Kaoru-chan V : Mt. Tengu Ghost Story

Si certains aiment se gausser des séries de films interminables, américaines principalement, peut-être devraient-ils jeter un œil du côté du Japon. Car en la matière, difficile de faire mieux que les Japonais. Il n’est pas rare que certaines séries de films de yakusa comptent des dizaines d’épisodes. Sans compter la presque trentaine de Godzilla. Autres objets de moqueries (pas toujours injustifiées), les rencontres improbables (Freddy Vs Jason, Alien Vs Predator) sont plus rares dans le cinéma japonais, plus à même de créer des nouveaux venus qu’adepte du recyclage à tout crin.

Avec Kaoru-chan, on atteint déjà le cinquième épisode (un sixième est annoncé) en dépit d’un épisode final qui était censé être le troisième. Pas de réel changement de formule pour cet épisode intitulé Mt. Tengu Ghost Story qui se situe en droite ligne de son prédécesseur par le choix d’un thème précis (c’était le foot, c’est maintenant les fantômes). Pour être plus exact, cette séquelle est un mélange entre les films de fantômes japonais traditionnels (le titre japonais fait ouvertement référence à Spook Warfare et 100 Monsters) et l’univers particulier propre à la série des Kaoru-chan. Evidemment, rien dans tout cela n’est très sérieux et la parodie peu fine est l’arme la plus utilisée. Il faut dire qu’avec des personnages tels que Kaoru (Riki Takeuchi) et Kuramoto (Tomoro Taguchi), difficile de rester sérieux plus de quelques secondes.

La recette qui a fait la singularité de la série est ici appliquée à nouveau, et le reproche principal est justement dans la trop grande répétitivité par rapport aux épisodes précédents, que ne rattrape pas tout à fait l’introduction d’un nouveau thème. On comprend vite que l’on va avoir le droit à 90 minutes d’éructations, de crachats, raclements de gorge, beuglements, borborygmes et claques dans la gueule. Non pas que ce soit foncièrement désagréable, pour peu que l’on apprécie ça et que l’on sache qu’il s’agit là du principe même de la série, mais on a comme un sentiment de déjà vu. Pourtant, Riki Takeuchi s’efface un peu de l’écran et laisse une place importante aux personnages secondaires qui constituent l’univers de la série. En premier lieu Kuratomo, mais aussi Isami, une lycéenne un peu amoureuse de Kaoru, les parents de Kaoru, le groupe de yakusa (dont une nouvelle apparition de Susumu Terajima), ainsi qu’un nouveau personnage interprété par un certain Ieroo (Yellow) Miike et qui n’est autre que le réalisateur Takashi Miike.

Sur ce monde très codifié et connu de ceux qui ont suivi les aventures de notre grand bébé Kaoru, est appliquée une couche de film d’horreur qui va piocher dans un peu tout ce que compte le cinéma japonais dans ce genre, des kaidan eiga classiques à Ring en passant par les Youkai (100 Monsters, Spook Warfare). L’accent est mis sur les monstres traditionnels du bestiaire japonais (kappa, tengu...) mais la sauce ne prend pas aussi bien que sur l’épisode footballistique précédent. Remplacer les victimes lycéennes de Kaoru par des monstres était certainement une bonne idée mais si c’est pour finalement se limiter à leur envoyer son poing dans la figure, se n’était pas la peine de se donner tout ce mal. Trop prévisible, cet épisode ne maintient le rythme qu’une petite heure avant d’offrir trente minutes extrêmement laborieuses qui auraient pu sans dommage être amputées.

Mt. Tengu Ghost Story tente de renouveler un peu la série - difficile de faire autrement sinon -, mais s’avère au final un épisode raté, intégrant mal les nouveaux thèmes aux bases de la série. Peut-être que je deviens plus exigeant mais je pense que tout le monde finit par se lasser d’entendre et voir cent fois les mêmes blagues. Néanmoins, rien que pour le numéro de bouffon impayable de Tomoro Taguchi, ça vaut bien trente minutes d’ennui.

Zeni | 23.07.2004 | Japon

Kaoru-chan V : Mt. Tengu Ghost Story est disponible en VHS au Japon.

aka Kishiwada Shounen Gurentai Kaoru-chan Saikyou Densetsu Youkai Jigoku | Japon | 2004 | Un film de Takeshi Miyasaka | Avec Riki Takeuchi, Tomoro Taguchi, Yoshiyuki Yamaguchi, Susumu Terajima, Ieroo (Yellow) Miike (Takeshi Miike)
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