Interview

Sancho : Sancho, peux-tu nous parler d’Interview ?

Sancho : Mais bien sûr. C’est tout simple : Interview c’est le film qui a changé ma vision du cinéma coréen et qui m’a donné envie d’y jeter un œil un peu plus attentif. Avant Interview, je ne connaissais pas grand chose du cinéma coréen, ce qui ne veut pas dire que j’y connais grand chose maintenant, bien au contraire, mais bon... A l’époque, je n’avais vu que deux films coréens : Shiri, que Sancho m’avait prêté, et The Isle que j’avais vu vers quatre heures du mat’ à l’Etrange Festival l’année dernière. Entre un film bien bourrin qui ne m’avait pas vraiment calmé - et oui, Shiri ne fait pas l’unanimité - et une histoire bien barrée sur l’amour de la pêche à la ligne, je dois avouer que je n’avais pas été convaincu par le cinéma coréen, en dépit de l’enthousiasme de mes petits camarades qui dissertent sur ce même site. Et puis, je me suis laissé prendre par l’envie de voir Interview. Non pas pour découvrir un peu plus le cinéma coréen, mais simplement parce que Sancho me l’avait conseillé ; une belle histoire d’amour, comme il sait que je les aime, avec, d’après lui, une magnifique scène de ballet dans une abbaye, et il se trouvait que j’avais envie de me faire un film ayant un rapport avec la danse. De fil en aiguille, je me suis installé devant Interview, et je me suis pris une belle claque.

Sancho : Et ça parle de quoi cette claque ?

Sancho : Interview, même s’il traite de l’amour, n’est pas un film romantique comme les autres si on cherche à lui donner cette étiquette, mais j’ai fini par avoir l’habitude de cette classification inclassable si caractéristique du cinéma coréen. L’histoire pourrait se résumer comme celle d’un réalisateur qui tourne un documentaire appelé Interview, docu qui traite de l’amour, de la notion de couple, et de toutes les autres composantes d’une relation amoureuse, à travers les entretiens de personnes comme vous et moi. Sur le papier, on n’est pas bien loin du docu M6 ou des petites scènes qui parsèment Quand Harry rencontre Sally, excellentes au demeurant, mais ce n’est pas là exactement que se trouve l’intérêt du film. Dans le cadre du tournage, l’équipe va croiser la route d’une jeune assistante, à la timidité intrigante ; le réalisateur va se lier avec elle, chercher à en savoir plus, pour finalement découvrir le douloureux secret qu’elle porte en elle, et s’en trouver changé à son tour...

Sancho : Je voudrais pas dire, mais ce que tu me racontes, j’ai un peu l’impression de l’avoir déjà vu dans des dizaines de films...

Sancho : Oui, mais ces films-là ne sont pas Interview.

Sancho : Et alors ?

Sancho : Et alors, rien. C’est Interview.

Sancho : Et qu’est-ce qu’il a de plus que les autres ?

Sancho : C’est Interview !

Sancho : Ahhh... OK... J’ai compris... C’est Interview.

Sancho : Voilà, c’est ça !

Sancho : D’accord, c’est plus clair... Et si tu devais garder trois scènes dans ce film, tu garderais lesquelles ?

Sancho : En premier lieu, ce serait la scène de ballet. Une alchimie irréelle, hors du temps, se crée pendant cette scène entre le couple de danseurs, les costumes, l’éclairage, la musique, le décor, la chorégraphie, les mouvements des corps... Cette histoire contée à travers ces corps... Trois minutes de danse classique - faut pas s’attendre à Flashdance ou Dirty Dancing - qui m’ont mis par terre. J’étais vraiment hypnotisé par la pellicule. Captivé. Quelque chose de très fort... Après, je conserverai la scène d’intro. Un travelling circulaire autour de l’équipe de tournage en plein travail. Rien de bien méchant, si ce n’est que cette scène est présentée plusieurs fois, tout au long du film, montée différemment, et si la première fois, on est un peu paumé, par la suite, le film aide à saisir le sens de chaque élément de cette scène, jusqu’à ce que l’on finisse par tripper dessus. En plus, on retrouve ce découpage temporel mêlant passé et présent pendant tout le film, et ça passe très bien ; ça intrigue même... Enfin, la troisième scène que je garderais, ce serait celle où l’héroïne présente son boyfriend au réalisateur ; je ne vais rien vous révéler, mais c’est très beau, et bourré d’émotions, comme tout le film d’ailleurs. Bref, si vous êtes sensible aux histoires romantiques qui sortent des sentiers battus par Meg Ryan, ou si vous êtes curieux de voir un film coréen de plus qui va vous calmer par sa touche si "coréenne", jetez-vous dessus ; vous ne serez pas déçus.

Sancho : Merci Sancho. Un dernier mot ?

Sancho : Oui. La Corée, c’est jaune, et ça déchire !!

J-Me | 21.07.2001 | Corée du Sud

Interview est disponible dans une édition magnifique en DVD chez Spectrum (copie 16:9 sans le moindre défaut, son 5.1 juste et efficace), avec des sous-titres anglais, et quelques suppléments (qui ne sont par contre pas sous-titrés, comme d’habitude).

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