Fighter in the Wind

Le biopic est un genre à part. Non, ce n’est pas une catégorie de films racontant la genèse de l’aventure de Steve Austin, rien à voir (oui je sais, pour une vanne pareille j’irais me rouler nu dans un champ d’orties fraîches, avant qu’un bébé alligator me mordille à la jackass style pour me punir de ce trait d’humour foireux...). Non, le biopic c’est un genre qui nous emmène dans les grands moments de la vie de personnes pas comme les autres. Dernières incursions réussies dans le domaine : Aviator de Scorsese et Ray de Taylor Hackford. Chacun dans un style différent, ils représentent ce qui se fait de mieux dans le domaine. La force de ces deux films étant leurs sujets totalement fédérateurs. Ce qui n’est pas vraiment la force la plus grande de Fighter in the Wind. Je ne pense pas mentir en disant que si quelqu’un venait vers vous en vous demandant de lui raconter l’histoire de Choi Baedal, peu en seraient capables. Personnellement je faisais partie de ces légions de joyeux incultes, et après la découverte de ce film je pense que je vais rendre ma carte d’abonnement au club de mon ignorance, car la découverte de l’histoire de cet homme est bougrement passionnante (10/10 sur l’échelle de la banalité ce que je viens de dire, mais bon...). Enfin, si seulement le film avait réussi à être à la hauteur de cette histoire, la vie aurait été magnifique, malheureusement ce n’est pas le cas.

Fighter in The Wind est un paradoxe de la plus belle nature, à la fois fascinant par son histoire et exaspérant par la nonchalance de la réalisation et l’alignement olympique des pires clichés du genre. Malgré tout, l’histoire de ce fascinant personnage qu’est Choi Baedal vous collera à votre siège, enfin du moins pour les plus courageux d’entre vous. Pourquoi ? Tout simplement car elle est véridique. Et c’est ce petit plus qui justement fait toute la différence, celle du genre qui donne une fois le métrage fini, l’irrépressible envie d’en savoir plus. A vous aussi ? Ca tombe bien...

Le film essaye de synthétiser de façon parfois un peu rapide la magnifique histoire de Choi Baedal, et c’est sans doute là son plus gros défaut. Il n’hésite pas à recourir à l’utilisation de clichés. Aussi bien au travers de l’histoire d’amour avec la jeune geisha, l’amitié qui le lie à son sidekick coréen, ou - encore pire - l’ignoble moment « Eye of the Tiger » au milieu du film (un entraînement ridicule de dix minutes, durant lequel Baedal va devenir un combattant hors norme. On ne sait plus vraiment si l’on doit rire ou pleurer face à cette séquence dont le fond est louable mais la mise en images si naïve et ridicule...). Malgré tout et aussi bizarre que cela puisse paraître, l’histoire marche à un certain degré (celui où l’on a décidé de ne plus trop réfléchir à ce qui se passe à l’écran). La raison de ce semblant de fonctionnement, tient sans doute dans l’embryon de cheminement psychologique que suit le personnage principal dans le film. Au contact (très rapide certes...) de son ancien mentor, il se forge une mentalité de combattant. Et c’est là que réside le corps du film : l’esprit du combattant, celui qui fait passer un vulgaire trouillard à une machine de combat parfaite et toujours à la recherche d’un challenge plus grand.

C’est justement ces différents challenges qui représentent une grosse partie de la seconde moitié du film. L’ennui avec ces derniers réside dans les choix de réalisation. Nous sommes loin de grandes batailles à base de câbles (bien au contraire tout semble avoir été fait en live et c’est bien mieux...) ou des combats matrixiens, mais l’ajout de choix musicaux bizarres, avec des effets de styles pas toujours joyeux, plombe un peu le tout. Pour faire simple, ces différents combats gardent un petit coup Canada Dry, ouahhh on se la pête un peu, on va montrer ça pour des djeuns alors faut que ce soit quand même cool et un peu in the wind (eh, fight in the wind... combat dans le vent... ok j’arrête). En gros ça ne vole pas haut et c’est loin d’être renversant. Dommage, car avec un peu moins de djeuns style dans la pelloch, on n’était pas loin d’un film vraiment bon. Le tableau est-il complètement noir pour autant ? Non, car heureusement l’acteur principal sauve les meubles.

Et Dieu sait que pour incarner Choi Baedal il fallait un bon acteur, et Yang Dong-Geun remplit ce rôle à merveille. Il entame ici un virage digne d’un Robert De Niro dans Raging Bull... Non je deconne, mais l’investissement physique est quand même considérable. Les nombreuses scènes physiques étant faites sans doublures, on ne peut que saluer la performance. Malheureusement lorsque l’histoire n’est pas là on retombe très vite dans un syndrôme à la Ong Bak. En gros un détachement rapide de ce qui se passe à l’écran, les coups pleuvent mais aucun ne touche vraiment sa cible.

Avoir un tel sujet en or et accoucher d’un tel pétard mouillé frise l’incompétence... Ok je suis un peu méchant (juste un peu), mais y’a de quoi. Là où on était en droit d’attendre un grand film, on se retrouve face à un gentil biopic historique, survitaminé aux clichés et dont n’importe quel studio américain aurait été capable de s’acquitter. Mieux vaut faire des recherches sur Choi Baedal et lire les livres qui le concernent, le film que vous vous ferez alors en lisant ces lignes lui rendra certainement plus justice. Fighter in The Wind reste un film ni bon ni mauvais et est loin d’être le pire film de l’univers, mais son côté affreusement bancal et sa relecture ultra synthétique de l’histoire de Choi Baeadal ne laisseront pas un souvenir très long dans l’histoire du cinéma coréen...

Diffusé au cours du 7ème Festival du film asiatique de Deauville dans le cadre de la compétition Action Asia, Fighter in the Wind est disponible en DVD coréen chez Invision (16/9 anamorphique, coréen Dolby Digital 5.1 et DTS, sous-titres anglais et de nombreux bonus).

Corée du Sud | 2004 | Un film de Yang Yun-ho | Avec Yang Dong-kun (Yang Dong-Geun), Aya Hirayama, Masaya Kato, Jeong Tae-woo, Jung Doo-hong
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