Kung Fu Hip Hop

Give them another chance.

Chu Dong fait ce qu’il peut, entre son travail dans un garage et la vente, à la sauvette et en musique, de produits de contrefaçon, pour subvenir à ses besoins mais surtout à ceux de sa sœur, en passe de perdre définitivement la vue. Ce jeune homme, ancien élève de kung fu auprès de son grand-père, n’a qu’une seule passion qu’il trimballe comme une maladie : lorsqu’il entend de la musique, son corps est pris de spasmes et il ne peut s’empêcher de danser. C’est un soir, pendant une performance de l’as du popping Shaoxiong, qu’il entend le mix de Tina depuis le parking d’une boîte de nuit. Suite à un cafouillage de la régie, les caméras de surveillance du parking se retrouvent à projeter les mouvements du danseur élevé aux arts martiaux sur scène, et l’incroyable se produit : Tina, qui mixait sans plaisir depuis trop longtemps, retrouve de la magie dans ses doigts en accompagnant Chu Dong. Elle l’encourage alors à créer une team de danseurs de rue avec ses collègues mécanos, pour affronter Shaoxiong dans une compétition nationale chinoise et peut-être remporter la fortune en jeu...

Jordan Chan sapé comme un rappeur ricain en b-boy des familles, ça peut paraître improbable et pourtant ; l’acteur-musicien est en effet danseur professionnel de formation, et exploite ici sur grand écran l’affection pour le hip hop dans laquelle il plonge, hors champ, ses performances canto-populaires. Kung Fu Hip Hop est l’un des petits derniers de la vague post-Shaolin Soccer, qui consiste à teinter l’ensemble des cultures contemporaines de compétences martiales. A la fois redoutablement mauvais et beaucoup plus agréable qu’il n’aurait dû avoir le droit de l’être, le film de Fu Huayang se pare d’accoutrements ridicules pour livrer un hymne gnian-gnian à la volonté, ainsi qu’au montage célébré par Trey Parker et Matt Stone dans leur Team America.

Kung Fu Hip Hop en effet, est le fruit d’une narration neuneu, simple succession de séquences d’entraînement alternées avec des performances sur scène, opposant un danseur amateur, compétent mais sans plus, à la superstar incarnée par le coréen Poppin Hyun-Joon. Ce dernier pouvant renvoyer Justin Timberlake danser dans son placard – ça tombe bien, il semblerait que ce soit là qu’il ait appris à paraître exigu de toute façon – on ne croit pas une seconde à la victoire annoncée du faux combattant sur le danseur pro, mais peu importe. Ce qui compte en effet, c’est qu’on tombe amoureux d’une Fan Bing-Bing travestie au-delà du hype raisonnable – ce qui est aisé, vu la beauté de la demoiselle – et que l’on passe un moment généreux devant ces chorégraphies, rares, en provenance de HK. Nous n’avions pas vu en effet, de film de danse hongkongais depuis le sympathique Give Them a Chance de Herman Yau.

Et miraculeusement, ça fonctionne. En dépit de la pose ridicule de l’ensemble, de la teinte martiale primaire donnée à un scénario qui fait, à la dernière minute, la part belle à l’honneur (Shaoxiong ne pouvant accepter de remporter le concours simplement parce que son manager paye des fans pour hurler plus fort que les autres), des citadines peinturlurées gavées de sound systems, et des musiques affreusement entêtantes qui font couleur le miel et le sang de nos oreilles, on se surprend à passer un bon moment. Parce que ça bouge bien. Parce que Fan Bing-Bing est sublime. Parce que Pepsi sait placer ses produits. Parce que Jordan Chan, qui scratche comme un fou avec sa fermeture Éclair, a bien du mérite d’accepter de jouer les ados à plus de quarante ans. Parce que la maîtrise du lancer de cacahuètes est la plus belle traduction d’un zénith martial depuis les mouches à la baguette de Karate Kid. Parce que, dans son mépris cinématographique, total et affublé d’une capuche en toute circonstance, Kung Fu Hip Hop n’oublie jamais de se faire plaisir, et parvient donc à communiquer une joie simpliste, et même quelques éclats sur scène. Ce n’est peut-être pas le Bring It On HK, mais on n’en est pas très loin. Si ce n’est que c’est mal écrit, mal réalisé et mal joué, que Jordan Chan n’est ni Kirsten Dunst, ni Gabrielle Union, et que le blond du Poppin K-boy fait vachement mal aux yeux, tout de même. Vraiment pas très loin, quoi.

Akatomy | 22.10.2008 | Hong Kong

Kung Fu Hip Hop est disponible en DVD et VCD HK, chez Kam & Ronson Enterprises Co Ltd, sous-titré en anglais.

aka Kung Fu Pop | Hong Kong | 2008 | Un film de Fu Huayang | Avec Fan Bing-Bing, Jordan Chan Siu-Chun, Nam Hyun-Joon, Chen Kuan-Tai, Wang Yue, Gao Min, Yang Yang, Pan Xiaoting, Xing Aowei
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