Krrish

Ces dernières années ayant été marquées par le retour en grâce du film de super-héros dans le paysage cinématographique d’Hollywood, il était tout naturel que Bollywood suive le mouvement et nous délivre son blockbuster du genre : Krrish.

Suite plus ou moins directe de Koi Mil Gaya, Krrish met en scène Hrithik Roshan dans le rôle de Krishna, un jeune homme aux aptitudes physiques et mentales spectactulaires, vivant reculé du monde moderne avec sa grand-mère. Ayant pour consigne de ne jamais manifester ses pouvoirs en public afin de ne pas attirer l’attention des médias, Krishna mène une existence simple, proche de la nature, loin des tentations/folies du monde contemporain qui ont contribué à la mort de ses parents. Mais une rencontre fortuite avec un groupe de touristes en difficulté, et plus particulièrement avec Priya (interprétée par Priyanka Chopra, Miss World 2000) dont il tombe (bien évidemment) amoureux, va l’attirer vers Singapour ; c’est dans cet univers urbain qu’il va devoir prendre l’identité secrète de Krrish, afin de déjouer la terrible menace qui s’y prépare...

Autant être clair dès le départ : Krrish est un bon film. Doublement. C’est tout d’abord un blockbuster réussi dont l’on sort heureux, satisfait, ce qui est suffisamment rare aujourd’hui pour être mentionné. Par ailleurs, l’amateur de grosses productions indiennes que je suis y trouve carrément son compte puisque tous les éléments/codes du genre sont présents : les deux actes avec la révélation précédant l’entracte, l’histoire d’amooouuur, les chansons, les alpages, les belles plastiques, les abus de réalisation... Tout y est. Même le cousin éloigné de Georges Beller dans le rôle du super-vilain, c’est dire...

Certes, Rakesh Rojan ne s’est pas gêné pour s’inspirer des modèles américains : une pointe de Spidey, quelques X-gouttes et le nappage classique de la Matrice... mais rien de mal à ça puisque le sujet s’y prête et que le résultat s’avère plutôt réussi. Du côte des scènes d’action, les chorégraphies des combats, signées par Ching Siu-Tung (A Chinese Ghost Story, Shaolin Soccer, Hero), sont propres, lisibles, et même si Hrithik paraît un peu figé quand il marche dans les airs, on sent bien qu’il a travaillé l’utilisation des câbles et les arts martiaux. Être le fils du réalisateur/producteur/scénariste et le neveu du compositeur n’est pas une raison pour qu’il se tourne les pouces (...) et c’est tout à son honneur.

Parmi les nombreux instants de bonheur qui parsèment les 175 minutes de Krrish, citons la première apparition de Hrithik, c’est-à-dire une succession de plans sur ses muscles, filmée au ralenti. Citons également son retourné d’imperméable, bien plus efficace que la cabine téléphonique de Clark Kent et qui lui permet de duper tout le monde sur son identité secrète. Enfin, comment passer à côté de l’orang-outang du zoo de Singapour, complice de Krishna, qui finit par jeter ses bananes au cul des demoiselles...

Bref, je volerai le mot de la fin au fameux Roger Ebert pour une formule qui n’aura sans doute jamais été aussi judicieuse : Krrish ? Two thumbs up !!

Diffusé dans le cadre de la neuvième édition du Festival du film asiatique de Deauville, Krrish est disponible en DVD indien sous-titré anglais.

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