Godzilla 2000 Millenium

Gojira contre les hommes... round 23 !!!! [1]

Le docteur Shinoda, aidé par sa petite fille, dirige la Godzilla Prediction Network (GPN). Il s’agit de réunir toutes les informations sur Godzilla et la radioactivité qui l’attire ou le précède. Alors que la jeune photographe stagiaire Yuki Ichinose les assiste un soir, Godzilla apparaît dans toute sa splendeur nucléaire. Provenant une fois de plus des profondeurs océaniques,la grosse bébête ne tarde pas à semer la panique dans la ville côtière. Quelques explosions et effondrement de tunnel plus tard, le dinosaure atomique se retire, non sans avoir donner une frousse terrible à Ichinose qui n’a pu immortaliser sur pellicule cette rencontre qu’en photographiant l’œil noir en méga gros plan.

Parallèlement à cela, le jeune Mitsuo Katagiri, fraîchement promu à la tête de la Crisis Control Intelligence Agency de Tokyo (CCI), reçoit deux nouvelles de haute importance. Tout d’abord la réapparition de Gojira est l’épreuve dont il avait besoin pour prouver à ses supérieurs que sa promotion est tout à fait justifiée. D’autant plus que l’armée a développé un tout nouveau missile capable de transpercer l’épaisse carapace d’écailles et de faire très très mal. Mais Katagiri reçoit en même temps une information d’ordre prioritaire. Une expédition sous-marine a découvert une météorite d’un matériau inconnu, à la radioactivité si galopante qu’elle pourrait bien remplacer l’uranium. Ni une ni deux, la décision est prise de renflouer la gigantesque pierre. Et pendant la lente remontée, la pierre semble s’animer et fait surface sans l’aide de quoi que ce soit, comme si la lumière artificielle ou du soleil l’attirait, la réveillait et lui permettait même de tenir à la verticale sur l’eau, bien que son poids et sa forme contredisent sa position et sa flottaison.

Mais voilà, tout juste 24 heures après son retour, Gojira refait surface et marche en direction de la ville, mais ce coup-ci tous les scientifiques sans exception, qu’ils soient mandés par le gouvernement ou bien qu’ils travaillent en freelance, ont prévu l’heure et l’endroit exact de son prochain carnage. C’est ainsi que le Docteur Shinoda met en garde Katagiri, une ancienne connaissance, contre le fait de vouloir tuer un être aussi unique que Gojira. Sur ces entrefaites, le « monstre » attaque sans crier garde, enfin si justement il pousse son cri si caractéristique, et les frêles missiles des chars d’assaut ne peuvent logiquement le contenir, tout juste le ralentir. De toute façon c’est le but de la manœuvre, le reptile géant est maintenant à portée de tir des fameux missiles perforants. Et là c’est le drame, le gouvernement, l’armée possèdent enfin de quoi arrêter net Gojira. Mais voilà, la formidable concentration d’énergie au cœur de la bataille, éveille la météorite, qui ne tarde pas à décoller pour prendre part aux combats. La pierre géante projette un rayon d’énergie sur la créature de l’atome, qui s’étale lamentablement quelques centaines de mètres plus loin sur un hangar. La Bête semble terrassée et l’huître volante va porter le coup de grâce, quand Gojira répond de son flux destructeur qui lui est propre avant de prendre la fuite, non sans avoir été mis à terre pour le seconde fois. Le Japon est en répit pour un temps, mais le mystère de ce curieux objet volant, identifié dans un premier temps, puis non identifié dans un deuxième temps, reste entier. D’ailleurs la puissance développée pendant le combat a arraché une partie de la couche de sédiments incrustés sur la carlingue de ce qui semble être un vaisseau spatial.

