Kuch Kuch Hota Hai

On ne vit qu’une fois, on ne meurt qu’une fois, on ne se marie qu’une fois et on aime seulement lorsque Kuch Kuch Hota Hai...

Souvenez vous : le 16 septembre dernier, J-Me vous faisait part de son amour pour Muthu et son admirable coupe de cheveux. Ni une ni deux, Kaelu San se l’achète et me convainc de le mater. Les superlatifs fusèrent à travers la pièce, pendant, après et depuis le visionnage de ce film. Cette folie maladive et contagieuse qu’est la cinéphilie me poussa à creuser un peu plus. Mais bien avant de creuser, il est nécessaire de déniaiser cet esprit vierge de toutes comédies musicales indiennes de 3 heures. Pour ce faire, quoi de plus normal qu’une chtite visite dans des magasins du bonheur. Et quoi d’encore plus normal que d’en ressortir 50 minutes plus tard, avec trois DVDs dont... le bien nommé Kuch Kuch Hota Hai.

En effet, commencer par un film Tamil [1] était une très bonne chose, mais il me fallait passer par un film made in Bollywood, avec des acteurs made in Bollywood, un réalisateur made in "mon père est un très gros producteur de Bollywood". Dès lors, quoi de plus normal que de commencer par un de ces blockbusters, au casting alléchant (Kajol et Shah Rukh Khan) et à la durée conséquente (3h02). Mais ne rentrons pas d’emblée dans le détail et glissons le DVD dans le tiroir et enfonçons la touche play. Ca y est c’est parti... Kuch Kuch Hota Hai.

Rahul est marié à Tina, qui meurt en mettant au monde Anjali, leur fille. Mais avant de quitter ce monde et son mari, Tina confie à sa belle-mère 8 lettres qu’elle devra lire lors des huit premiers anniversaires d’Anjali. Passons sur le fait que l’âge de raison d’un être humain est évalué à 7 ans, mais bon c’est pas le moment de devenir pragmatique !! Tina meurt et Rahul doit élever seul sa fille. Heureusement il est aidé par sa mère qui, fiévreusement, lit à la petite Anjali les lettres de sa défunte mère, les sept premières exactement. Mais alors me direz-vous 8 - 7 = 1. Eh oui il reste une lettre : la huitième pour être précis. C’est le déclencheur de l’histoire et surtout du plus long flash-back de l’histoire du cinéma : 1h10, rien que ça.

En effet, la femme de Rahul, Tina explique dans cette lettre (assez longue puisqu’elle dure la moitié du film, bien qu’elle tienne en trois pages !!) de quelle façon elle a rencontré Rahul au lycée.

Rahul et Anjali sont lycéens et sont aussi les deux meilleurs amis du monde. De parties de basket en fous rires, et de disputes en confidences amoureuses, les deux inséparables rythment la vie du lycée et occupent une telle importance au milieu des récréations que chacune de leurs disputes fait l’objet de toute l’attention du lycée, étudiants et professeurs. Vous savez que vous êtes amoureux lorsque... Kuch Kuch Hota Hai. Et ce Kuch Kuch Hota Hai est incarné par l’arrivée de Tina, la fille du directeur. Rahul tombe éperdument amoureux de la nouvelle arrivante, tout comme l’entière gente masculine de l’école.

-LOVE IS FRIENDSHIP

Anjali de son côté, ne voit rien venir jusqu’au jour où Kuch Kuch Hota Hai. Et ce Kuch Kuch Hota Hai c’est le concours interscolaire de chansons. C’est à Rahul, Tina et Anjali que revient la mission de chanter, danser et jouer pour leur établissement. Ah cette guitare qui fait un son de synthé ; ces gens qui changent de costumes d’un plan à l’autre... mais il y a un sens caché derrière cette chanson Koi Mil Gaya ("j’ai trouvé quequ’un"). C’est sûr, Tina et Rahul se sont trouvés et Anjali n’a rien vu venir.

-SO ! WANT TO BE FRIENDS ?

