Infernal Affairs 3

Jamais 2 sans 3... ou... Un bon flic est un bon flic mort !!

Une dizaine de mois après la mort de Yan, Ming est lavé de tous soupçons de corruption, mais doit tout de même faire pénitence quelques semaines et est affecté à un poste administratif. Alors qu’il apporte son uniforme à un sergent, il est témoin, ainsi que la totalité du service, du suicide du dit sergent. Non seulement ce suicide a eu lieu dans les locaux de la Police, mais le seul témoin direct est l’inspecteur Yeung. Et c’est justement le comportement de ce dernier qui va pousser Ming à suivre sa propre enquête sur ce curieux chien fou ; car en plus d’avoir réintégré les Affaires Internes, il a bénéficié d’une promotion. Au cours de ses investigations, il met la main sur une photographie de Yeung et de Shen, un chinois du continent fiché dans les dossiers de la Police comme trafiquant d’armes.

Dans le même temps, Ming au bord du divorce, entretient une relation mystérieuse avec l’ancienne psychologue de Yan, le Docteur Lee. Celle-ci, en pleine confiance, lui montre même les dossiers de ses clients et surtout, celui de Yan. Dès le soir venu, Ming s’introduit par effraction dans le cabinet et dérobe l’unité centrale du précieux ordinateur. Au travers de chaque rapport des sessions de psychanalyse, Ming va apprendre qui était Yan, quel homme il était, par quelles nombreuses épreuves il a dû passer, et enfin, sans doute le plus important, ce qu’il pensait au fond de son cœur, de son âme...

"Everything will be OK, after tomorrow !!"

Six mois avant sa mort, Yan est sommé par le Superintendent Wong de suivre une thérapie s’il ne veut pas terminer en prison, en compagnie des mafieux qu’il a contribué à mettre sous les verrous. Ne pouvant dire qui il est vraiment à son médecin de l’esprit, Yan s’enferme dans le mutisme et toutes sortes de mensonges, plus abracadabrants les uns que les autres. Puis peu à peu le Dr Lee obtient sa confiance, d’abord forcée puis totale. Yan commence alors à se livrer et à se confier. Dans le même temps, Sam, son boss, prépare une transaction juteuse avec un trafiquant d’armes, le précité Shen. Sam charge Yan de s’occuper du deal.

Parallèlement à cela et à quelques mois d’intervalle, Ming accentue sa surveillance de Yeung, allant jusqu’à placer un émetteur sous sa voiture et une caméra dans son bureau. Mais dans ce monde de paraître, Ming a bien du mal à y voir clair ; il se souvient de Mary, son premier amour (la femme de Sam) et de Mary, sa femme qui a accouché d’un enfant dont il est le père...

Qu’allait bien pouvoir inventer Hong-Kong ce coup-ci, pour le troisième opus d’une série de films, d’ores et déjà plus que légendairement mythique ? Un approfondissement des pesonnages, en décrivant encore plus en détail leur passé, semblait la solution de facilité et/ou la voie royale, pour les scénaristes. Expliquer leur comportement par le biais de rencontres qui les changèrent à tout jamais, n’aurait été qu’une redite d’Infernal Affairs 2. Non décidément non, il fallait trouver autre chose. Et là tout à coup, une idée, toute simple : et si on écrivait une toute autre histoire, et si on allait plus loin que le simple imbroglio de corruptions des âmes, si on éclairait les zones d’ombres de ces années troubles passées à la trappe dans Infernal Affairs, si on décortiquait, grattait l’image qu’affichaient Yan et Ming... Qu’allions-nous alors découvrir ??

Tout ce dont on pouvait être sûr c’est que les producteurs n’allaient certainement pas mettre au rebus cette poule aux oeufs d’or ; d’autant plus que le succès des deux premiers Infernal Affairs reste sans égal, dans l’histoire de l’industrie cinématographique hongkongaise. Dès lors, un spectre inquiétant stagne au dessus du projet Infernal Affairs 3. Mais il faut avouer que ce spectre est bien vite dissipé, après une scène d’ouverture de toute beauté et résumant parfaitement la situation, voire la détresse dans laquelle se trouve Yan. Cette violence ne lui ressemble pas - il le sait - et c’est ce qui le consumme et c’est probablement la raison de sa mort. Marchant au bord du gouffre de l’illégalité et de la folie, Yan et Ming ne sont pas si différents que cela ; l’analogie entre leur façon de conduire et de se conduire est le point d’orgue du film et peut-être de la trilogie...

