Goemon

Étrange sensation que la mienne en sortant de la projection de Goemon : de nombreux aspect du film me déplaisaient, mais je n’étais pas prêt pour autant à jeter le bébé avec l’eau du bain. Finalement, peut-être que je ne suis pas encore totalement devenu un vieux con ! Le réalisateur Kazuaki Kiriya est parvenu à créer un équilibre entre technologie d’imagerie de pointe et ressorts dramatiques, mais aussi personnages très classiques. Le tout aboutit à la création d’un film de divertissement bien agréable.

Goemon est un héros du folklore japonais, volant aux riches pour donner aux pauvres. Après des itérations du Kabuki aux jeux vidéos, ce Robin des Bois bien loin de Sherwood a désormais l’honneur d’un passage au grand écran. Nous faisons sa connaissance au moment du cambriolage d’un palais, où il dérobe de l’or et une mystérieuse boîte contenant un document très convoité. Mitsunari, l’un des lieutenants très ambitieux du maître de l’Archipel, Hideyoshi Toyotomi, veut à tout prix s’en emparer. Goemon va alors être pourchassé par des ninjas, dont le très redouté Saizo. Les nombreuses tribulations du héros seront l’occasion de découvrir d’où il tient ses pouvoirs, ainsi que son mystérieux passé...

Mon grand regret réside dans le rendu des images. Le film baigne bien trop souvent dans un halo flou, pas du tout artistique. Ce phénomène touche principalement l’arrière plan, mais vient parfois contaminer le devant de la scène. Ce défaut ne devrait pas gêner le spectateur lambda, résigné à des projections de qualité minable dans certains cinémas. Mais, je pense surtout avec nostalgie aux anciens films japonais, dont la qualité de la photographie était bluffante. Reste à voir si ce défaut est lié à la projection d’un film tourné totalement sur fond bleu dans une salle classique. La sortie du film en DVD en novembre sera l’occasion de vérifier si cette hypothèse est la bonne.

C’est d’autant plus regrettable que cette technologie permet au réalisateur de laisser libre cours à son imagination, ô combien fertile, sur le plan des choix esthétiques. Si les occidentaux sont fascinés par l’esthétique japonaise, les nippons le sont aussi par la notre. Goemon est un patchwork qui emprunte aussi bien à Bollywood dans son côté flamboyant et ses geishas en mini-kimono, qu’à l’Italie pour l’architecture... Quant à Nobunaga, il combat dans une armure qu’il aurait pu tout aussi bien emprunter au chevalier Bayard. Le tout dans les teintes des autochromes de nos grands-parents. Tout n’est pas du meilleur goût. On en vient parfois à se demander si Pitof, notre Uwe Boll franchouillard, n’aurait pas prêté la main à certains moments.

Passons rapidement sur la musique qui vous coule souvent dans les oreilles aussi agréablement que de la cire. Sortez les violons... de la salle.

Le film tient la distance en alternant avec régularité scènes d’exposition et d’action. Et si les situations et les personnages sont des plus classiques (deux amis d’enfance qui ont pris des chemins opposés, un amour impossible...), il y a une vraie dynamique. L’histoire personnelle de Goemon rejoint la grande histoire, l’une se nourrissant de l’autre et inversement. Les personnages sont un peu trop nombreux (on aurait pu au moins kicker un side-kick superfétatoire) et l’on pourra un moment se perdre entre eux.

Les scènes d’actions sont de la pure manipulation d’images, du manga-live selon l’expression désormais consacrée, mais ce que le film perd en réalisme - ce dont le réalisateur se contrefout - il le gagne en spectaculaire. Cela va vite, très vite, les héros font des bonds à faire pâlir de jalousie Neil Amstrong, les toits explosent... Elles devraient ravir les aficionados de ce type de scènes, mais pour ceux qui y sont allergiques, attention à la crise.

Goemon a été présenté dans le cadre de l’édition 2009 de l’Etrange Festival, et sera disponible en Blu-ray & DVD à partir du 17 Mars 2010 chez l’éditeur TF1 Vidéo. Le film sera également disponible en VOD en exclusivité sur TF1 Vision.

Japon | 2009 | Un film de Kazuaki Kiriya | Avec Yosuke Eguchi, Takao Osawa, Ryoko Hirosue, Jun Kaname, Garagesale Gori, Mikijiro Hira, Eiji Okuda, Susumu Terajima
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