Hitch-Hike

Avec tout le respect que je dois à Susumu Terajima, je me demande bien ce qui l’a poussé à s’engager dans cette galère. Car Hitchhike est, pour dire les choses crûment, un navet. Pourquoi ? Parce que d’abord il est dramatiquement prévisible, incroyablement mal filmé et qu’il aligne sans ciller des clichés plus gros que lui.

Toshio (Susumu Terajima) et Reiko forment un couple qui bat de l’aile. Un jour qu’ils se rendent tous deux quelque part en voiture, ils manquent de renverser un autostoppeur (Kazuyoshi Ozawa). Il finissent par le faire monter dans la voiture mais lorsque son comportement devient étrange et que Toshio décide de le faire descendre, il sort un fusil à pompe et oblige le couple à continuer à rouler. Peu à peu, les petits secrets de Toshio et Reiko sont exposés par ce mystérieux inconnu.

Je n’ai pas une grande admiration pour Rutger Hauer mais j’ai toujours eu un faible pour son rôle dans The Hitcher (Robert Harmon, 1986), un film noir que j’ai toujours apprécié. Kenji Yokoi (Heat, la série des Jihad et divers films de V-cinema), le réalisateur de Hitchhike, a certainement vu ce film (curieusement, il a choisi Kazuyoshi Ozawa dans le rôle de l’autostoppeur, un acteur qui comme Rutger Hauer est généralement un habitué de séries B ou Z) ainsi que des road-movies à la pelle. Mais plutôt que de se réapproprier le genre et d’en faire ne serait-ce qu’un exercice de style, il nous sert du V-cinéma maladroit avec tous les apparats d’un film d’auteur.

Imaginez un instant que vous deviez écrire un scénario avec pour base un couple qui prend un autostoppeur. Si vous me mettez un autostoppeur psychopathe et une ambiance de western, il y a peu de chance que je continue à vous lire. C’est pourtant ce que fait Kenji Yokoi. Il peine de plus à briser la linéarité de son scénario et ses tentatives désespérées ont vite fait de lasser. Outre des petites coupes pour donner parfois un rythme syncopé, des ralentis qui brisent le rythme de l’action, le recours à des techniques peu subtiles de film d’exploitation (violence excessive et gratuite pour bien que l’on comprenne que l’autostoppeur est un psychopathe) ou de longues séquences filmées par le rétroviseur de la voiture, son film est aussi passionnant que les paysages monotones qui défilent tout du long du film.

Hitchhike est un film à la fadeur effarante qui, tout en ayant parfois recours au graveleux, s’obstine à nous faire croire qu’il s’agit d’un film d’auteur (d’où certainement la présence alibi de Susumu Terajima). On assiste donc au spectacle peu réjouissant de Susumu Terajima perdu dans un film qui ne lui correspond pas, et a celui qui l’est encore moins de Yuuki Takeuchi, dont le jeu est absolument exécrable.

Zeni | 3.04.2005 | Japon

Hitchhike est sorti sur les écrans japonais le 12 juin 2004, et est disponible en DVD au Japon, sans sous-titres.

aka Hitchhike - Oboreru Hakobune | Japon | 2004 | Un film de Kenji Yokoi | Avec Susumu Terajima, Yuuki Takeuchi, Kazuyoshi Ozawa , Kôji Ozawa
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