Pourtant elle va tenter de déclarer sa flamme à Rahul, mais ce dernier lui apprend qu’il aime Tina et qu’il ne conçoit sa vie qu’avec elle. Désemparée et surtout se sentant trahie (bien qu’il n’y ait jamais eu de situation équivoque), Anjali part et se réfugie chez sa mère. Rahul, ne comprenant qu’à moitié la raison pour laquelle sa meilleure amie la quitte, ne trouve pas le moyen de la retenir. Après leurs examens, Tina et Rahul se marient et la petite Anjali voit le jour en même temps que sa mère décède. Mais cette dernière s’est toujours rendu compte qu’il manquait quelque chose, ou plutôt quelqu’un à Rahul. Et ce quelqu’un a toujours été Anjali ; et c’est pourquoi Tina va charger sa fille de retrouver Anjali, le seul et unique amour de Rahul, celui qui rend fou les plus sages, qui arrête le temps, qui... Kuch Kuch Hota Hai, quoi...

Et vlan voilà l’entracte. Ouah et bien dîtes moi cette première partie fut éprouvante. Des gens qui meurent, des quiproquos, des promesses, les meilleurs amis du monde, et tout ça en chanson. Tout cela ne laisse présager que du bon pour la suite.

Retour au présent, la petite Anjali trouve en sa grand-mère une complice de choix. Elles décident de partir dans la colonie de vacances où Anjali (l’amour de jeunesse de Rahul) officie. Le stratagème étant de faire croire à Rahul que sa fille est malade et qu’elle désire voir son père. De ce fait, Rahul et Anjali seront réunis. Mais Kuch Kuch Hota Hai car Anjali est fiancée et doit se marier d’ici quelques mois. Le plan marche à merveille ("allô papa, atchoum !!"), mais le fiancé d’Anjali interrompt les retrouvailles et souhaite se marier beaucoup plus vite que prévu...

Je l’ai déjà précisé par deux fois, mais permettez-moi de vous répéter que le film fait trois heures et que l’on ne s’ennuie pas un seul instant. Au contraire, on en redemanderait une bonne heure, au bas mot. Peut-être est-ce dû à la symbiose entre les acteurs principaux Kajol et Shah Rukh Khan, respectivement Anjali et Rahul. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les deux comparses sont réunis à l’écran. En 1995, ils se partagèrent tous deux l’affiche de Karan Arjun (avec aussi Salman Khan le fiancé bellâtre d’Anjali) et du apparemment chef d’oeuvrissime Dilwale Dulhaniya Le Jayenge. Ils jouèrent ensemble dans Kabhi Khushi Kabhie Gham, toujours réalisé par Karan Johar. Les deux films Baazigar et Badshash venant se rajouter à la liste, ainsi que le prochain film de Karan Johar attendu pour cette année. Si ces deux acteurs ont été autant de fois réunis c’est sans doute en raison de leur complicité qui crève l’écran, un peu à la manière de Simon Yam et ChingmyYau, en moins racoleur certes.

En ce qui concerne notre ami Shah Rukh (Rahul), il commença sa carrière dans l’émission télé Fauji en 1987 et fit ses débuts en 1991 dans Dil Ashna Hai ; mais il ne connut la gloire et surtout la reconnaissance du public, que 4 ans plus tard en jouant dans le précité Dilwale - devenu ce que l’on peut appeler l’acteur de premier plan le plus suremployé de tous les temps. Outre les films énoncés plus haut, d’autres de ses compositions restent incontournables : Dil Se, Mohabbatein, Asoka, Devdas ou le tout récent Shakti the Power. Allez c’est promis, je vous parle de tout cela très bientôt !!

Sa partenaire - la très belle Kajol -, a démarré sa carrière en 1992 dans Bekhudi et joue en 1995 aux côtés de l’homme qu’elle a épousé depuis, dans Gundaraj. Outre le rôle d’Anjali, elle a joué dans près de 30 films - ce qui est déjà pas mal - et a tenu le haut de l’affiche avec son mari Ajay Devgan, à plusieurs reprises : Hulchul, I SHQ-Romancing with music, Nihata... et quelques autres.

