Hi, Dharma

La situation dite du "poisson hors de l’eau" a souvent servi de point de départ aux films comiques. Plus encore aujourd’hui, en raison d’un déficit flagrant d’imagination et d’idées dans l’industrie cinématographique. Hi, Dharma, basé sur ce concept, n’échappe donc pas à la règle. Sa trame un peu mince lui empêche de captiver le spectateur jusqu’à la fin, en dépit d’une introduction efficace et d’un postulat de départ amusant.

Un groupe de gangsters, rescapés d’une embuscade tendue par une bande rivale, tente d’échapper à la police en se réfugiant dans un monastère bouddhiste. Obtenant par la force le droit d’y séjourner temporairement, ils perturbent la retraite de moines de moins en moins zen...

C’est évident, le film tient en grande partie sur le contraste entre truands et religieux, l’ opposition de leur philosophie et de leur existence. Son originalité réside dans la mise en scène de cette opposition sous forme de match. Les deux communautés se lancent donc des défis enfantins ou sportifs, dont l’enjeu n’est pas tant la tranquillité du monastère que la démonstration de la supériorité d’un mode de vie. Cet antagonisme en illustre un beaucoup plus profond et général, celui de la modernité et de la tradition. Le téléphone portable, qui semble devenu aujourd’hui le symbole privilégié de la technologie au cinéma, y est confronté au bâton de sourcier utilisé par les moines et le revolver au kung-fu ancestral. Cependant, le film démontre insidieusement que toutes ces différences ne sont pas insurmontables. Le scénario et la réalisation impersonnelle se gardent bien de prendre parti au cours d’une compétition qui montre la réunion des deux camps dans le jeu, le rire, l’enfance (à rapprocher en cela des films de Kitano où de tels passe-temps immatures cimentent les relations entre protagonistes). Cette fraternité est de bonne augure et met en lumière d’autres similitudes entre moines et gangsters, comme l’existence d’une hiérarchie forte ou d’un code d’honneur respecté. De cette manière un peu naïve, certes, et assurément convenue, le film prêche la tolérance et l’acceptation des différences, à la manière du vieux moine, qui agit comme une sorte d’arbitre, lors des épreuves comme dans la vie.

Ce message teinté d’angélisme n’est malheureusement pas suffisant pour tenir la longueur du film. L’idée de départ, plutôt amusante, se révèle trop ténue et les gags, peu renouvelés, s’essoufflent vite. Le film en devient monotone et souffre, en son milieu surtout, d’un gros manque de rythme. La réalisation trop discrète et académique ne parvient pas à masquer ce manque de substance, en dépit d’une scène d’ouverture menée tambour battant et bénéficiant d’une lumière et d’une chorégraphie particulièrement léchées. Les bases de l’histoire sont instantanément posées, ce qui fait d’autant plus regretter la lenteur et l’attente qui règnent par la suite. On déplore également que le scénario n’exploite pas plus l’évidente complicité entre les acteurs principaux, particulièrement Jung Jin-Young (déjà remarqué dans Guns & Talks) et Park Shin-Yang. La crédibilité douteuse de l’histoire déteint sur le jeu des acteurs et amoindrit leur performance.

En un mot, le second degré passe mal, car le film balance entre farce et action policière sans jamais vraiment choisir son camp. Le caractère improbable et burlesque de plusieurs scènes et en particulier la fin ridicule rappelle malheureusement nombre de comédies américaines, dont l’œuvre semble vouloir, à tort, s’inspirer. Pour découvrir la veine comique réussie du cinéma coréen, on se tournera plutôt vers Guns & talks ou The Foul King...

David Decloux | 30.11.2002 | Corée du Sud

Hi, Dharma est disponible en édition toutes zones coréenne. Comme d’habitude très soignée au niveau de l’image (propre et anamorphique) et du son (coréen en 5.1 avec des sous-titres anglais), elle contient également quelques bonus que seuls les bilingues seront à même d’apprécier.

Hi, Dharma existe aussi en DVD HK chez Universe.

aka Let’s Play, Dharma | Corée du Sud | 2001 | Un film de Park Cheol-Gwan | Avec Park Shin-Yang, Jeong Jin-Yeong, Park Sang-Myeon
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