Horoscope 1 : The Voice From Hell

Je crois que j’en reviens toujours aux mêmes choses finalement : un zeste de paranormal, une bonne dose de v-cinema, pas mal d’érotisme latent et si possible quelques zombies, ou encore un bon petit mélo... Car oui, nous voici une fois de plus en présence d’un film dans lequel l’héroïne peut voir des esprits ! Dire que j’avais presque juré, il y a quelques mois de cela, que l’on ne m’y reprendrait plus... Vous voulez que je me discrédite encore un peu ? Et bien sachez que cette condamnation auto-infligée avait été prononcée à la suite de la vision du Sleeping With the Dead de Steve Cheng - ça alors, il s’agit aussi du réalisateur du film qui nous intéresse aujourd’hui ! Suis-je donc tétu à ce point ? A moins vous dites-vous, que j’ai voulu voir ce film uniquement pour pouvoir regarder le second de la série, avec Sophie Ngan ? Vous n’iriez pas croire ça, tout de même...

Un employé des services sociaux fait visiter un appartement à un couple. Il semble bien pressé de quitter les lieux, et pour cause : il est presque 17 heures - heure à laquelle se déroule un étrange et morbide phénomène, puisque les visiteurs sont contraints de revivre la mort d’une mère et son enfant, piégés dans ce même appartement deux ans plus tôt et brûlés vifs. Visiblement familier de cette manifestation paranormale mais passablement effrayé, l’employé s’écroule, l’écume aux lèvres...

Voilà pour le prégénérique de Horoscope 1 : The Voice From Hell. Une scène plutôt astucieuse, qui intègre "physiquement" un flash-back au présent de narration en usant du pouvoir d’esprits vengeurs. Pendant un bon moment néanmoins, cette mise en place - horrifique, vous en conviendrez - est laissée de côté au profit d’un développement plutôt comique, visant à nous présenter notre héroïne du jour, Jojo (Athena Chu) ainsi que son entourage.
Jojo est étudiante en psychologie. Orpheline, elle vit avec son oncle, sa tante, et son grand-père. En dehors de ses études et quand elle n’est pas en train de se faire harceler par un policier amoureux, Jojo est assistante sociale, et s’occupe à ce titre de Tante Szeto, médium reconnue qui vit dans le même immeuble que les esprits présentés en introduction...
C’est au cours de l’une des visites de la jeune femme chez Tante Szeto que l’on apprend le pourquoi du comment du titre du film : en raison de la date de naissance de Jojo et de son signe astrologique, la médium est persuadée que Jojo a des prédispositions pour flirter avec le monde des esprits. Une supposition qui s’avèrera confirmée lorsque Jojo fera la rencontre de la mère brulée dans l’appartement d’en face, bien décidée à posséder le corps de notre héroïne pour accomplir sa vengeance...

Horoscope 1 est certes un petit film très "mode" si on le resitue dans son contexte ; en dépit d’un côté opportuniste et d’un certain manque d’originalité, il n’en reste pas moins très agréable à regarder.
Pour une fois, le dosage humour/horreur est assez réussi : Steve Cheng n’insiste jamais suffisament dans un domaine ou dans l’autre pour créer un déséquilibre très "Cat III", propice à l’épanchement de mauvais goût. Une partie de l’humour reste bien sûr situé en-dessous de la ceinture, mais n’est jamais vraiment scabreux ou vulgaire pour autant. Le personnage du grand-père de Jojo notamment, "comic relief" à 100%, offre avec ses pertes de mémoire bon nombre de sourires bon enfant.
D’un autre côté, les scènes horrifiques, bien que relativement "lights", sont elles aussi plutôt réussies. Que ce soit l’excellente introduction, la visite de Jojo en enfer (les rues de Hong Kong, mais en noir & blanc et uniquement peuplées d’esprits), le brossage de dents hardcore de sa tante ou le final du film ; l’horreur dans Horoscope connaît une certaine escalade, efficace grâce à une mise en scène travaillée mais avant tout carrée.

La prestation d’Athena Chu dans ce premier Horoscope est à l’image de ce dosage équilibré de rires et de frissons. La jeune chanteuse/actrice s’avère aussi convaincante dans les scènes où elle joue une gentille étudiante, que lorsqu’elle est possédée par le fantôme de Pinky Cheung. A plusieurs reprises d’ailleurs, Steve Cheng s’amuse à la faire naviguer brutalement entre les deux états ; des séquences surréalisates qui sont parmi les plus intéressantes de Horoscope 1.

Dans l’ensemble donc, Steve Cheng parvient à pallier au côté convenu de son scénario grâce à une réalisation efficace et des personnages convaincants. Ni hilarant ni traumatisant mais quelque part entre les deux, Horoscope 1 : The Voice From Hell risque néanmoins de patir de cet état de neutralité : à savoir être agréable à regarder, mais plus facile à oublier que s’il avait été aussi mauvais que Sleeping With the Dead. Ce que la vie peut être cruelle, parfois...

Akatomy | 19.02.2003 | Hong Kong

Disponible en DVD et VCD HK chez China Star.
La copie est de bonne tenue, et la bande-son en 5.1 jouit même de quelques effets de spatialisation efficaces.
Des sous-titres anglais sont bien sûr disponibles, par contre cette édition ne comporte aucun suppléments.

Hong Kong | 1999 | Un film de Steve Cheng Wai-Man | Avec Athena Chu Yun, Chin Kar Lok, Eric Wan Tin-Chiu, Helena Law Lan, Pinky Cheung Man-Chi, Lai Chun, Frankie Ng Chi-Hung, Yuen King-Tan, Spencer Lam Seung-Yi, Simon Loui Yu-Yeung
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