Fireball

Tai est libéré de prison grâce à l’intervention d’un bienfaiteur extérieur - et de son argent bien placé -, a priori son frère jumeau Tan. Celui-ci pourtant, comme le découvre rapidement l’ex-taulard, est depuis près d’un an dans le coma. Sa petite amie Pang lui explique que les coups et blessures qui recouvrent son corps, Tan déclarait évasivement les avoir reçus au basket... Certes, mais sur un terrain quelque peu altéré : son gemini s’était effectivement plongé dans une compétition underground de Fireball, sport à cinq contre cinq mêlant boxe thaï et basket, géré par la mafia locale, pour amasser l’argent nécessaire à sa libération. Se faisant passer pour son frangin, Tai intègre l’équipe de Den pour se venger de Tun, champion en titre et véritable animal meurtrier...

Il ne faut que quelques minutes à Thanakorn Pongsuwan, déjà présent l’an passé au Festival du film asiatique de Deauville avec Opapatika, pour trainer la rage de son héros de l’enceinte d’une prison à un terrain de basket perverti. Un générique express et quelques mots économes, aboutissent d’emblée à une confrontation brutale en guise de sélection sportive, entre le capitaine Singh et Tai. Image numérique aidant, Fireball s’éloigne alors d’emblée des millimétrés Ong-Bak et autres Born to Fight, remplis de ralentis répétitifs visant à surligner cascades mortelles et autres exploits martiaux, pour s’ancrer dans un réalisme brutale et simpliste, presque primitif. Sans aucune connotation péjorative.

Car Fireball, à l’inverse de ses prédécesseurs adeptes du coup de tatane explosif, ne cherche jamais à se travestir. Certes Pongsuwan offre à ses protagonistes une existence hors jeu, mais il le fait avec précision et concision, sans jamais quitter le court trop longtemps. Il ne parsème pas non plus leurs parcours d’embuches placées là pour offrir une démonstration acrobatique suicidaire, mais se contente de les enfermer, avec une balle presque anecdotique, dans un terrain grillagé, sous les hurlements d’une foule sanguinaire. Et la caméra de se jeter, tête baissée et presque ivre, au cœur de ce bar room brawl en équipe, de nous faire vivre un chaos organisé de brutalité comme s’il était improvisé, live, réel.

Un parallèle pourrait alors être fait, entre deux approches de la pratique de la guitare. Si Ong-Bak tiendrait du Satriani, prétextant une construction pseudo-mélodique pour jouer le jeu de la démo technique, Fireball lui, serait plutôt du Guitar Wolf, dissimulant sa technique derrière un vrai-faux brouillon sonore, simplicité forcément illusoire. L’exploit martial est bien là, dans chaque coup de massue porté par les acteurs du film, issus pour certains du basket professionnel local, pour d’autres de la scène martiale ou rock. Mais c’est la dynamique de groupe qui l’emporte au détriment du détail, et ce que Fireball perd, régulièrement et volontairement, en lisibilité, il le gagne en puissance destructrice.

L’un des points forts du rouleau compresseur de Pongsuwan justement, est sa gestion de l’équipe. Au cours d’un match/combat, les coéquipiers de Tai/Tan délaissent l’individualisme pour se couvrir les uns les autres. Leur gestion du terrain dicte sa conduite à la caméra, qui parvient, dans son flou de mouvement et son incapacité volontaire à s’écarter de l’action pour en offrir une vision omnisciente, à recréer un environnement global à bases de bribes de violence. De simplement jouissif, Fireball deviendrait presque alors, exaltant.

On pardonne dès lors aisément les quelques lacunes du film, sa trame parfois approximative, sa bande son quelque peu grandiloquente. Car à l’écran, rien ne tient de l’esbroufe – ou alors si, tout justement, mais dans l’unique et très respectable but de divertir, sans jamais tromper sur la marchandise. On a même l’impression, sur le dernier terrain de jeu du film, que le décor est véritablement utilisé comme un terrain de sport : les obstacles, aspérités et particularités, ne tiennent pas de la chorégraphie anticipée, mais semblent inciter les acteurs à l’improvisation créative, à l’optimisation de leur violence. Brutal, rageur, presque vindicatif dans sa fin ouverte et annonciatrice d’une suite armée, Firewall l’est assurément. Mais la brutalité du film de Thanakorn Pongsuwan possède une caractéristique inhabituelle : elle est, paradoxalement, incroyablement rafraichissante dans son jusqu’au boutisme assumé.

Fireball a été diffusé lors de la dernière édition du Festival du film asiatique de Deauville (2009), dans le cadre de la compétition Action Asia qui a couronné, sans surprise, le Chaser de Na Hong-jin.

Thaïlande | 2008 | Un film de Thanakorn Pongsuwan | Avec Preeti Barameeanant, 9 Million Sam, Khanutra Chuchuaysuwan, Phutharit Prombundarn, Arucha Tosawat, Kumpanat Oungsoongern, Anuwa t Saejao, Kannut Samerjai, Abhijati Jusakul
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