Des serpents dans l’avion

Il paraît que les studios hollywoodiens sont en panne d’inspiration ; enchaînant sans vergogne remakes et adaptations, tournés avec force billets verts pour une floppée de spectateurs supposés acquis à la cause de tel roman ou telle série dépoussiérée. D’aucuns, dans cet effort de faire du neuf avec du vieux, maquillent tant bien que mal les lacunes scénaristiques des trames originelles au profit d’une vraisemblance relative, souvent saupoudrée de principes scientifiques à faire hurler Infos du monde... et puis d’autres, comme David R. Ellis, s’en moquent, se positionnent en marge, dans un retour aux sources du cinéma. Il fut un temps en effet, où les titres décrivaient explicitement l’action développée dans les quelques bobines qui constituaient un film : un Voyage dans la lune, une Grande attaque du train d’or et que ne me souviens-je encore... et si le renouveau du cinéma américain - ou au moins de ses comptes en banque - se situait non pas dans une complexité mystérieuse, genre « venez percez mes mystères » (franchement, à titre d’exemple et sans douter de la qualité du film, que veut dire "A Scanner Darkly" ?), mais plutôt dans une simplicité honnête, désarmante et sans la moindre velléité de plausibilité ? Et si on mettait simplement... des serpents dans un avion ?

Tout est dans le titre. Le scénario concocté par John Heffernan et Sebastian Guttierez - auteur-réalisateur à qui l’on doit d’avoir su garder Carla Gugino sur le devant de la scène dans l’excellent Judas Kiss, après le départ de la belle du plateau de Spin City, - se sont penchés sur un exercice de simplicité éhontée, mi-creature feature, mi-film catastrophe et mi-Die Hard - damnède, ça fait trois moitiés - et 100% décérébré. Avec pour seule ligne de conduite d’épuiser leur concept sans jamais en sortir, de ne pas se prendre au sérieux, d’abuser de clichés old-school, de placer à tout prix un boa constricteur quelque part, et de contenir leur climax dans une déclaration mémorable...

Enough is enough ! I have had it with these motherfucking snakes on this motherfucking plane ! We’re about to open some fucking windows...

Samuel L. Jackson, comme d’habitude affublé d’un prénom hors-norme - Neville - est un agent du FBI, un dur, un homme, un vrai, décidé à faire tomber un bad guy notoire, mafieux brutal façon Al Capone loves baseball. C’est pourquoi il prend sur lui de convaincre Sean Jones, surfeur bas de plafond, de devenir témoin à charge, puisqu’il a effectivement vu le mafieux jouer à la piñata humaine avec un procureur en vacances à Hawaï. Mais le mafieux a lui aussi vu Sean... C’est pourquoi il décide de mettre des serpents venimeux du monde entier, qui plus est dopés aux phéromones, dans l’Avion des Stéréotypes réquisitionné par Neville pour emmener Sean au tribunal en Californie. Car tout le monde sait qu’il s’agit là du choix évident en cas de dernier recours. Non ? Ah bon. C’est pas grave : un tube de quelques mètres de large, plein de passagers ridicules et des centaines de serpents, c’est un cocktail qui se passe aisément de justifications. Party time...

Comment critiquer ce qui n’est pas critiquable ? Des serpents dans l’avion est un film qui parle de serpents dans un avion. Pour ce faire bien sûr, il se la joue un peu Ultime décision version Anaconda mais, grosso merdo, on reste fidèle à ces quelques mots de bout en bout. Avec en plus un casting sympa - même si Nathan Phillips était plus intéressant dans Wolf Creek -, des personnages marrants et un quota de membres dévorés qui renvoie au Slugs de Juan Piquer Simon et ses limaces qui envahissaient tous les orifices humains, si vous voyez ce que je veux dire... Un blockbuster qui n’est est pas un puisque le film d’Ellis (Destination finale 2) casse un peu de tout mais pas vraiment des briques. Par contre, il apporte de la joie, de la bonne humeur, et beaucoup de plaisir dans son entreprise simple et dans son unique promesse, éponyme et tenue, d’offrir le fuselage d’un avion commercial à des reptiles dévastateurs. Vivement la suite... Des araignées dans l’autobus ? Des alligators dans le sous-marin ? D’ici là... restez simples !

Akatomy | 17.09.2006 | Hors-Asie

Des serpents dans l’avion est sorti sur les écrans français le 30 août 2006. Torrente Wong... dois-je préciser que j’aurais adoré voir ce film avec toi ?

aka Snakes on a Plane | USA | 2006 | Un film de David R. Ellis | Avec Samuel L. Jackson, Julianna Margulies, Nathan Phillips, Rachel Blanchard, Flex Alexander,
Kenan Thompson, Keith Dallas, Lin Shaye, Bruce James, Sunny Mabrey, Elsa Pataky
Solo, Solitude
Désir meurtrier
Mon deuxième frère
The Tenants Downstairs
Headshot
Désirs volés
Yu Lik Wai
Tsumugi
Symbol
Judgement
Naoki Hashimoto, Sayoko Oho & Miyu Yagyu
The 33D Invader
Donnie Darko
Phantom Call
Stupeur et Tremblements
Next Door
Snowpiercer
Reeker
Perfect Education 6
Talk to Her
Survive Style 5+
Death Bell
Joshuu Sasori Kemonobeya
Wong Kar Wai, première partie
Shanghai Grand
XX : Beautiful Weapon + XX : Beautiful Victim
Hiruko the Goblin
MirrorMask
Réflexions
Way of Blue Sky