Horus, prince du soleil

Retour aux sources du miyazakisme... Horus, prince du soleil est en effet le premier film de Miyazaki en tant qu’animateur à part entière ! Celui qui est maintenant considéré comme l’un des tout grands du genre, avec à son actif des œuvres majeures telles que Princesse Mononoke ou Le voyage de Chihiro, a commencé au bas de l’échelle du dessin animé, comme intervalliste. Il a par la suite gravi peu à peu les échelons pour en arriver au niveau qu’il occupe aujourd’hui.

Ce film, qui date de 1968, est donc un véritable document, un témoignage de ce qu’a été le dessin animé. En cela, il est intéressant. Le problème, c’est justement qu’il n’intéressera que les spécialistes de l’animation japonaise, tout heureux de retrouver ces bobines jusque-là inédites en France. Parce qu’en tant que tel, Horus, prince du soleil est loin, mais alors très loin d’être un chef d’œuvre (si on le juge par rapport à la production actuelle, bien sûr). A tel point qu’on se demande bien ce qui a pris à BAC Films de vouloir mettre ce film sur les écrans français : certes, il a fait partie de la sélection du Festival du film d’animation d’Annecy, et son scénario est, à quelques exceptions près, plutôt intéressant, mais l’animation, justement...

Pour ce qui est de l’histoire, Kazuo Fukazawa, le scénariste, a puisé dans de nombreuses légendes, dans la mythologie européenne (scandinave et germanique surtout) pour bâtir un récit d’initiation assez classique, quoique parfois confus. Poursuivi par les loups de son ennemi, le démon Grünwald, Horus est sauvé par le Mogue, un géant de pierre. En retour, Horus lui retire de l’épaule une épine qui le gênait. L’épine en question est en fait une grande épée, que le Mogue lui permet de conserver, en lui disant qu’il reviendra l’aider lorsqu’il aura appris à s’en servir et qu’il aura découvert son destin. Le père d’Horus décède alors, en lui indiquant qu’il doit traverser la mer, pour retrouver ses origines. Ils étaient en effet les deux seules personnes à être resté sur cette rive lors des dernières migrations. Horus se retrouve ainsi dans un village inconnu, dont les habitants sont désespérés car un brochet géant dévore tous les poissons, leur seul moyen de subsistance. A force de ruse, Horus parvient à débarrasser le village du monstre. Mais il doit aussitôt faire face à une attaque des loups blancs, les messagers de Grünwald. Se lançant à leur poursuite, il se retrouve dans un autre village, abandonné celui-ci, où il fait la rencontre de Hilda, qui a l’air tout aussi perdue que lui. Les deux enfants se lient d’amitié. Mais Grünwald a de bien noirs desseins... Rien que l’éternel combat du Bien contre le Mal à la sauce mythologique, Walhalla et tout le reste. Plutôt amusant.

C’est côté image que l’on peut être déçu. Enfin, cela dépend, bien sûr, de ce que l’on aime dans le film d’animation. Mais le fait est qu’on s’aperçoit vite de ce qui a évolué dans le dessin animé en 35 ans. Personnages dessinés à la serpe (dans le mouvement, en tout cas), animation vraiment limite par moments. Je ne sais pas si vous vous souvenez, dans les séries Cobra ou Lady Oscar, de la manière dont étaient soulignés les moments clés ? Et oui : par des plans figés, agrémentés de longues lignes figurant le mouvement, absent pour un temps de l’écran. Là, non seulement le recours à ce procédé est fréquent, mais il arrive parfois que l’action se poursuive en off, la bande-son suppléant l’image. Tellement étrange qu’on peut se demander si quelques images n’ont pas été perdues, avec le temps...

Au total, l’intérêt documentaire ne parvient pas à dépasser les défauts visuels, et le temps paraît bien long, même aux enfants, habitués à une autre qualité d’image et d’animation. Mais à qui s’adresse donc cette sortie plus que tardive ?

Date de sortie de Horus, prince du soleil sur les écrans français : le 4 février 2004.

Japon | 1968 | Un film de Isao Takahata & Hayao Miyazaki | Avec Hisako Okata, Etsuko Ichihara, Mikijiro Hira, Junko Hori, Junko Hori
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