Evil Aliens

Well well well, what do we have here ? Des rednecks en Pays de Galles, une présentatrice échancrée, un combo mini-jupe / fusil à pompe, des extraterrestres, des alignements de monolithes, des têtes arrachées, un peu de forage anal et d’exploration utérine, un empalement, l’intégralité des fluides corporels humains, un réservoir d’excréments utilisés comme source d’énergie, un large éventail d’outils de jardinage, une moissoneuse-batteuse... wo-hoh ! Ladies and gentlemen, we have a winner !

Jake West, mon ami. Tu ne me connais pas, mais moi je suis un de tes fans, vois-tu, depuis que tu m’as permis de faire la rencontre d’Eileen Daly dans ton Razor Blade Smile. Souvent décrié, ton film de vampire, mi-goth mi-abusé, très largement influencé et 100% cheap, exploitant allègrement la carrure hors-norme de celle qui fut longtemps le visage du label Redemption, moi je l’ai toujours aimé, compté parmi mes favoris en matière de cinéma débridé, débrouillard et amoureux. J’ai longtemps rêvé d’un second opus avec un peu plus de moyens, mais tu te cantonnes aux documentaires - avec talent et toujours le même amour du cinéma, certes - et Eileen se fait plus rare en tant que premier rôle, préférant explorer divers cinémas de façon moins exposée (nous reparlerons un jour de All About Anna). Et puis voilà qu’aujourd’hui, tu nous reviens, flanqué d’Emily Booth - ex-Bouffante, Pervirella herself -, égérie de la télé underground british - notamment à l’époque d’outTHERE - et de sieur Alex Chandon (Cradle of Fear), toujours flanquée dans les bons coups (les clips de Cradle of Filth, l’excellent Sacred Flesh de Nigel Wingrove) et prête à jouer le jeu de ton "splatstick" simple et généreux. Jake, you made my day.

Oui j’ai un côté geek, et alors ? A qui d’autre s’adresse Evil Aliens, si ce n’est à ceux qui sont prêts à le reconnaître pour ce qu’il est, à apprécier son casting, ses origines et débordements ? On peut toujours rêver d’un monde parfait où l’industrie comme le public, reconnaîtront à Jake West est son équipe une ingéniosité, une générosité, ainsi qu’une intelligence de niche, qui justifieraient une montée des marches pour une telle réussite, mais ce serait rêver que le cinéma soit jugé avant tout pour le plaisir qu’il procure à ses spectateurs, aussi ciblés soient-ils. Encore que, personnellement, je reste persuadé que quiconque apprécie la vie devrait se réjouir de voir des aliens se faire réduire en charpie par une moissoneuse-batteuse pendant qu’Emily Booth est prisonnière d’aliens, nue mais dissimulée pour conserver la force du fantasme, pendant qu’on lui fourre un foetus dans le ventre, mais c’est un autre débat.

Tout est dans le titre : Evil Aliens est avant tout l’histoire d’aliens pas super gentils. Michelle Fox (Emily Booth, dans une auto-caricature parfaite) s’occupe d’une émission racoleuse sur les phénomènes paranormaux. Son boss la presse de lui offrir un sujet de choix, sans quoi il lui retirera son boulot ; c’est pourquoi Michelle saute sur l’opportunité que représente cette jeune galloise, qui prétend être en cloque d’un envahisseur d’un autre monde. Nous on la croit, car on a vu le pré-générique, et notamment son petit ami se faire littéralement vriller le derrière par une sonde extraterrestre. Ca joue, forcément. Michelle constitue son équipe - dans une séquence qui renvoit n’importe quel scénariste potasser ses leçons sur l’exposition de personnages - et se met en route pour l’île du Diable ou quelque chose d’équivalent, une partie du pays accessible uniquement à marée basse, et encore. Sur place, l’équipe qui compte notamment un véritable geek, sorte de Mulder à boutons (éclatés en gros plan, merci), rencontre d’abord les trois frères dégénérés de la supposée mère porteuse, qui ne parlent pas anglais et font un peu peur, vétus des scaphandres nécessaires à l’entretien de leur centrale à énergie renouvelable : le purin. Puis tout s’emballe, lorsqu’ils croisent le chemin d’extraterrestres belliqueux, d’abord attachés à mutiler des vaches (classique), puis décidés à les démembrer de façon pour le moins démonstrative...

Bon voilà, le script est simple et c’est une bonne chose, car l’intérêt d’Evil Aliens est dans l’intelligence outrancière de la mise en scène de ses clichés et de ses excès. Nettement plus à l’aise en numérique que sur Razor Blade Smile, Jake West livre certainement l’un des v-cinema occidentaux les mieux filmés et photographiés qu’il m’ait été donné de voir. Cadrages fabuleux, séquences à la grue... tout y passe et vient nous rappeler que le cinéma est avant tout une affaire de passion. Cette passion que le réalisateur a pour l’humanité la plus crasse, le sexe bestial, si possible observé avec force éjaculation, les screams queens adorables (le casting féminin constitue une espèce de quintessence du fantasme fétichiste-geek), les aliens poseur et le cinéma de genre en général. Sorte de Predator mâtiné de merde, avec une pincée de Phantasm (les sphères volantes) et de Female with Guns, Evil Aliens est certainement le meilleur film du genre depuis que Peter Jackson s’est vu mettre l’anneau au doigt. C’est dégueulasse, drôle et inventif, érotique et parodique - nous avons même droit à l’accouplement sauvage d’un homme et une extraterrestre. Bref, vous connaissez la chanson : Evil Aliens, c’est LE BONHEUR !

Akatomy | 10.06.2007 | Hors-Asie

Evil Aliens est disponible en DVD anglais dans un pressage impeccable. Les suppléments son très sympas, avec quelques scènes inédites ou rallongées, des interviews enthousiastes du réalisateur et des acteurs, une visite du studio d’effets spéciaux, et surtout les "bloopers", dans lesquels s’impose le "Fuck ! Shit ! Sorry !" d’Emily Booth, attachante à souhait, à chaque fois qu’elle se trompe dans ses dialogues.

UK | 2005 | Un film de Jake West | Avec Emily Booth, Christopher Adamson, Sam Butler, Jennifer Evans, Mark Richard Hayes, Jamie Honeybourne, Norman Lovett, Peter O’Connor, Jodie Shaw, Nick Smithers, Chris Thomas, Tree Carr, James Heathcote
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