Ebirah, Horror of the Deep

Gojira... round 7 !!!

L’emblème de la Toho étincelle et illumine la pièce sombre de milles couleurs et laisse place à un générique bariolé de rouge et jaune. L’année est 1966, cela fait 12 ans que Gojira est apparu pour la première fois et a ravagé la capitale nippone. Les gens l’ont oublié et « enterré » un peu vite.

Une femme prie les dieux de la montagne et de la mer pour qu’ils lui rendent son fils, disparu lors d’un naufrage. Aidée dans ses prières par une extralucide, elle ne peut se convaincre de la disparition de son enfant. D’ailleurs la medium lui donne raison, puisqu’elle lui confie que sa progéniture est en vie, quelque part sur une île de la Mer du Japon.

Non loin de là, le jeune frère du disparu, Ryota, est persuadé qu’il est vivant et attend qu’on daigne venir à son secours. Convaincu de cela, Ryota tente d’organiser une expédition de sauvetage, malgré l’indifférence des autorités locales. Mais l’homme est difficilement défaitiste et c’est sans la moindre hésitation qu’il se lance dans un marathon de danse dont le premier prix n’est autre qu’un yacht. Vous l’aurez aisément compris, l’adolescent pense qu’en gagnant ce vaisseau il pourra partir à la recherche de son frère, il ne doute même pas un seul instant. Il reste si sûr de lui que le fait d’arriver après la clôture des inscriptions ne le décourage nullement, et il parvient même à entraîner deux participants jusqu’au port le plus proche.

Une fois là, ils montent sur le pont du Yahlen et ne tardent pas à découvrir la présence de Yoshimura, le propriétaire du navire et accessoirement détenteur d’un fusil et d’une mallette remplie de billets de banque. Devant l’enthousiasme de Ryota qui se fait passer pour un amoureux des yachts, il permet aux trois jeunes de dormir dans la cabine pour cette nuit, mais ils devront déguerpir au matin. Mais voilà au matin, la voile est tirée et le Yahlen a gagné le large. D’abord apeurés devant une telle étendue d’eau, les trois comparses décident malgré tout d’aider Ryota dans sa navigation hasardeuse. Les provisions s’épuisent et le bulletin d’informations parle d’un hold-up de pachinko et du vol du yacht d’un quelconque producteur américain. Les quat’s amis ont tout juste le temps de souffler qu’une formidable tempête leur tombe dessus. Mais ils ne sont pas au bout de leur peine, car des profondeurs de l’océan émerge une langouste géante aux pinces destructrices et acérées : Ebirah, l’horreur des profondeurs. D’un coup, le monstre marin, tout droit sorti de 20 000 milles lieues sous la mer, broie le navire et expédie les skippers en herbe par-dessus bord.

Réveille toi Mothra
Comme une fleur en éclosion
Mothra
Tout le monde t'attend
Vers le ciel bleu, avec tes ailes scintillantes
Vole jusqu'à nous, vole jusqu'à nous
Mothra, Mothra

Le calme est revenu, et les quatre naufragés ont échoué sur une île. Bien vite ils se rendent compte qu’ils ne sont pas les seuls résidents de cet îlot. En effet, un bateau armé militairement fait son apparition dans la baie, en aspergeant l’écume qu’il dégage d’un curieux liquide jaune. Le bateau acoste et ouvre ses portes pour laisser sortir un groupe d’indigènes capturé sur l’île d’Infant (berceau de Mothra) qui est voisine. C’est alors que 5 indigènes s’échappent. Deux sont tués par les soldats, deux prennent un radeau et lèvent l’ancre... Malheureusement les malheureux ne vont guère loin car Ebirah veille, et de sa pince magnifique elle écrase le frêle esquif et embroche façon barbecue les évadés. Une seule femme est parvenue à échapper aux griffes des mercenaires.

Réveille toi Mothra
Comme le matin se lève
Mothra
Tout le monde t'attend
Des larmes comme la rosée, vite réveille toi
Viens vite pour les anéantir
Mothra

Bien vite la jeune Dayo retrouve les naufragés et leur expose la situation. Elle est membre d’une tribu qui habite sur l’île d’Infant et dont l’occupation principale est de prier Mothra, protectrice de la Terre, pour qu’elle se réveille et les libère du joug de l’Armée des Bambous Rouges (ancêtre de l’Armée du Ruban Rouge). Mais les troupes ont tôt fait de les repérer et tirent à vue. Les 5 amis d’infortune se réfugient dans une grotte et découvrent avec stupeur qu’ils ne sont pas les seuls à s’être terrer ici : au bas de la roche, dort l’animal nucléaire le plus fantastique du monde Gojira !!!

