Dream Maker

Aimer la JPOP à outrance entraîne certains sacrifices ; ainsi se sent-on parfois obligé de pousser le vice jusqu’à voir chacun des films dans lesquels tel ou tel groupe ou artiste fait ne serait-ce qu’un simple cameo. Ca tient de l’idolatrie, certes - mais n’est-ce pas là la base même du star-system à la japonaise, qui regroupe bon nombre de ses héroïnes modernes sous le nom d’ "idoles" ? Quand en plus les artistes en question parviennent à s’entourer d’une équipe renommée pour augmenter leur pouvoir de marketing, je suis toujours prêt à sauter à pieds joints dans le piège ; c’est le cas par exemple de la rencontre Speed / Da Pump orchestrée par Takashi Miike pour les besoins du fort agréable Andromedia.
Parmi les artistes qui ont eu l’honneur du grand ou du petit écran, nous pouvons citer MAX (Ladies MAX et Give Me a Shake), Namie Amuro (That’s Cunning ! Shijo Saida no Sakusen ? - cf. article), Ayumi Hamasaki (Symomo mo momo, Ladies Ladies !! Soucho Saigo no hi), Malice Mizer (Bridal of Rose) ou encore Morning Musume (Pinch Runner, Morning Deka) et j’en passe... mais revenons à l’association Speed / Da Pump, car c’est la réunion de membres de ces deux groupes - en l’occurrence Takako Uehara chez les filles et Issa Hentona chez les garçons - qui a motivié l’acquisition (certainement déraisonnable) de Dream Maker...

Dream Maker nous expose la jeunesse d’un certain Masato (Issa Hentona), quelque part au cours des années 80. Passionné de musique au point d’avoir équipé sa moto de quatre enceintes, Masato tombe un jour sur un petit magasin de disques, le Magic Lantern. Cherchant un vendeur pour lui poser une question, il descend dans la réserve et découvre un trésor inestimable - et d’ailleurs, en l’état, parfaitement inestimé - sous la forme de nombreux cartons de vinyls, et rencontre par la même occasion Miki (Takako Uehara). Dés lors, Masato fait des pieds et des mains pour se faire embaucher par le patron du Magic Lantern, non seulement persuadé de pouvoir l’aider à survivre à l’arrivée d’un "megastore" de l’autre côté de la rue, mais aussi désireux de promouvoir toutes ces merveilles inconnues en provenance de l’étranger, qui prennent la poussière au sous-sol.
Après une journée d’essai au cours de laquelle Masato se révèle être un vendeur passionné, Miki parvient à convaincre son boss d’embaucher son nouvel ami. Soutenu par la jeune femme, Masato se lance dans une tâche qui va changer sa vie - et bien plus encore...

Avouez que la fin de ce résumé laisse perplexe quant au potentiel de changement d’une simple boutique de disque... c’est parce que vous n’avez aucune idée de qui se cache réellement derrière le personnage interprété par Issa ! Car ce "Masato" n’est autre que Masato Matsuura, patron de la plus grosse maison de disques du Japon - j’ai nommé : Avex Trax.
Et oui ! Sous une forme certainement remaniée et romancée, Dream Maker est l’histoire vraie d’un jeune homme avec une oreille toute particulière, qui a réussi à changer le visage de l’industrie musicale nippone, rien que ça ! Car Avex, vous le savez certainement, est LE label japonais : Ayumi, Namie Amuro, Speed, hitomi, Nanase Aikawa... autant de noms qui figurent parmi la très longue liste des protégés de Avex Trax. N’oublions pas non plus MAX, qui tire son nom du surnom de Masato Matsuura, producteur du groupe (auparavant connu comme les Super Monkeys) après le départ en solo de Namie Amuro...

Mais revenons au film lui-même ; Dream Maker est un gigantesque flash-back au cours duquel Masato, "parvenu", revient sur les évènements qui l’ont amené à la tête d’Avex. Le lien apparaît tout d’abord comme très diffus, et pour cause : pendant 90% du film, nous vivons une comédie mélodramatique plus qu’une authentique success story, et il faudra attendre les dix dernières minutes pour saisir l’ampleur de la réussite de Masato. Bien que le film trompe un peu nos attentes en ce qui concerne les détails de la naissance d’Avex (1988), il est cependant loin d’être ennuyeux - et encore plus loin d’être mauvais, contrairement à ce que j’avais pu lire de-ci de-là. Car si quelques scènes seulement - comme celle où Masato est confronté aux bikers en Harley (qui le punissent à cause de sa moto nippone), ou encore les quelques instants qu’il partage réellement avec Takako Uehara - sont vraiment excellentes, Dream Maker tient globalement parfaitement la route.

Très léger dans son approche - peut-être aussi à cause des capacités limitées de ses acteurs ? - Dream Maker tire parfois un peu sur la corde du mélo, mais l’ensemble est suffisament enlevé et - mystérieusement - sincère pour que le spectateur adhère sans réfléchir. La scène cruciale du film, impliquant la maladie de Miki (je ne peux pas tout vous révéler, non plus !) en parallèle d’une soirée pour le moins réussie au Magic Lantern - au cours de laquelle Masato parvient à faire danser les gens jusque dans la rue - est vraiment réussie, et traduit un véritable amour de la musique (une scène qui aurait par exemple beaucoup aidé un film comme Emergency Act 19, mais c’est une autre histoire). En plus, vous avez même droit à des scènes de danse impliquant Takako et Issa (qui bouge comme s’il faisait semblant de tomber, c’est génial !), ou encore d’autres membres des Da Pump en plein smurf ! Et même une visite de Eriko Imai au Magic Lantern !

Si l’on aurait aimé voir la naissance d’Avex un peu plus explicitée, Dream Maker n’en est pas moins un petit mélo bien huilé - jouant par ailleurs habilement de sa bande-son eighties, tellement abusée qu’elle en devient désarmante et parvient paradoxalement à jouer en faveur de l’ensemble !
Non, vraiment, Dream Maker est un bon film, simplement et contre toute attente.
J’allais oublier : vive Takako, vive Issa, vive Speed et vive Da Pump ! Allez, je vous laisse, il faut que j’aille troquer mon VCD contre un DVD digne de ce nom... ;-)

Akatomy | 11.02.2003 | Japon

Dream Maker est disponible en VCD et DVD HK chez Panorama Entertainment, malheureusement sans sous-titres.
Il existe aussi, bien sûr, en DVD japonais... idem de l’absence de sous-titrages, mais avec quelques suppléments en guise de compensation.

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