Entretien avec James Lee - autour de The Beautiful Washing Machine

Sancho : Pourquoi avoir choisi cet objet, la machine à laver, pour ce film ?

James Lee : J’ai écrit ce film il y a quelque temps. A l’époque, je suis resté 6 mois au chômage. Ma femme travaillant, il m’incombait de m’occuper des enfants et de la maison. Parmi les tâches ménagères, je devais faire la lessive. Hors, je ne m’étais jamais servi de la machine à laver et ne savais pas l’utiliser. C’est d’habitude ma femme ou ma mère qui s’en servent. C’est un de ces objets à forte connotation féminine. Je souhaitais poursuivre ma série sur les relations humaines (NDLR : l’échec des relations, dans ce cas précis) et l’objet en question n’était qu’un moyen pour y parvenir. Mon choix s’est donc porté sur cet objet, qui m’était inconnu et incompréhensible.

La bande sonore du film est quasi-exclusivement composée de bruits de machine à laver. Ces bruitages suivent-ils un cycle de lavage et sont-ils coordonnés avec l’image ?

En fait, cela marche plutôt en sens inverse. Il est vrai que mon film est composé de deux parties similaires qui sont en fait deux cycles, délimités par le changement de propriétaire de la femme mystérieuse. Cependant, je travaille sur la bande son après le montage du film, donc le son a été ajouté après coup sur l’image.

Le design de la machine est particulièrement étudié. Etait-ce un choix ?

Tout à fait. Je souhaitais une machine à ouverture frontale, car la forme circulaire du hublot fait écho aux cycles qui rythment à la fois les lavages et mon film. On en a donc acheté une car la mienne s’ouvrait par le dessus. Egalement, je voulais qu’elle soit verte pour être aisément identifiable. Il n’existe pas de modèle vert, donc nous avons été obligés de la repeindre !

Vous semblez fonctionner par périodes. Votre prochain film suivra-t-il les mêmes thèmes ?

The Beautiful Washing Machine faisait partie d’une série sur les relations humaines. Mes deux derniers films (NDLR : Before we fall in love again et Things we do when we fall in love) font partie d’une trilogie amoureuse que j’achève avec Waiting for love que j’écris en ce moment. Je changerai de genre après ce film et reviendrai même peut-être au théâtre.

The Beautiful Washing Machine faisait partie de la sélection "Regards sur le travail de James Lee" de la 9ème édition du Festival du film asiatique de Deauville. Entretien réalisé le 29 mars 2007.

"A l’époque, je suis resté 6 mois au chômage. [...] Parmi les tâches ménagères, je devais faire la lessive. Hors, je ne m’étais jamais servi de la machine à laver et ne savais pas l’utiliser."
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