Koibito wa Sunaipâ [Gekijouban]

Tôkyô, échiquier mortel et tragique...

Tôkyô, résidence officielle du premier ministre. Au téléphone, un dénommé "1211" lance un ultimatum dément au gouvernement nippon ; il dit avoir pris en otage 130 Millions de japonais et exige une rançon s’élevant à 500 Milliards de yens. "1211" sniper tirant indistinctement sur hommes et femmes au hasards de ses pérégrinations à Tôkyô, Sapporo et Fukuoka, se targue non sans un certain cynisme, de pratiquer un terrorisme sans discrimination. Le maître chanteur envoie une vidéo regroupant chacun de ses méfaits aux médias du pays, avec pour bande son sa conversation téléphonique avec le premier ministre. Le Japon sombre alors dans une vague de terreur paranoïaque sans précédent... Le MPD, en accord avec le gouvernement, décide de s’approprier les services du mythique sniper Wong Kai-Kô, aka "la machine à tuer", emprisonné à vie à Hong Kong. Kinako, qui s’apprête à épouser Funaki -son supérieur, est chargée d’aller chercher leur allié de fortune qui ne cesse de la hanter...

...le 11 Octobre 2001, les téléspectateurs de la chaîne TV Asahi découvrent un téléfilm -terebi supeshiaru- répondant au titre Koibito wa Sunaipâ (cf. article) -"mon petit ami est un sniper", programme télévisé hétéroclite puisque Teruyoshi "Ucchan" Uchimura du duo comique Unnan (Ucchan-Nanchan) y partage la vedette avec la belle Miki Mizuno, le tout servi par un scénario de l’inénarrable Ryoichi Kimizuka -auteur de l’excellente série policière Odoru Daisousasen, brillamment mis en scène par Eiichiro Hasumi (Umizaru), l’assistant attitré de Katsuyuki Motohiro. Succès inattendu pour ce téléfilm qui n’hésite pas à passer de la comédie romantique au film d’action pur et dur... L’année suivante, Koibito wa Sunaipâ 2 est programmé sur la même chaîne, mais cette fois ci le soir du 24 Décembre, date importante dans l’histoire du petit écran nippon... Mis en scène par un réalisateur maison - Shunji Muguruma (Kamen Raidâ Agito), ce second volet possède toujours le ton très particulier du premier épisode, tout en y ajoutant un aspect volontairement plus sombre... Le 17 Avril 2004, c’est sur grand écran que les japonais découvrent le troisième et dernier volet de cette trilogie débutée à la télévision ; Koibito wa Sunaipâ [Gekijouban]...

...après une -brève- introduction présentant de manière on ne peut plus expéditive les relations qui lient les deux héros de cette histoire, le spectateur est catapulté au beau milieu des toits des plus hauts buildings de la capitale nippone. Kinako est de sortie avec ses parents et sa petite sœur. A peine installés au restaurant, Kinako et sa famille assistent à l’assassinat d’un homme assis sur la terrasse, tué d’une balle en plein cœur. Kinako, qui pensait passer un dimanche bien tranquille, poursuit alors le sniper, et tombe nez à nez avec le psychopathique Liu Wen-Jiong (cf. article Koibito wa Sunaipâ 2) qui la met littéralement au défi, allant jusqu’à lui offrir la douille de la balle qui a tué l’innocent... Dans la continuité du second opus, cet episode 03 s’axe volontairement et principalement sur la psychologie des personnages, et sur les aspects les plus sombres de leur personnalité, faisant ainsi l’impasse sur le côté comique que pouvaient avoir les deux téléfilms. L’évolution la plus évidente est celle de Kinako ; alors que dans le premier épisode elle apparaissait comme une jeune femme vive et enjouée, sa (non)relation avec Wong Kai-Kô semble l’avoir marquée à tout jamais, et son état psychologique déteint sur son physique. Fatiguée, les traits tirés, le regard sombre et mélancolique, Kinako semble avoir perdu quelque chose à tout jamais et revoir Wong Kai-Kô n’arrangera rien... Alors que dans le second volet, la jeune femme semblait lutter contre ses sentiments, ici plus de lutte, seulement un sentiment de défaite et de ratage complet de sa vie, qui atteint d’ailleurs un certain paroxysme lorsque Kinako est confrontée pour la première fois au sentiment éprouvé après avoir tué un homme, un sentiment de dégoût et de rejet qui ne la quittera plus... Là où le second volet, déjà ancré dans une certaine violence psychologique, s’esquivait des situations les plus tendues grâce à un humour décalé et inattendu, Koibito wa Sunaipâ [Gekijouban] repousse quant à lui les limites de cette violence en allant jusqu’au bout ; malgré un aspect « grand public » (très relatif...) bel et bien présent, le film ne fait jamais la moindre concession...

