Elektra

En tant que fan de la série Alias, et n’étant pas insensible à la charmante demoiselle qui y joue le rôle principal, je me suis dit que la vision d’Elektra ne pourrait pas être une mauvaise chose. C’est vrai, à bien y regarder Daredevil était un navet de la pire espèce, mais d’où l’humour n’était pas absent (surtout grâce à Colin Farell et sa fête au n’importe quoi dans le rôle du tueur fou...) ; en gros j’étais confiant et heureux d’entrer dans la salle obscure.

Malheureusement pour moi une fois de plus, j’aurais dû écouter le vieil adage qui dit « toujours suivre sa première intuition ». Elektra n’étant que la seconde, inutile d’avoir fait maths sup pour comprendre que j’avais fait une bourde. Certains d’entre vous se demandent peut-être pourquoi le film a fait un four aux Etats-Unis lors de sa sortie ? Oh c’est très simple et à la fois très long, alors je vais essayer de synthétiser.

Elektra est un mauvais voire très mauvais film. Argument simple, court mais qui selon moi résume bien le problème. Là où Daredevil noyait sa nullité dans une sorte de second degré épaulé par la précision du jeu d’endive de Ben Affleck, Elektra se perd dans les méandres du « je me prends au sérieux » dans des scènes affreusement ridicules. Rien ne vous sera épargné : la grande musique tonitruante et envahissante, l’abus de ralentis soit-disant stylisés mais que l’on a déjà vus 1.000 fois, le montage en dépit du bon sens... Oh, j’allais oublier l’élément le plus important de tout cela : les méchants en carton-pâte. Quoi de plus énervant que de voir des méchants ayant tout pour être géniaux à l’écran, et de voir le réalisateur ne quasiment pas les utiliser, s’en débarrasser en un clin d’œil comme s’ils n’étaient rien d’autre que de vulgaires bad guys de seconde zone.

L’équipe du grand méchant du film - Kirugi - représente en effet un échantillon de ce qui aurait pu se faire de mieux parmi les grands méchants de bandes dessinées. Jugez-en par vous-même : Typhoid Mary, jeune femme sexy en diable capable de vous tuer par ses baisers, Stone, géant black dont le corps est plus dure que de la pierre, Tatoo, un homme capable de faire sortir des animaux de son corps afin qu’ils combattent à sa place... Sur le papier ce court apercu de l’équipe est super attrayant. On s’imagine déjà de dantesques scènes d’actions... et bien rangez tout cela au placard, car il n’en sera rien. Chacun d’entre eux se fait abattre comme un vulgaire second couteau par Elektra, le tout dans des combats dont le manque d’ambition frôle l’inquiétant.

En regardant tout ce film on ne peut que sincèrement se demander où a bien pu passer le réalisateur du si énergétique Règne du feu. Rob Bowman semble s’être ici fait complètement digérer par la machine hollywoodienne, et avoir dû s’effacer de la salle de montage au profit d’un exécutif de la Fox. Le résultat de tout cela est un produit bâtard et sans saveur qui, sous ses aspects de pseudo grand film d’aventures, montrant une héroïne torturée par les fantômes de son passé, finit par devenir une immense torture pour le spectateur.

La torture semble elle aussi avoir été le lot quotidien des acteurs de ce film. De Terence Stamp - qu’on a connu plus inspiré dans son interprétation - à Jennifer Garner - qui assure ici le strict minimum syndical - nous n’en avons pas pour notre argent. Un des autres points ennuyeux dans la construction de cette histoire est le nombre incalculable d’invraisemblances et de contradictions avec l’univers de Daredevil, dans lequel Elektra est originellement apparue. Tout est fait en dépit du bon sens, comme si les exécutifs de la Fox étaient certains que le spectateur lambda goberait sans broncher le lot de conneries qu’on lui tasse au fond de la gorge, la palme revenant sans nul doute à Terence Stamp et son armée de ninjas blancs descendant du ciel pour sauver l’horripilante gamine que tout le monde convoite. Cette gamine dont on comprend l’histoire quasiment dès sa première apparition (et aussi grâce à une bande annonce particulièrement conne qui donne le twist la concernant directement... et anéantit la microscopique poussière de suspense pouvant exister dans ce film...) est absolument insupportable et pleurnicharde, arguant qu’elle n’est qu’une gamine dans une séquence et super combattante alter ego de Elektra dans l’autre (le combat contre les loups, j’en rigole encore !!!). Rien n’est fait pour que l’on s’accroche à elle, et l’intégralité de son histoire nous passe littéralement au dessus. Il faut dire que le mix entre elle, qui est l’image d’Elektra jeune, plus les flashs backs ridicule de l’héroïne, qui ne cesse de se remémorer son histoire trouble suite a la mort de sa mère, rend le tout confus et imbittable... Dommage.

Ce film avait tout sur le papier pour être un bon divertissement, les premières images laissaient présager du meilleur. Malheureusement une fois de plus Hollywood a accouché d’une souris. Elektra est une perte d’argent et de temps, et c’est ça le plus dommage quand on a une fille comme Jennifer Garner en premier rôle. Dans un cas pareil, on essaye de faire en sorte que le tout la mette en valeur. Au lieu de cela, Elektra est un boulet dont Jennifer Garner, dans sa toute jeune carrière, risque de mettre quelques temps à se débarrasser...

Marcus Burnett | 17.03.2005 | Hors-Asie

Elektra est sorti sur les écrans français le 9 mars 2005.

USA | 2004 | Un film de Rob Bowman | Avec Jennifer Garner, Terence Stamp, Will Yun Lee, Goran Visnjic, Cary-Hiroyuki Tagawa
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