"- Qui vous a dit qu'il trahirait?
- Ma vie me l'a dit!! "

Infernal Affairs 3 est un film non plus sur la quête du pouvoir, mais plutôt sur la recherche de soi, et plus particulièrement sur la re-découverte de ses propres idéaux. Au premier abord, et après les évenements meurtriers dont il est l’auteur, tout laisse à penser que Ming serait tenté d’accéder à une quelconque rédemption... mais dès les premieres images du film, on est certain que ce n’est pas ce qu’il cherche. Pourtant, tout laisse croire qu’il souhaite se racheter en débusquant les autres taupes infiltrées au sein des services de police. C’est quasiment comme s’il se sentait investi d’une mission, divine peut être, en tout cas qu’il ne saisit pas et dont il ne connaît pas la provenance. En extrapolant à peine, on peut aisément en déduire que Ming est atteint de distorsions mentales, depuis le double meurtre de Yan et de Sam, et n’est donc plus capable d’assurer ni son poste ni ses actes à venir.

En fait, Ming est schizophrène, fou et rongé de l’intérieur par ses propres machinations, ses propres péchés, sa vie. Car même si Ming est lavé de tous soupçons (à tort !!) il n’en reste pas moins changé - il ne peut d’ailleurs soutenir le regard de Yan, même celui émanant d’une photo. Pourtant Ming veut devenir un homme bon et c’est ce qui l’aveuglera jusqu’à la fin de son enquête. Enquête qu’il est le seul à suivre, ou plutôt une introspection de lui-même, avec pour point d’encrage la fin tragique de Yan. Mais est-ce que, dans cet univers de faux-semblants, la vérité qui éclatera au grand jour sera la vérité telle que la conçoit Ming, ou plutôt celle en qui croyaient tous ces hommes de bonne volonté, morts : Yan, Luk, Superintendent Wong ?

Infernal Affairs 3 n’est pas une prolongation indigeste d’Infernal Affairs et encore moins une mauvaise mayonnaise qu’on aurait trop rallongée. Bien au contraire, même si ça sent le réchauffé, Infernal Affairs 3 ne sombre jamais dans la complaisance, ni dans la mise en scène tape à l’œil. Infernal Affairs 3 possède un montage assez impressionant (non seulement du point de vue chronologique, mais aussi dans de simples séquences comme celle de la thérapie en duo), prouvant au final qu’un réalisateur peut sans cesse se renouveler, du moment qu’il a en sa possession un bon scénario - incluant des nouveaux personnages forts et utiles incarnés par Leon Lai et Chen Dao Ming (l’Empereur de Hero), qui alimentent non pas l’histoire personelle de chaque personnage central, mais enrichissent plutôt la tragédie de leur vie.

L’un des éléments clés du film est le personnage du Dr Lee. Je m’explique. Pendant sa thérapie, on comprend que Yan pense mériter sa propre mort, mais qu’il croit en une certaine rédemption. Peut-être que la seule personne capable de lui apporter est ce Dr Lee, et peut-être est-ce ce que Ming recherche au contact de ce même docteur. Car finalement, c’est elle qui les réunira vraiment puisqu’ils se feront tous deux psychanalysés dans la même pièce, chacun son fauteuil, chacun sa rédemption, chacun son fardeau. Par ailleurs, la relation ambiguë que Ming connaît avec le Dr Lee nous paraît presque normale, et on se surprend presque à espérer une fin heureuse pour ce couple. En tout cas on se prend clairement d’affection pour Ming, et c’est en ça que réside le tour de force du scénario : nous faire oublier qu’il est une ordure de la pire espèce.

"Sorry I’m a cop."

Au bout du compte, on ne peut pas rentrer dans le jeu de savoir lequel est le meilleur des trois Infernal Affairs, car chacun des films orbite autour d’une histoire qui lui est propre, d’une musique et d’une ambiance : ce sont trois films radicalement différents. Je dirais juste qu’Infernal Affairs premier du nom n’est certes pas à la hauteur des deux volets suivants. Qu’Infernal Affairs 2 est digne des plus grands polars jamais réalisés et qu’Infernal Affairs 3 conclut magistralement une trilogie entamée un certain 12 décembre 2002 et achevée un certain 12 décembre 2003. Et puis après tout c’est à la fin d’Infernal Affairs 3 que le soutra religieux à l’origine de la trilogie, ainsi que ce plan où Yan sort de l’Académie et se retourne au ralenti, prennent une ampleur - comme quoi on peut toujours revenir sur ce qui a été mal écrit, ou en tout cas mal exprimé. Et puis Infernal Affairs 3 c’est finalement l’occasion de revoir Tony Leung dans une bibliothèque, et ceci n’étant pas arrivé depuis 12 ans, ça nous remplit les yeux de larmes.

