Gojira X Mosura X Mekagojira - Tôkyô S.O.S

Round 27 : Godzilla vs. Tôkyô !

2003. La mission entreprise par l’AMF (Anti-Megalosaurus Force) pour détruire Godzilla s’étant soldée par un semi-échec, le programme MFS-3 Kiryu (MechaGodzilla) est mis en stand-by par le gouvernement... 2004. Yoshito, jeune pilote de l’AMF est en vacances avec son petit frère Shun dans la maison de leur oncle, le professeur Chûjo. Soudain, deux jeune filles d’une vingtaine de centimètres apparaissent sous leurs yeux ; Mana et Hio viennent de l’île d’Infanto, berceau de Mothra. Le professeur semble les connaître... quarante-trois années auparavant, il avait rencontré leurs ancêtres alors que l’humanité découvrait la mite géante. Mana et Hio ont une requête : si les Hommes ne rendent pas les os de Godzilla à la mer, Mothra deviendra l’ennemi des Hommes, et si leur seule crainte est la colère du reptile radioactif, Mothra les en protègera... Au même moment à Tôkyô, les membres de l’AMF qui se sont battus contre Big G un an auparavant, Akane Yashiro [1], sont envoyés aux Etats-Unis afin de s’y perfectionner. Deux nouveaux pilotes font leur entrée au sein de la Kiryu Tai ; le sanguin Akiba et la charmante Kisaragi... Le professeur Chûjo, ami personnel du premier ministre, lui fait part de la requête des jumelles lilliputiennes, mais il essuie un refus sous prétexte que quarante-trois ans aupavant, Mothra avait détruit Tôkyô... Mais la peur de revoir surgir Godzilla est de plus en plus présente ; le cadavre de Kamêba (un monstre gigantesque) est retrouvé échoué sur une plage, tandis qu’un sous-marin atomique américain est détruit par une créature inconnue...

...ce vingt-septième opus de la mythique série instaurée par Ishirô Honda en 1954, est la suite directe de Gojira X Mekagojira sorti sur les écrans nippons un an auparavant, lui-même suite du Gojira originel...

On ne le sait que trop bien désormais, le renouveau du kaijû eiga est le fruit d’un homme, le providentiel Shûsuke Kaneko qui réinventa le genre en une trilogie mythique née en 1995 : Gamera. Un homme aux allures de messie qui se voit confier en 2001 la réalisation du vingt-cinquième volet des aventures de Big G. Le résultat est sans appel puisque Kaneko réalise tout simplement le meilleur épisode de la série (aux côtés du premier Gojira), l’exceptionnel GMK. Mais dans le sillon du génie, se cache un autre homme, plus discret celui-ci : Masâki Tezuka. En 2000, et pour son baptême de metteur en scène, il se retrouve aux commandes du vingt-quatrième Godzilla, Gojira X Megagirasu. Véritable réussite en matière de kaijû, Tezuka insuffle à son film une énergie disparue depuis de trop nombreuses années. Après la pause GMK, la Toho fait à nouveau appel à lui, afin de réaliser Gojira X Mekagojira, qui fait l’impasse sur quarante-huit années cinématographiques, pour succéder directement au film initiateur de Honda. Fable écologiste couplé à un spectacle ultra-jouissif, cet opus du lézard radioactif nous laisse étrangement un goût d’inachevé... pourquoi ? Masâki Tezuka a la réponse : Gôjira X Mosura X Mekagojira - Tôkyô S.O.S.

...dès les premières images de Tôkyô S.O.S, le spectateur est immergé dans la suite directe de son prédécesseur filmique. Tout ce que Tezuka a mis en place un an auparavant prend ici une toute autre dimension. L’arrogance des politiciens qui font croire au peuple que le danger est hors de portée, l’homme qui se joue des éléments et se croit plus fort que la nature, la fable écologique est belle et bien là, mais Tezuka y ajoute le lyrisme...