Tina, la défunte femme de Rahul est incarnée par la très troublante (ceci étant un pléonasme tant les actrices indiennes sont...) Rani Mukherjee. Plus tardive, sa carrière démarra en 1996 dans Raja Ki Aayegi Baaraat. Mais son C.V s’étoffa plus lourdement après le succès de Kuch Kuch. Et elle apparût dans 11 films, rien qu’en 1999, dont Bichhoo (c’est ptet une prequel à Bichunmoo !!??), Josh, Hai Ram... et 8 autres. Beaucoup plus endive que Kajol, son interprétation restera moins dans les annales que celle de la professeur Miss Briganza (la boss des miniskirts, tout de même). Les apparitions de celle-ci étant accompagnées d’une voix-off : "Miss Briganza... AHAH !!" et complétées par "Mr Malhotra EHEH".

Pour le rôle du beau gosse de service à la coupe coiffeur, la production a fait appel à Salman Khan, ami et maintes fois partenaire de Shah Rukh Khan, notamment dans le bientôt critiqué Karan Arjun de Rajesh Roshan. Dire qu’il représente le pendant masculin endivesque de Rani Mukherjee, serait émettre une vérité de Lapalisse, mais bon, n’est pas Shah Rukh Khna qui veut !!

Qu’ajoutez de plus si ce n’est copier le freestyle de l’article de J-Me sur Muthu, et citer pêle-mêle les images qui me hantent. Des indiens qui dansent et chantent au milieu des plus vieux (oh le jeu de mots !!) châteaux d’Ecosse. La première partie du film tout droit sortie de Grease. Shah Rukh qui se fait battre au basket par Kajol, de façon scandaleusement médiocre, tant la miss ne maîtrise pas le jeu. Une maternité entière qui arrête toute affaire cessante pour contempler Shah Rukh et son enfant. Un pendentif portant l’inscription "COOL", mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Un programme télé qui existe vraiment et presque aussi intéressant que n’importe quelle émission d’Arthur. Shah Rukh et sa déclaration d’amour à la mère en général... et plein d’autres trucs car au cas ou vous l’auriez oublié bien que je l’eusse cité trois fois déjà : le film dure trois heures.

Mais avant d’aborder ce genre de cinéma, sachez qu’un film indien prend son temps et ça chez Sancho, on commence à y prendre goût, surtout de cette façon. Bon OK c’est vaudevillesque à outrance (à croire que Robert Lamoureux et Jacques Ballutin ont participé au scénario !!), c’est du Bollywood puissance 1000, c’est surjoué très souvent mais c’est tellement attendrissant et puis entendre Shah Rukh Khan dire "squeeze me" au lieu de "excuse me"... et puis il joue tellement bien du synthé à cordes non branché... Au fait je vous ai dit que Les Banlieusards [2] était un chef-d’œuvre (Sardines ??)... non je ne vous l’avais pas encore dit bon bah voilà c’est fait. En tout cas depuis que j’ai vu ce film... Kuch Kuch Hota Hai... et non je ne suis pas deewana.

Takeuchi | 6.01.2003 | Inde

Kuch Kuch Hota Hai est disponible en DVD indien, bande-son en hindi 5.1 et sous-titres en anglais.

[1Le Tamil est une des langues indiennes, parlée plus particulièrement dans la région du Tamil Nadu.

[2En V.O The Burbs, film réalisé en 1989 par Joe Dante, avec Tom Hanks, Carrie Fisher, Rick Ducommun, Corey Feldman, et le père de Laura Dern. A titre indicatif voici quelques phrases mythiques issues de la version française, émanant presque toutes du même personnage, celui de Bruce Dern :

"- Ca me fait quand même mal au cul! Ce vieil enculé, il a le plus beau gazon du quartier!"
"- Pourquoi ne dégagez-vous pas vos couilles du sac de votre femme!!"
"- Eh Pinocchio!!... Ne bouge pas j'ai fait 18 mois dans la brousse et je peux te briser la nuque d'un seul coup de pouce!"
Bon, puis il y a des bijoux du genre:
"- Il ne sera pas dit qu'on bute un vieux dans mon quartier sans que cela reste impuni!"
ou encore:
"- Si tu n'empêches pas ton chien de chier sur ma pelouse, je lui agrafe le cul!!"

Inde | 1998 | Un film de Karan Johar | Avec Shah Rukh Khan, Kajol, Rani Mukherjee, Salman Khan, Anupam Kher, Farida Jalal, Reema Lagoo, Archana Puran Singh, Aruna Irani
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