Karate-Robo Zaborgar

(Attention : cet article contient quelques spoilers.) Daimon Yutaka, fils d’un savant en robotique, a deux passions dans la vie : le karaté, dont il maîtrise le triple saut à la perfection, et sa moto, qui lui sert à traquer la démoniaque organisation Sigma, responsable de la mort de son père. Il faut dire que l’engin n’est pas tout à fait comme les autres. En effet, quand le danger se fait trop présent, il suffit à Daimon de prononcer quelques mots dans son microphone portatif, pour que sa moto se transforme alors en terrible robot expert en Karaté : Zaborgar.

Fans de X-Or, Spectreman et autre Bioman, réjouissez vous ! Après l’outrageusement gore Machine Girl, le déjanté Noboru Iguchi est de retour avec l’adaptation d’un tokusatsu des années soixante dix : Electroid Zaborger 7. Toujours produit par les fous furieux de Sushi Typhoon, le résultat est, comme à l’habitude, complètement barré, mais se révèle aussi un hommage sincère à une série méconnue, et à un genre qui a fait les beaux jours de la télé nippone et française.

Reprenant à son compte l’esthétique kitch et plusieurs idées de la série originale (dont on peut voir quelques extraits lors du générique final), Noboru Iguchi s’emploie donc ici à reproduire toutes les figures imposées du genre. Il orchestre ainsi un véritable film de super héros, plutôt bien rythmé, dont une ou deux scènes, avec un budget plus conséquent (les SFX sont plus que voyants), n’auraient pas juré dans un blockbuster.

Néanmoins, que les fans du réalisateur se rassurent. Bien qu’il délaisse la violence ultra gore qui a fait en partie sa réputation, Noboru Iguchi n’a rien perdu de sa folie et de son humour. A l’instar de Machine Girl, il enchaîne, tout au long du métrage, les idées toutes plus dingues les unes que les autres - le monstre aspirant l’énergie vitale des humains avec d’énormes lèvres, un scientifique donnant le sein à son propre fils, Zaborgar se mettant littéralement à pleurer ou le même Zaborgar délaissant le Karaté pour le muay-thai sur fond de musique traditionnel - qui font de Karate-Robo Zagorbar un film franchement hilarant.

Aussi surprenant que cela puisse paraître dans ce type de production, le scénario, et particulièrement le portrait du héros, se révèle aussi plus approfondi qu’à l’habitude. Présenté tout d’abord comme un personnage tout ce qu’il y a de plus typique - le héros pur et dur, désireux de se venger - Daimon Yutaka va peu à peu tomber amoureux de l’une de ses ennemies (un cyborg en plus) au point de se retourner contre les humains et perdre la confiance de Zaborgar. Vingt-cinq ans plus tard (le film est construit en deux épisodes distincts), le héros a bien changé. Seul, au chômage, incapable d’exécuter son fameux triple saut kické, Daimon Yutaka a bien vieilli et n’est plus que l’ombre de lui-même. Et si l’aventure va bientôt reprendre ses droits, ce ne sera que le temps d’un dernier baroud d’honneur crépusculaire, apportant au métrage un supplément d’âme bienvenue.

Bourré d’action, complètement allumé, mais aussi profondément respectueux du genre qu’il illustre, Karate-Robo Zagorbar est l’un des films les plus sympathiques sortis de l’écurie Sushi Typhoon, qui, à n’en pas douter, vous donnera envie de crier à la fin de la projection : Karate Robo Zagorbar go !

Torrente Wong | 19.08.2011 | Japon

Karate-Robo Zaborgar a été présenté au 15ème Festival International de films Fantasia.
Les spectateurs parisiens pourront par ailleurs le découvrir à l’occasion de la dix-septième édition de l’Etrange Festival, qui se tiendra du 2 au 11 septembre 2011 au Forum des Images.

aka Denjin Zabôgâ : Gekijô-ban -電人ザボーガー Denjin Zabōgā | Japon | 2011 | Un film de Noboru Iguchi | Avec Itsuji Itao, Akira Emoto, Yasuhisa Furuhara, Mami Yamasaki, Asami, Naoto Takenaka, Hiroyuki Watanabe
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