D’emblée ce qui nous saute aux yeux, dans ce 24ème opus de Gojira, c’est le faux rythme qui s’installe dès les premières minutes du film. Bien sûr le prologue habituel est toujours présent. La fameuse attaque d’une ville moins imposante que Tokyo est devenue une marque de fabrique. Et puis il y a toujours un malheureux bateau de pêche qui morfle ; vous me direz c’est normal Gojira sort de la mer à chaque fois et il y retourne d’ailleurs assez régulièrement à chaque fin de film. Non, ce qui frappe c’est l’absence de musique qui de coutume accompagne chacun des combats du saurien géant. Pas la moindre mélodie, aucun instrument ne se fait entendre... rien que les cris déchirants de Godzilla lorsque les missiles super perforants le traversent, ou les quelques bruitages d’usage : Godzilla qui patauge au large, Godzilla qui crache un jet d’énergie pure, Godzilla qui tombe sur un immeuble... Mais alors pourquoi un tel choix de mise en scène, un souci d’ « authenticité », de rendre cette énième aventure « réaliste » ou bien d’humaniser notre ami amphibien nucléaire comme les derniers films l’ont fait ; car après tout c’est l’homme qui est responsable de la création de Gojira. L’homme récolte ce qu’il a semé pendant des décennies d’expérimentations scientifiques contre nature, contre LA nature. Le recherche du pouvoir suprême, celui du soleil dans sa main, tout cela était bien trop tentant et à en croire la Genèse, l’homme cède souvent à la tentation. Bref la malheureux Gojira n’a jamais demandé à voir le jour, d’ailleurs ce n’est pas la volonté de détruire qui le pousse à piétiner une mégapole telle que Tokyo, c’est l’appel de l’énergie (nucléaire, plasma...). Mon opinion est que Gojira tente, depuis sa première apparition en 1954, non pas de se venger mais plutôt de mettre en garde l’homme contre sa soif de pouvoir, de suprématie. Dieu a crée l’homme, et l’homme a crée l’esclave. De la même façon l’homme a crée le nucléaire, le nucléaire a crée Godzilla... alors qui est le vrai fautif, l’homme, la nature, le hasard... un peu de tout sans doute... je ne sais pas, je ne sais plus.

Il faut avouer que les scénaristes de ce Millenium sont ceux qui sévissent depuis le début des années 90. Auteurs heureux du Gojira revival depuis près de 15 ans, les deux comparses sont parvenus en 6 films à redonner de belles lettres de noblesse en or massif à une série qui s’essoufflait et se perdait dans de la simple distraction pour enfants (bon ok il faut certainement être un grand enfant pour apprécier ce gentil monstre simplement trop imposant pour être heureux). Le premier des deux co-auteurs, Hiroshi Kashiwabara, s’est attelé à un Space Godzilla (Kensho Yamashita /1994) un brin délirant, et s’associera avec Watari Mimura pour donner naissance à Gojira tai Megagirasu (Masâki Tezuka /2000), premier film d’une longue série de Godzilla pas piquée des hannetons. Ce dernier se penchera plus généreusement sur la destinée du lézard atomique avec un MechaGodzilla 2 (Takao Okawara /1993), le MechaGodzilla avec Yumiko Shaku (Shûzuke Kaneko /2002 - voir article), et puis il sera la pierre angulaire du scénario conceptuel de Gojira Final Wars dont Kuro vous parlera très vite.

D’un point de vue casting , nous sommes heureux de voir un Hiroshi Abe, grand et fort que l’on voit trop peu sur le big screen. Et à ses côtés, on retrouve une Naomi Nishida en petite forme, qui tire tout juste son épingle du jeu, dès qu’elle fait sa grimace si particulière qu’elle a appris à maîtriser sur le tournage de Himitsu no Hanazono. Il est sûr que face à une star telle que GOJIRA, il est souvent compliqué de faire mieux que de la figuration, à moins de s’appeler Toba Ichiro ou Ryudo Uzaki et d’être des rockers !! Mais bon le face à face final, pardon les faces à faces finaux procurent une joie immense et hissent ce Gojira Millenium dans le trio de tête des tous meilleurs films de notre atomic pet préféré !!

Allez vive la Toho, vive le nucléaire et bien le bonsoir !!!

Takeuchi | 4.01.2005 | Japon

Une édition à la limite du scandale a vu le jour chez Universe. On pouvait s’attendre à tout de la part de l’éditeur hongkongais de Gojira tai Megaguirus, Gojira tai MechaGojira, Gojira, Mothra, King Ghidora... sauf le manque de sous-titres anglais sur la version originale japonaise. Pour bénéficier des dits sous-titres il vous faudra regarder le film en version doublée chinois !!! Imaginez un film à la gloire du plus grand reptile nucléaire que la Terre ait jamais porté, sans entendre des cris de panique légitimes et légendaires : « GOOOOJIRAAAAAAAAAA !!!!! » Bref c’est bel et bien dommage, d’autant plus que la copie est bien noire, trop noire. Une unique et maigrichonne bande annonce de cette œuvre en guise de supplément, vient parachever une édition qui n’a que le mérite d’exister. La piste japonaise 5.1 est honorable. Celle de la version doublée est ratée.

Il existe également une édition zone 1 éditée par Columbia Tristar avec sous titres anglais et français et du 5.1 pour ce qui est du son. Le film y est présenté en 1.33:1 et 2.35:1 qui est son format d’origine.

[1©Copyright Kuro.

aka Gojira Ni Sen Mireniamu - G2000 | Japon | 1999 | Un film de Takao Okawara | Avec Hiroshi Abe, Naomi Nishida, Takehiro Murata, Mayu Suzuki, Takeshi Obayashi, Shirô Namiki, Sakae Kimura, Bengal, Kenichi Nagira, Kenichi Ishii
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