Yoshimura : « Moi aussi, j’ai le sang chaud ! »

Dès l’écoute du générique, une ambiance musicale nous rappelle que l’on est devant un film des 60’s, et la musique toute droit sortie d’un Fukasaku de la même époque (Hokori Takaki Chosen /1962 pour ne citer que lui), aux mélodies westerniennes très empruntées au cinéma américain des années 50, nous remplie d’allégresse. Bien évidemment le thème si fameux du géant verdâtre nous a déjà fait bien plaisir, chaud au cœur, et il parvient même à nous faire bouillir le crâne, le cerveau et les tripes et ce dès le menu du DVD.

Une exquise brise d’exotisme règne sur ce 7ème opus des aventures de Godzilla. L’action se passant dans un archipel ensoleillé, on aurait pu s’attendre à une séance de bronzage de la part de notre beau lézard, mais c’est bien mal connaître notre ami, qui préféra les jeux de ballon avec sa copine Ebirah et les pataugeages aquatiques qui s’ensuivront, au cœur d’un combat qui fera date pendant encore de très longues années. D’ailleurs ce Gojira à la plage renforce la relation, désormais banale, du Kaiju Eiga et de la Nature, même si pour se vérifier cette équation a besoin d’un soupçon de prières, donc de religion... aïeaïeaïe.

Certes le look de Godzilla est beaucoup moins effrayant qu’il le deviendra dans les années 80, 90, mais bon une partie de beach-volley, et un bon vieux Royal Rumble à base d’atemis et du célèbre coup de la corde à linge nous comble d’un bonheur certain. Et puis cet Ebirah, Horror of the Deep est la somme de tant de choses et de situations rocambolesques qu’il reste bien plus que simplement attachant. Voyez plutôt : d’un côté des gentils indigènes exploités, des méchants soldats exploiteurs, de l’exotisme, des citadins humanistes ; et de l’autre Ebirah, Mothra et Gojira, un crustacé, un insecte, un reptile... le top du top quoi !!

Les scénaristes ont mis les bouchées doubles car s’il est des responsables à applaudir ce sont bien eux. D’accord, d’accord, le script possède un rythme bien lourd, et il arrive même un instant où l’on se demande carrément où va aboutir cette histoire de duels dans les mers de Sud. Mais la confiance est de mise car la première attaque d’Ebirah survient rapidement (13mn40s puis 20mn33s) et pour nous faire patienter il faut avouer que les quatre naufragés redoublent d’efforts pour garder nos yeux rivés sur le petit écran, notamment quand ils se mettent à se camoufler en buisson, une prouesse digne de la 7ème Compagnie. Et puis tout de même il fallait trouver le rapport entre la danse, le yachting et Godzilla. En passant, je soupçonne les auteurs d’avoir tenter d’humaniser, voire d’ « enfantiser » notre arme de destruction massive préférée... alors messieurs les scénaristes, chapeau bas !!

Voilà je vous laisserai pour finir avec l’image d’un Gojira qui somnole puis s’endort au pied d’une falaise... aahh quel magnifique chérubin finalement, d’ailleurs il frappe dans ses mains et twiste comme personne. Il est sûr que ces cris poussés lors du final, qui se rapprochent étrangement des pleurs d’un enfant abandonné, résonneront pour longtemps dans les esprits.

Bref ce film de 86 minutes et 35 secondes est sans doute une perle du genre, tant il représente une époque révolue où l’homme était d’abord humain par-dessus tout. Et comme le dit si bien le commandant en chef de l’Armée des Bambous Rouges : «  L’action prime sur les mots !! »... alors messieurs à vos lecteurs.

Takeuchi | 8.01.2005 | Japon

Un DVD français (zone 2) édité par Aventi. Le film est présenté en 2.35, son format d’origine, et n’est écoutable qu’en version originale, le tout sous-titré en français bien entendu. La copie n’a pas bénéficié d’une remastérisation en bonne et due forme, les couleurs sont ternes (grises par courts instants) et passées mais le pressage est nickel et la piste sonore en mono d’origine est sans tâche. Jumelé avec Gojira tai Kingu Ghidora (Kazuki Omori /1991), cette édition fait partie d’une quintuple sortie de DVDs double feature ayant pour héros notre ami atomique. Parmi ces 10 perles rares, qui constituent l’aubaine du siècle étant donné leur prix modique, nous avons pêle-mêle, dans le désordre du SpaceGodzilla, du MechaGodzilla 1 et 2, Destroyah, Megalon, Biollante, Mothra et Return of Godzilla ; de 1966 à 1995 ces 10 Godzilla restent incontournables et féeriques.

aka Gojira, Ebirah, Mosura : Nankai No Dai Ketto - Godzilla vs. the Sea Monster - Godzilla, Ebirah, Mothra : Duel dans les Mers du Sud | Japon | 1966 | Un film de Jun Fukada | Avec Akira Takarada, Toru Watanabe, Hideo Sunazuka, Kumi Mizuno, Jun Tazaki, Chotaro Togin, Toru Ibuki, Akihiko Hirata
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