Hide and Creep

Thornby, Alabama. Chuck, propriétaire du video-club local, est au téléphone avec un client qui recherche désespérément un film de zombies à louer. Evil Dead 2 ? « Désolé, ce n’est pas un film de zombies. » Braindead ? Pas intéressé : le client recherche un film américain. « Vous ne le savez peut-être pas, mais il n’y a que trois bons films de zombies américains, et ils sont tous signés Romero. » Zombie 1, 2, 3, 4 ? Tous sortis. Eh mais attendez un instant... comment se fait-il qu’il n’y ait plus aucun film de morts-vivants en stock ? Le client suggère à Chuck que les rumeurs sont vraies, que les expériences du gouvernement ramènent les morts à la vie, que les gens le savent et recherchent ces films pour apprendre à se défendre. « Je crois qu’il faut que j’arrête de vous louer des films. » Duh.

Pendant ce temps-là, Keith, gérant du club de flingues de Thornby, étale le potentiel culturel des chaînes satellites - et notamment de Spicy Channel - devant ses potes. Lorsque la réception saute, l’un d’eux part dans la forêt remettre le générateur en route... et ne revient pas. Michael quant à lui, se réveille nu en haut d’un arbre. Il ne sait pas ce qu’il fait là, ni où sa petite amie et surtout sa voiture, l’amour de sa vie, sont passés, mais il pense bien avoir vu une soucoupe volante. Il se met en route pour le cimetière, dans lequel il a battifolé la nuit précédente, pour retrouver son pantalon... Chuck subit l’assaut d’un SDF qui semble vouloir le mordre... Keith part à la recherche du réparateur de fortune et trouve des rednecks en train de le dévorer... Tout ça ressemble finalement vraiment à une invasion de zombies en bonne et due forme ; comme vient d’ailleurs le confirmer un agent du gouvernement, littéralement parachuté sur place pour gérer la situation...

Romero n’aurait sans doute jamais pu réaliser son quatrième et merveilleux opus de zombies, Land of the Dead, si les morts-vivants n’étaient pas dans l’air du temps. Et ils le sont : un peu partout dans le monde, comme dans une résurgence du fantastico-gore débrouillard d’il y a dix-quinze ans, les films de morts-vivants pullulent à nouveau. Fleuron redneck du genre, Hide and Creep est un premier film, sans le sou mais avec beaucoup d’amour pour le genre, et d’idées à revendre. Des idées cependant souvent présentées de façon trop modeste, et qui feront les choux gras d’une plus grosse production un jour ou l’autre. Hide and Creep préfère en effet se la jouer nonchalant et référentiel que franchement novateur ; ce qui lui confère par moments, et notamment dans certains dialogues trop imbus d’eux-même, un côté convenu que reflète l’absence de véritables scènes gores.

Hide and Creep possède en effet un petit côté Kevin Smith raté, dans ses dialogues sur les films de zombies et ses tirades contre Pepsi. A peu de choses près lors de ces séquences destinées à être retenues par les fans potentiels, les acteurs prennent le spectateur à parti. Ce n’est pas un défaut à proprement parler, mais c’est ici trop flagrant car ces scènes ne s’intègrent aucunement à la narration. Paradoxalement, toutes les scènes contextuelles auraient méritées d’être moins discrètes, du restaurant pour zombies au supermarché exploité commercialement comme lieu de survie, en passant par les petites filles exécutrices, les zombies lesbiennes lubriques et j’en passe : les véritables idées de Hide and Creep ne sont pas avortées mais restreintes, en faveur d’une flemmardise générale. C’est d’autant plus dommage que des idées de la sorte, il y en a vraiment à foison (les pamphlets de présentation de la menace zombie), et que les réalisateurs sont de bons élèves, n’omettant même pas le côté socio-politique du genre (les habitants qui en tuent d’autres en pensant avoir à faire à des morts-vivants, la responsabilité explicite du gouvernement).

La flemme qui habite Hide and Creep - pourquoi de pas avoir refait les détonations, ridicules, en post-production ? - n’entache cependant pas trop un film fort sympathique, car ses personnages sont excellents, la plupart des dialogues, même gratuits, excellents, et l’ensemble suffisamment rythmé pour se regarder avec plaisir, et ce d’autant plus qu’il sait rester (un peu trop) honnête. Il s’agit certes d’un film amateur, mais de ceux qui augurent de bonnes choses pour un passage à un budget supérieur, et non de ceux limités par un talent tout à fait relatif. Hide and Creep, c’est peut-être du cinema « budget » et inégal, mais c’est tout de même une oeuvre agréable, politiquement incorrecte et prometteuse.

Akatomy | 28.08.2005 | Hors-Asie

Hide and Creep est disponible en DVD zone 1, notamment via le site de la boîte de production et distribution indépendant, The Asylum (http://www.theasylum.cc/).

USA | 2004 | Un film de Chuck Hartsell et Chance Shirley | Avec Chuck Hartsell, Barry Austin, Melissa Bush, Kyle Holman, Chris Garrison, Chris Hartsell, John Walker
Désir meurtrier
Mon deuxième frère
The Tenants Downstairs
Headshot
Désirs volés
The Bodyguard
Beautiful 2012
Akusengari
My Beautiful Girl, Mari
The Sniper
The Room Nearby
Olivier Assayas
Kazuhiro Soda : Mental
Nobuhiro Yamashita : entretien / carrière
The Search
The Blind Woman’s Curse
Ju-on : The Grudge 2
South of The Clouds
Hana to Hebi 3
The Sniper
The Man Who Watched Too Much
Love Song for a Rapper
Donor
La Femme d’eau
Feast
Loft
Battlefield Stadium
Revolver
He is My Enemy, Partner & Father-in-Law
Inochi