"As-tu déjà rencontré un homme simplement gentil,
mais capable de te rayer de la surface de la Terre ??"

Si comme le dit Chen Dao Ming ce sont les évenements qui changent les hommes et non pas les hommes qui changent les évenements, j’ajouterais qu’il existe des films ayant eux aussi le pouvoir de changer les hommes et que les Infernal Affairs sont de ceux-là.

Pour en finir définitivement avec cette trilogie, je donnerais un court avis sur l’évolution des films. D’un point de vue réalisation, éclairage, jeu d’acteur et scénario, tout va crescendo, et même la musique si horripilante par moment dans Infernal Affairs, si discrète dans Infernal Affairs 2 et si monumentale dans Infernal Affairs 3 connaît une amélioration cinglante. Infernal Affairs 3 boucle la boucle et nous laisse le cœur apaisé et l’âme presque nettoyée, tout en nous faisant frissonner jusqu’au bout de nos pensées.

Takeuchi | 18.03.2004 | Hong Kong

En édition spéciale, présentée dans un coffret noir de meme facture que le second opus. Au programme, le certificat d’authenticité habituel, un livret de photos détachables et 4, comment appeler ça, "range carte" de crédit ou de visite, en plastique, reprenant d’un côté une des nombreuses affiches et de l’autre une image du film. Le tout étant extractable grace à un ruban doré du plus mauvais goût. Attention, sur certains lecteurs la piste son est désynchronisée de l’image. Même si cela s’arrange par la suite, c’est quelque peu gênant.

1er DVD :
Le film est présenté en 2.35 dans une copie anamorphique de toute beauté. La possibilité nous est donnée de choisir entre une piste en DTS cantonnais, en 5.1 cantonnais et en 5.1 mandarin. Les sous-titres optionnels sont anglais et chinois. Le DVD comprend la Director’s Cut ainsi que la version sortie sur les écrans HK (11minutes de différence).

2ème DVD :
Les suppléments reprennent le synopsis de départ du 3ème volet. Le making of habituel entrecoupé d’interviews d’Andrew Lau et Alan Mak, de Felix Chong et des acteurs principaux, malheureusement sans sous-titres. Une galerie photo ainsi que les reproductions de toutes les affiches imprimées pour la sortie en salles sont toujours les bienvenuse, comme le récapitulatif des bios de l’équipe et des acteurs. Comme de coutume, le tout est relevé par un clip vidéo. Une flopée de bandes annonces et de TV spots vient combler nos espèrances de cinéphiles. Et je dois dire que le thème du premier Infernal Affairs marche tout aussi bien que le Carmina Burana de Karl Off sur les images de Once a Thief. En bonus, les bandes annonces de Magic Kitchen - un film sur les fétichistes de la bouffe avec Andy Lau et Sammi Cheng -, et d’Elixir of Love, une comédie sentimentale en costumes.

Ah oui, j’allais oublier, cette édition spéciale comprend aussi un mug, une tasse si vous préférez, à la gloire d’Infernal Affairs 3.

En double édition normale, éditée par Media Asia. Cette version comprend strictement les mêmes DVD que ceux précités.

Un coffret reprenant l’intégralité de la Trilogie a vu le jour...

A l’image des films, la musique est disponible dans un coffret reprenant les trois B.O. de la Trilogie, à un prix défiant toute concurrence.

Site Officiel : http://www.infernalaffairs.com/2004/
Un bien joli site, merveilleusement programmé !!!

Hong Kong | 2003 | Un film de Andrew Law Wai-Keung et Alan Mak Siu-Fai | Ecrit par Alan Mak Siu-Fai et Felix Chong Man Keung | Avec Leon Lai Ming, Chen Dao Ming, Anthony Wong Chau-Sang, Eric Tsang Chi-Wai, Tony Leung Chiu-Wai, Andy Lau Tak-Wah, Edison Chen Koon Hei, Shawn Yu Man-Lok, Kelly Chen Wai-Lam
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