Fing’s Raver

On ne peut pas vraiment dire que les films dits "à message" soient légions à Hong Kong - surtout avec Sam Lee et Sophie Ngan au générique ! Fing’s Raver tente le coup, et se positionne en tant que manifeste contre les "Fing Pills", une drogue très prisée des jeunes cantonnais au début du nouveau millénaire, et qui aurait semble-t-il fait pas mal de dégâts. Vous non plus vous ne connaissez pas cette drogue ? Ne vous inquiétez pas, une voix off se charge de vous faire comprendre dans les premières minutes qu’il s’agit en réalité d’un terme englobant ecstas, poppers et autres cachetons très prisés des ravers.
Ici néanmoins, point de raves mais une simple boîte de nuit - celle de Bill Ng - dans laquelle les accidents liés à la drogue se multiplient ; et ce en dépit d’une attitude sévère du propriétaire à l’encontre de la vente de substances illicites dans ses murs. Y aurait-il un traître dans les rangs des hommes du businessman ? Un peu mon neveu : il n’y a même que ça, visiblement... Ben, manager de l’une des discothèques de Bill, travaille de mèche avec l’un de ses employés, Wo, pour vendre des "Fing Pills" aux clients, à l’insu du patron. Wo par ailleurs est le frère de Sam, un jeune homme défavorisé mais travailleur, prêt à transpirer pour offrir une vie à sa petite amie. Cette dernière est elle même entraîneuse dans la boîte qui nous intéresse, et perd d’ailleurs l’une de ses collègues au début du film : celle-ci décède brutalement après une ingestion massive de "Fing Pills". Un décès qui va attirer l’attention de la police : un flic local est mis sur le coup, et se retrouve à travailler avec l’inspecteur Dinny Lee de l’ "Intelligence" pour enrayer ce fléau moderne...

Il semblerait, si l’on en croit HKMDB, que Fing’s Raver ait été écrit par une éminence sur le sujet de la drogue - un certain Lee Siu-Kei (par ailleurs producteur du film). Un gage de qualité, au service d’un véritable film contre la drogue ? Pas vraiment. Car cette réalisation de Sherman Wong, sans être mauvaise, est loin de se positionner en tant que modèle du genre...
Pourtant la production a su s’entourer d’une certaine équipe pour parvenir à ses fins : Marco Mak (Time & Tide) au montage, Sam Lee, Sophie Ngan, et même Maria Cordero (Lost and Found) et la belle Loretta Lee ; preuve s’il en est que l’on ne peut pas lutter contre un scénario bancal et partiellement opportuniste. De telles accusations ne pouvant être faites à la légère, laissez-moi vous parler un peu plus de la structure du film...

Après le prégénérique en forme de rappel social sur fond noir, nous nous retrouvons directement plongés dans la chaleur d’une boîte de nuit, où le spectateur peut évaluer par lui-même les ravages de la drogue. Une scène qui enchaîne sans aucune gène sur les portraits du frère et de la mère de Sam Lee (Samuel Leung et Maria Cordero respectivement), losers émérites prêts à tout pour dérober l’argent honnêtement gagné par leur frêre et fils. Il faut voir Maria Cordero faindre le malaise cardiaque pour subtiliser quelque billets à Sam Lee pour sentir poindre les germes de la honte... il suffit ensuite de voir cette même maman responsable encourager son autre fiston à vendre de la drogue, s’éclater sous ecsta et j’en passe pour les laisser nous envahir complètement ! Si je n’ai rien (au contraire) contre la comédie cantonnaise et son ammoralité caractéristique, elle s’accorde ici très mal avec le traitement du sujet - surtout lorsque juxtaposée à la situation caricaturale de Loretta Lee, flic dont la soeur est dans le coma à cause des "Fing Pills". Du coup, Fing’s Raver ne choisit jamais un pied sur lequel danser, et perd peu à peu le bénéfice de notre attention... surtout qu’un troisième pied fait son apparition !

Car le film à message, c’est bien joli, mais il faut bien abuser des ouvertures du scénario, non ? Sans pour autant verser dans le Cat III, Fing’s Raver choisit de s’attarder un peu sur les possibilités de manipulation sexuelle offertes par les diverses drogues vendues par Ben et ses acolytes. C’est pas joli-joli, nous sommes d’accord, mais ça permet au moins de rentabiliser (trop peu) la présence de Sophie Ngan, qui parvient à nous titiller quelque peu sans même retirer ses sous-vêtements (une pudeur rare chez la demoiselle - champagne !), désinhibée par l’ingestion dune certaine "eau miraculeuse"... D’où le "partiellement opportuniste" mentionné un peu plus haut ; si Sherman Wong l’avait été totalement, il aurait dénudé non seulement Sophie Ngan mais aussi la peu farouche Loretta Lee ! Suivant les goûts de chacun donc, un point en plus ou en moins pour le film... ;-)

Bref, Fing’s Raver se laisse regarder mais ne parvient jamais à convaincre. Il aurait été plus intéressant de suivre la croisade d’une brigade "narcotique" sans verser dans le grand public maladroitement racoleur... Mais ce n’était certainement pas le propos de Sherman Wong, plus enclin à satisfaire les attentes pas toujours honnêtes de ses quelques spectateurs (je plaide coupable), sans pour autant assumer sa démarche.

Akatomy | 30.01.2003 | Hong Kong

Disponible en VCD et DVD HK chez Widesight, dans une copie plein cadre de qualité discutable.

Hong Kong | 2000 | Un film de Sherman Wong Jing Wa | Avec Sam Lee, Loretta Lee, Sarah Lee Lai Yui, Sophie Ngan Chin Man, Karel Wong Chi Yeung, Chan Wai Ming, Samuel Leung (Cheuk Moon), Cheng Ga Wing, Maria Cordero, Cheung Yee Tung, Cheung Tung Lam, Ha Ping, Lau Sek Yin, Wai Lit, Bowie Lau Bo Yin, Sin Ho Ying, Chui Bo Fung
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