Il Mare

Une comédie romantique avec une fine touche de drame ou un mélodrame avec une fine couche de romantisme ? Il Mare est le genre de film qui sans aucune difficulté rentre dans bon nombre de catégories. Le romantisme à la française ou à l’américaine a tendance à se perdre dans les aléas de la comédie grasse et des bons sentiments dégoulinants, pour tenter de nous faire croire à une love story. Une tare qui heureusement n’est pas trop de mise dans le cinéma coréen (ok , il y a eu quelques moments de flottements, j’admets...)

Si l’on devait trouver un pendant littéraire à ce film, il s’agirait sans nul doute de Le jeune homme, la mort, le temps de Richard Matheson (livre dans lequel deux êtres transcendent la barrière du temps pour vivre une histoire d’amour aussi belle que profondément humaine). Chose de plus en plus rare dans ce genre de films de nos jours, Il Mare se paye le luxe de ne pas recourir à des clichés à la pelle ou à un humour de pompier digne d’un épisode de Police Academy pour réussir à fonctionner à 100%. Mais venons-en à l’histoire : imaginez-vous un instant que le jour de votre emménagement dans votre nouvelle maison en bord de mer, vous vous rendiez compte que votre boîte aux lettres est magique. Oui, j’ai bien dit magique, car cette sympathique boîte aux lettres peut vous offrir la chance de dialoguer avec l’ancien propriétaire des lieux qui était là... il y a quelques années. Lui dans le passé, vous dans le présent... eh oui ça se complique. Je sens déjà la peur s’infiltrer dans vos têtes, et pourtant il n’y a aucune raison. Vous êtes en face d’un vrai moment de bonheur, comme l’on en voit peu dans ce domaine si casse geule du melo. Malgré son postulat de départ pour le moins alambiqué, Il Mare fonctionne avec une aisance déconcertante (je sais, ça agace le talent !).

La faute à qui ? Et bien aux personnages et à tout ce qu’ils représentent. Certes, les deux personnages sont une belle plante et un Joe beau gosse, tout droit sortis de l’usine à canons cinématographiques, mais ô miracle et c’est ce qui fait toute la différence, leur caractère, leurs actions et la psychologie qui est la leur se raccrochent à 2000% de ceux d’êtres humains comme vous et moi. On se reconnaît en eux, on se met à penser la situation sous un angle d’approche identique à celui que ces deux héros sont en train de vivre. Incroyable : la magie du cinéma opère sur nous. La liste des miracles qu’accomplit ce film est tellement longue qu’une vie d’highlander n’y suffirait pas pour en faire l’inventaire, mais si je devais n’en retenir qu’un seul il serait le suivant : Jun Ji-Hyun. Elle est l’édifice - que dis-je, la pièce maîtresse de ce film. Rares sont les actrices qui dés le début d’une carrière crèvent l’écran à un tel point. Jun Ji-Hyun revient ici après White Valentine encore plus belle que jamais. Quelques temps avant My Sassy Girl, The Uninvited ou bien le plus récent Windstruck, elle fait preuve d’un talent sans artifice et d’un charme dont peu d’actrices de son âge peuvent se vanter. Comment résister à une femme consciente de sa beauté, et qui de ce fait décide de ne pas axer le jeu de la séduction sur ce « détail » ? Elle fait alors ressortir encore plus tout ce qui continue de la rendre féminine et magnifique (bon, je crois que c’est évident, je suis conquis... euh personne ne connait son numéro de tel par hasard ?). La finesse du traitement de sa vie sentimentale et sociale dans le film, combinée à la beauté hypnotique qui est la sienne, ne cesseront jamais de faire chavirer ma pauvre petite personne.

Est-elle la simple et unique raison pour laquelle j’aime ce film ? Ces visions successives du film n’auraient donc été que le fait du sort que la simple vision de ses yeux provoquent sur moi (c’est pas passer loin, ok j’admets... personne n’est parfait) ?

Non, la vérité c’est que Il Mare est avant tout un film solide, dont les éléments ne se désagrègent pas de votre mémoire dès que le film affiche le mot fin. Bien au contraire, du jeu des acteurs en passant par la réalisation - dont le tempo lent et hypnotique nous permet de nous accrocher à ces persos sans heurts ni violences -, tout tend à inviter le spectateur à s’engager dans ce magnifique moment de vie qu’est le film. De plus, l’incroyable réussite de la bande originale ne fait que renforcer ce qui s’avérait déjà solide comme un kryptonien à l’épreuve des balles. Quand le talent rime avec humilité et amour du spectateur, cela donne de vraies histoires d’amour, qui se bonifient vision après vision. Il Mare fait partie des rares films qui peuvent prétendre avoir une place dans cette catégorie restreinte. Comme quoi le bonheur, c’est simple comme une maison en bord de mer et une boîte aux lettres magiques... pour une fois que la poste fonctionne à plein régime. Ce qui me pousse à dire que voilà une raison de plus pour vous de vous replonger, ou bien de découvrir ce petit bijou sans attendre. L’essayer c’est l’adopter...

Marcus Burnett | 1er.02.2005 | Corée du Sud

L’éditeur coréen Spectrum offre le film en anamorphique dans une copie qui fait justice à la palette de couleur utilisée, avec une bande-son 5.1 juste et efficace. Les sous-titres anglais, par contre, laissent vraiment à désirer, pour une fois...

Il Mare est aussi disponible en édition coréenne 2 DVDs, en DVD HK et en DVD zone 1 aux USA.

aka Love Story | Corée du Sud | 2000 | Un film de Lee Hyeong-Seung | Avec Lee Jeong-Jae, Jeon Ji-Hyeon (Jun Ji-Hyun)
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