I Wish - nos voeux secrets

Une séparation.

Hirokazu Kore-eda, un cinéaste lamartinien ? L’affirmation peut paraître saugrenue. Mais à quel réalisateur conviendrait mieux la citation du poète romantique : un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ? Si ce n’est au réalisateur japonais qui a fait de la disparition d’une personne la matière de nombre de ses films. Dès sa première œuvre de fiction, Maborosi, il met en scène le deuil, tandis que dans Nobody Knows, les enfants survivent sans leur mère. Quant au merveilleux Still Walking, la dernière de ses réalisations que j’ai vue, la disparition du frère y avait vicié les rapports familiaux.

I Wish raconte l’histoire de deux frères, Koichi et Ryunosuke, dont le divorce des parents s’est traduit par leur éloignement géographique. L’aîné vit chez ses grands-parents avec sa mère et le plus jeune chez son père, guitariste d’un groupe de rock. Les deux frères accompagnés de leurs ami(e)s respectifs se donnent rendez-vous dans un village où ils comptent voir les shinkansen - le TGV japonais - se croiser sur la dernière-née des lignes à grande vitesse. Ils croient que l’énergie dégagée par le croisement de ces trains devrait leur permettre de réaliser un vœux. Koichi et Ryunosuke souhaitent bien sûr que leurs parents se remettent ensemble pour qu’ils puissent vivre de nouveau ensemble.

Film plus léger que les précédents, I Wish est une véritable bouffée de fraîcheur. Sa réussite tient en grande part au fait que le réalisateur se refuse à dramatiser le voyage clandestin des enfants. Pas de police appelée pour récupérer les fugueurs, pas de parents en pleurs... Il laisse simplement l’histoire se dérouler jusqu’à son dénouement, car elle est racontée du point de vue des enfants. On prend autant de plaisir qu’eux à cette escapade !

Documentariste avant de passer à la fiction, l’une des qualités du cinéma de Hirokazu Kore-eda est de parvenir à obtenir un naturel étonnant de la part de ses acteurs. D’où peut-être son choix de travailler aussi fréquemment avec des enfants. Ils ne jouent pas devant une caméra, ils se contentent d’être.

Le réalisateur japonais a centré son film sur les enfants dont les parents sont séparés. Parmi le petit groupe parti faire l’école buissonnière, hormis ceux des deux héros, le visage d’un seul parent apparait à l’écran. Celui de la mère-célibataire et tenancière de bistro, dont la fille souhaite devenir actrice. Le frère cadet fait d’ailleurs en sorte qu’elle reste éloignée de son père car cette ancienne actrice constitue une "menace".

Les deux heures dix du film pourront paraître un peu longuettes pour certains spectateurs, mais ce fut loin d’être mon cas. Hirokazu Kore-eda offre une cure de jouvence au spectateur. A travers son film, il nous communique la vitalité et la fraîcheur de la jeunesse. Un plan récurrent illustre ces qualités : celui de ses enfants courant vers leur destination. La votre : la salle de cinéma la plus proche qui projette ce film.

I Wish - nos vœux secrets sort sur les écrans français le 11 avril.
Le film a notamment été diffusé à l’occasion du 14ème Festival du Film Asiatique de Deauville (2012).

aka I Wish - 奇跡 - Kiseki | Japon | 2011 | Un film de Hirokazu Kore-eda | Avec Koki Maeda, Yoshio Harada, Hiroshi Abe, Nene Otsuka, Kirin Kiki, Jô Odagiri
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