrire les lettres que son oncle n’écrira plus jamais. La situation financière de la famille se dégrade et on doit avoir recours au système D pour vivre. De petits objets sont vendus, mais la collection de livres français est préservée à tout prix. Aussi, c’est avec stupeur que, de retour d’une semaine de vacances, mère et fille constatent que la bibliothèque chérie est vide. La grand-mère s’en est séparée... pour leur acheter des billets pour la France, où elle compte retrouver son fils. Elle apprendra pourtant, en cherchant à lui rendre visite à son adresse tandis que sa fille et sa petite-fille s’occupent des détails de l’inhumation, son décès plusieurs mois auparavant. Et inventera son départ imaginaire pour les Etats-Unis... pour protéger sa fille et sa petite-fille.

Je n’ai pas pu m’empêcher de raconter en entier cette jolie histoire, qui a su plaire aux critiques internationaux présents au Festival de Cannes cette année. Il faut dire que les actrices étaient excellentes, la photographie magnifique et la réalisation, classique sans être pompeusement académique, agréable. Autant d’ingrédients qui, vous le verrez lors de la sortie du film en salles, permettent de passer un excellent moment.

Depuis qu’Otar est parti devrait sortir prochaînement sur les écrans français.

Belgique / France | 2002 | Un film de Julie Bertucelli | Avec Esther Gorintin, Nino Khomassouridze, Dinara Droukarova
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