On retrouve donc à l’affiche de ce troisième épisode Miki Mizuno -plus belle que jamais- dans un rôle d’une force incroyable, mature et étoffé, aussi physique que psychologique, et son compère Teruyoshi Uchimura (Shichinin no Otaku), tout aussi excellent en homme sage et altruiste, malgré son "métier"... A leurs côtés, les toujours fidèles Naoto Takenaka (119), Shidou Nakamura (Iden & Tity), Chôsuke Ikariya (OD 1 & 2) ou encore Seiichi Tanabe (Hush !), mais également deux nouveau venus, les géniaux -et jamais décevants !- Tomorowo Taguchi (Barber’s Sorrow) et Hiroshi Abe (Trick).

...le scénario est une fois de plus l’œuvre de Kimizuka, qui adapte cette fois le roman Kareinaru Yûkai écrit par Kyôtarô Nishimura, grand maître du polar nippon ; quant à la mise en scène, elle est signée Shunji Muguruma, réalisateur de Koibito wa Sunaipâ 2, qui fait ici ses débuts -réussis !- au cinéma ; une réalisation qui se focalise sur ses personnages, tout en proposant quelques séquences d’action brillantes (au hasard, la séquence du métro) ou encore ce duel final entre snipers, totalement surréaliste, dans lequel l’aire de combat se trouve entre trois immeubles situés à plusieurs centaines de mètres les uns des autres...

Jouant sur les peurs inhérentes à l’actualité internationale récente, intensément "adulte", avec ses personnages torturés, et une mise en scène sèche, Koibito wa Sunaipâ [Gekijouban] clôt de manière définitive et sans le moindre compromis une trilogie débutée sur le petit écran... Film d’Amour désespéré sur deux êtres qui souffrent de s’aimer, dont les dernières images, malheureusement rêvées, hanteront le spectateur meurtri par une tragédie sans la moindre échappatoire possible...

Note : le film est dédié au regretté Chôsuke Ikariya (01/11/1931 - 20/03/2004).

Kuro | 30.10.2004 | Japon

DVD (Japon) | Geneon Entertainment | NTSC - Zone 2 | Format : 1:1:85 - 16/9 | Images : Un pressage sans le moindre défaut, pour un rendu global "très pellicule" (même si certaines séquences semblent avoir été tournées en vidéo). | Son : Excellent surround. | Suppléments : La Premium Edition contient un second DVD sur lequel se côtoient making of, interviews, trailers/teasers, etc... pendant près de 100 minutes !

Ce DVD ne comporte pas de sous-titres, excepté japonais lorsque les dialogues sont en mandarin.

Site Officiel : http://www.sniper-movie.com

aka My Lover is a Sniper : The Movie - The Sniper episode 03 | Japon | 2004 | Un film de Shunji Muguruma | D’après le roman Kareinaru Yûkai de Kyôtarô Nishimura | Avec Miki Mizuno, Teruyoshi Uchimura, Naoto Takenaka, Shidou Nakamura, Hiroshi Abe, Chôsuke Ikariya, Seiichi Tanabe, Tomorowo Taguchi, Miyoko Akaza, Kaoru Yachigusa, Susumu Kobayashi, Atsushi Mizutani, Arata Furata, Nami Ichinohe
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