Kabhi Khushi Kabhie Gham

"Un mari c’est Dieu, quoiqu’il dise, quoiqu’il pense, il a toujours raison."

Rohan (Hrithik Roshan) rentre en Inde pour la fête du Diwali (début du nouvel an indien), retrouver son père Yashovardhan (Amitabh Bachchan) et sa mère Nandini Raichand (Jaya Bachchan) - une riche famille indienne. En chemin, il va voir ses deux grand-mères. Un soir, il surprend une conversation et apprend alors de leurs bouches que son frère aîné Rahul (Shah Rukh Khan) est un enfant adopté et qu’il a été chassé de la maison par son père dix ans auparavant. Car Rahul en se mariant avec Anjali (Kajol), une jeune fille de classe moyenne, a déshonoré la famille et est allé à l’encontre des désirs de son père, qui lui avait déjà choisi une jeune femme, Naina (Rani Mukherjee). Rahul a depuis quitté le pays, et vit à Londres avec sa femme et sa famille. Rohan décide alors de retrouver son frère et de réunir la famille séparée depuis trop longtemps...

Deuxième film de Karan Johar qui nous avait enchanté avec le magnifique Kuch Kuch Hotai Hai, Kabhi Khushi Kabhie Gham est, vous vous en doutez, un pur mélodrame à la sauce Bollywood, qui nous parle de la famille, de l’amour et du respect des enfants pour leurs parents ; mais aussi des relations qu’ils entretiennent face aux traditions familiales (le père est tout puissant, la mère est soumise et les enfants doivent obéir, en particulier en ce qui concerne le mariage). Bien que Karan Johar reprenne une trame et une structure très proches de son précédent film, Kabhi Khushi Kabhie Gham est, il faut bien l’avouer, tout de fois un peu moins réussi, le film se perdant par moment dans une intrigue secondaire inutilement longue (le film fait 3h30 tout de même).

La première partie du film (un long flashback comme dans Kuch Kuch Hotai Hai) est un mélange parfait entre comédie et drame. Traitées sur le ton du vaudeville, la rencontre puis la relation de Rahul et Anjali sont remplies de quiproquos et de gaffes, dues en particulier à l’excentricité d’Anjali, et c’est avec bonheur que l’on retrouve le couple si magique de Kuch Kuch Hotai Hai, à savoir Kajol et Shah Rukh Khan (on en reparle un plus bas). Bien sûr à cette belle idylle, succèdent des instants plus douloureux et intenses, qui ramènent obligatoirement le film vers le drame familial - avant le fameux entracte indispensable à toute production Bollywood qui se respecte.

La deuxième partie, plus axée sur les personnages de Rohan et Pooja - la sœur d’Anjali - dans un premier temps, est une nouvelle histoire d’amour qui pour le coup est vraiment très kitsh (c’est la fameuse sous-intrigue un brin longuette). Pooja, qui ne pense qu’aux jolis garçons de sa fac et qui s’habille dans des tenues cuirs vraiment extravagantes, est un peu "pouffe" sur les bords, et Rohan qui lui aussi est très cuir (décidement) a l’air plus préoccupé à jouer les gravures de mode qu’à essayer de ressouder sa famille. Heureusement Karan Johar se reprend dans la dernière partie du film, composée d’une succession de retrouvailles (les deux frères, Rahul et sa mère), et nous livre un moment merveilleux, chargé d’émotions jusqu’à l’ultime confrontation entre Rahul et son père, qui m’a littéralement fait craquer (j’avoue, j’ai versé quelques petites larmes, je suis parfois très fleur bleue).

Production Bollywood oblige, l’aspect visuel est de toute beauté : des décors aux costumes en passant par la lumière, rien n’a été laissé au hasard pour que le spectateur en prennent plein les yeux - en particulier lors des scènes de festivités pour la fête du Diwali, et bien évidemment pendant toutes les scènes chantées et dansées. Les danses et les chants sont d’ailleurs les véritables morceaux de bravoure du film, et une fois encore le spectacle est total. Les danses magnifiquement chorégraphiées, sont parfaitement mises en valeur par une réalisation énergique composée de larges mouvements panoramiques. Certaines chansons vous trotteront dans la tête bien après la vision du film, en particulier Bole Chudiyan - sans aucun doute le meilleur morceau musical du film - qui réunit tous les protagonistes du film, et dont le rythme s’accélère jusqu’à devenir frénétique.

Je ne peux terminer cet article sans parler du magnifique casting qui compose le film. On retrouve tout d’abord le couple vedette Shah Rukh Khan/Kajol dont la parfaite alchimie crève une nouvelle fois l’écran. Shah Rukh Khan en particulier m’a vraiment surpris, à la fois facétieux et charmeur dans un premier temps, il est ensuite très sérieux, même émouvant en fils blessé qui essaye d’oublier en intériorisant sa peine. A ses côtés la délicieuse Kajol, est tout aussi merveilleuse dans la peau d’une femme qui malgré la situation, reste toujours très drôle et pleine de fantaisie. Le personnage du père est joué par l’immense star Amitabh Bachchan (Sholay, plus de cinquante films, et accessoirement dieu vivant en Inde), qui campe un personnage tout en retenue, prisonnier des traditions et des conventions qui l’empêchent d’exprimer ses sentiments ; tandis que Jaya Bachchan (Sholay, La grande ville de Satyajit Ray) joue le rôle toujours difficile de la mère déchirée entre son amour pour son fils et le respect qu’elle doit à son mari.

Vous l’aurez compris Kabhi Khushi Kabhie Gham malgré sa durée excessive, reste un très bon film en provenance de Bollywood, n’hésitez pas à vous laissez tenter.

Torrente Wong | 8.05.2003 | Inde

Kabhi Khushi Kabhie Gham existe en DVD all zone chez Yash Rai Films. Copie correcte, sous-titrée français (ils sont forts ces indiens !!!).

Site officiel du film: http://www.dharma-production.com/k3g

aka La Famille Indienne | Inde | 2002 | Un film de Karan Johar | Avec Amitabh Bachchan, Jaya Bachchan, Shah Rukh Khan, Kajol, Hrithik Roshan, Kareena Kapoor, Rani Mukherjee
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