Tôkyô S.O.S est un véritable kaijû eiga, c’est indéniable ; les combats entre Godzilla et Mothra rappellent les plus grandes heures du genre, et voir ces géants de latex s’entredéchirer au beau milieu des ruines de notre civilisation reste un pur moment de bonheur visuel qui nous fait retomber en enfance ! Prises de catch violentes, cris assourdissants et destruction massive des icônes de la société moderne sont autant d’éléments récurrents de l’univers inégalable du film de monstres japonais... Le lyrisme dans le kaijû n’est pas la chose la plus évidente à mettre en exergue, à moins que...

...Mothra, mythique mite géante, l’ami des humains, "monstre" pacifiste, défenseur de l’humanité face à ses ennemis. Lorsque Godzilla refait surface, Mothra revient sur Terre afin de protéger ses habitants. Mothra serait il synonyme d’émotion ?... déjà, dans le GMK de Kaneko, une brève séquence mettant en scène la mite géante insufflait au film une puissance émotionnelle rare... le summum est atteint ici, dans ce Tôkyô S.O.S, où les souffrances de Mothra protégeant sa progéniture transforment un excellent kaijû en un excellent film...
En dehors de son aspect conte écologique, Tôkyô S.O.S reprend des thèmes chers à la société nippone, comme l’abnégation de soi afin de faire triompher le groupe ; en un mot, l’esprit de sacrifice, ou lorsque la cause devient plus importante que l’individu lui-même...

...si l’on retrouve le personnage d’Akane Yashiro - héroïne de Gojira X Mekagojira - interprété par Yumiko Shaku (Shurayukihime), c’est à une toute nouvelle distribution que nous avons droit ; de Noboru Kaneko (Muscle Heat), qui donne vie au héros de cette histoire, Yoshito Chûjo, au vétéran Hiroshi Koizumi (Mosura), en passant par l’excellent Koh Takasugi (Samehada Otoko to Momojiri Onna) qui reprend ici son rôle du lieutenant Togashi. Quant à la Toho, qui a bien compris depuis la charmante Chiharu Niiyama (GMK) qu’une jolie demoiselle couplée à un gros monstre était une recette plutôt vendeuse, elle offre ici le rôle d’Azusa Kisaragi à la très en forme(s) Toho girl/race queen/aidoru Miho Yoshioka (Ganryujima)...

Si jusqu’alors Masâki Tezuka, en bon dauphin, restait dans l’ombre de Shûsuke Kaneko, il parvient avec Tôkyô S.O.S à réinsuffler au kaijû une dimension nouvelle, poétique et grandiose, tout en restant jouissif à outrance, le propulsant ainsi parmi les meilleurs films du genre... mais une question reste en suspens après un tel spectacle ; à force de parfaire un genre de manière aussi magistrale, ne risque-t-il pas de péricliter ? La perfection peut être une dangereuse alliée... Une chose est sûre, Tezuka signe une double-œuvre inégalée dont la première partie prend toute son ampleur à la vision de la seconde. Quant à Tôkyô S.O.S, il gagne sa place au rang des chef-d’œuvres du kaijû pour l’éternité.

Kuro | 13.01.2004 | Japon

En salles au Japon depuis le 13 décembre 2003.

La musique du film composée par Michiru Oshima est disponible sur CD [réf. KICA-620].


Bonus
Site officiel : http://www.godzilla.co.jp

[1cf. article Gojira X Mekagojira en tête

aka Gojira tai Mosura tai Mekagojira Tôkyô S.O.S - Godzilla Mothra MechaGodzilla : Tokyo SOS - GXMXMG - Tôkyô SOS | Japon | 2003 | Un film de Masâki Tezuka | Avec Noboru Kaneko, Miho Yoshioka, Mitsuki Koga, Koh Takasugi, Itsuki Ômori, Hiroshi Koizumi, Masami Nagasawa, Chihiro Ôtsuka, Akira Nakao, Koji Shimizu, Kôichi Ueda, Shinichirô Hongô, Ryôta Satô, Tôru Masuoka, Tsutomu Kitagawa, Yumiko Shaku
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